La question n’est plus du tout tabou : Schtrumpf laissera-t-il le pouvoir lorsque sera venu l’échéance de son mandat présidentiel ? En 2029 si les élections présidentielles ont lieu et que le vainqueur en soit par exemple un Démocrate acceptera-t-il de retomber dans l’anonymat ? Le doute s’installe chez les observateurs non idolâtres. Il est fort possible que sa politique de la « force » le conduise à imposer officiellement un régime autocratique aux USA.
Le 22ᵉ amendement de la Constitution américaine (1951) dit qu’une personne ne peut être élue président que deux fois et tout a été verrouillé pour qu’il soit impossible d’être réélu à quatre reprises comme Roosevelt. Même la proclamation de l’état d’urgence ne peut empêcher que le choix de l’occupant de la Maison Blanche se déroule le mardi qui suit le premier lundi de novembre.
Tous les dérapages démocratiques ont débuté par la constitution de corps constitués de répression échappant au contrôle de la justice institutionnelle ou de l’État. En Allemagne des années 1930 les 3sections d’Assaut » (S.A.) qui du statut de milice paramilitaire du parti nazi était devenu un organe de chasse aux communistes, aux socialistes, aux syndicats et surtout aux opposants politiques. Un uniforme commun (« chemises brunes »), une organisation paramilitaire et des actions planifiées impunies.
En Italie le milice volontaire pour la sécurité nationale fut un corps paramilitaire, puis militaire, de communément appelé les « Chemises noires ». À l’origine aile paramilitaire du Parti National Fasciste les chemises noires furent identiques comparables aux SA nazis et employaient des méthodes expéditives (coups de bâtons, incendies…) et faisaient boire de l’huile de ricin aux protestataires. Elle terrorisa les villages ou les villages sans aucune retenue car se sentant impunie. Il y aurait bien d’autres exemples dans le monde où sous couvert de la « chasse » aux « ennemis de la nation » des corps plus ou moins officiels ont fini par faire basculer le régime démocratique au bénéfice d’un dictateur.
Dans un témoignage lors de l’émission « Quotidien » une jeune Américaine faisait référence au fascisme pour qualifier le comportement de l’Immigration and Customs Enforcement (en français : Service de l’immigration et des douanes) après un second « mort » dans la ville de Minneapolis. Elle ajoutait « certains disent qu’il ne faut pas prononcer ce mot » comme si l’autocensure pouvait changer la situation. Combien de fois l’assassinat d’innocents sont masqués par des arguments de ce genre ? Il n’y a aucune exagération à comparer les objectifs et les méthodes de l’ICE au comportement de groupes organisés d’une autre époque.
Créée initialement en 2003 après les attentats du 11 septembre cette agence fédérale américaine rattachée au Department of Homeland Security (DHS) avait pour mission de lutter contre le travail illégal, la surveillance des visas et des séjours légaux, l’arrestation et l’expulsion des personnes en situation irrégulière. On y avait ajouté le trafic d’êtres humains, de drogue, d’armes ainsi que les fraudes financières, douanières et la cybercriminalité. Elle a été transformée par le Schtrumpf dérangé en commandos violents et répressifs similaires aux milices au service des dictateurs.
Une forte politisation d’une agence d’État a été mise en place. Assurée de l’impunité, du soutien d’une administration uniquement préoccupée par la satisfaction de l’égo boursouflé du vieux nain jaune elle s’autorise un mépris absolu des droits élémentaires des personnes humaines. L’État de Droit n’existe pas pour ses membres dopés par des primes financières liées au nombre d’arrestations. : le chiffre à tout prix et avec n’importe quelle stratégie.
Même au sein de MAGA ses méthodes révulsent les ant-immigration. La jeune Américaine qui témoignait dans Quotidien en pleurant parlait du fait que désormais aux USA on pouvait « voir disparaître en quelques instants un voisin, un ami, une connaissance » avec laquelle il n’y avait absolument aucun problème de cohabitation ou d’intégration. L’arrestation d’un gamin de cinq ans utilisé comme « appât » en lui demandant de sonner dans la maison où se trouvait sa famille hondurienne reflète cette politique ont on ne mesure pas la violence.
Avec 20 000 fonctionnaires mis à sa disposition et expédiés selon son bon vouloir dans telle ou telle ville démocrate Trump a la première pierre d’un régime autocratique intérieur. La fracture dans l’opinion s’aggrave. Alors que lui s’insinue partout grâce à son réseau d’amis malveillants dans les politiques de ses alliés, nous restons pétrifiés et impavides devant ce qu’il se passe outre Atlantique sans nous rendre compte que nous en sommes aux signes avant-coureurs de l’arrivée au pouvoir de ceux qui lui ont trouvé bien des mérites avant de faire prudemment machine arrière provisoirement. Le vent mauvais vient pourtant souvent de l’Atlantique.
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Ce qui est rassurant c’est que le règne du sinistre personnage, avec les prévisions les plus pessimistes ne pourra dépasser, voir atteindre la vingtaine d’années. En attendant, il aura fait beaucoup de mal.
Ce qui est moins rassurant pour l’avenir, c’est que le vieux fada est entouré d’une pléiade d’Iznogoud en puissance.
« ce qui est moins rassurant » pour reprendre les termes de JJ, c’est que cette manière d’agir semble faire des émules en France,à entendre Serge Klarsfed et nombreux sont ceux qui pensent comme lui hélas.
Il s’agissait d’Arno bien entendu,son père n’aurait jamais tenu de tels propos!
Ce qui est terrifiant, c’est de voir en quelques années, à partir d’un processus et d’outils démocratiques, le glissement vers l’autoritarisme, le pouvoir oligarchique, voire personnel.
Dans le désordre, on peut incriminer la complexité et l’opacité des institutions.
Le dénigrement et l’affaiblissement constant de tous les contre-pouvoirs institutionnels.
Le dénigrement de l’efficacité, et de la pertinence même, des régimes démocratiques. Ils seraient trop lents et trop complexes pour le monde d’aujourd’hui, pas assez « réactifs ».
Le dénigrement et l’affaiblissement de toutes les actions collectives, associatives, syndicales, culturelles.
On entretient la peur de tous et de tout, recette vieille comme le monde pour contrôler les masses. Les vocations de « sauveurs » prêts à rétablir la « sécurité » se multiplient.
Tout ceci aboutit inéluctablement a un retrait constant des citoyens et de la citoyenneté.
Ainsi, la voie se dégage progressivement vers la tentation autoritaire, vers le chef suprême, l’homme providentiel.
Il faudra des années pour reconquérir le terrain perdu et je sais que ce ne sera pas de mon vivant. J’aurais fait tout ce que j’ai pu, et je n’ai pas pu grand chose.
Je présente toutes mes excuses à ma descendance…
Philippe Labansat @ Opinion partagée. On ne peut mieux dire.
Bonjour,
il faut parfois regarder au loin pour se recentrer sur nous-mêmes. De fait, en France, en 2024, la justice a ouvert chaque jour trois affaires de violences impliquant des personnes dépositaires de l’autorité publique (PDAP). Le nombre de ces affaires a augmenté de près de 60% en dix ans. Depuis 2005, plus de 500 personnes sont mortes lors d’une interaction avec les forces de l’ordre. Ces dernières années, le nombre de ces homicides policiers a atteint des seuils inégalés – jusqu’à 65 morts dénombrées pour la seule année 2024. Ces chiffres devraient suffire à interpeller : par-delà les affaires ayant reçu un fort retentissement médiatique, les violences policières (et, dans leur version la plus dramatique, les homicides policiers) constituent un phénomène quotidien, et massif.
En parallèle, le taux d’élucidation de ces affaires est en baisse de 25 % entre 2016 et 2024. Il est d’ailleurs bien inférieur à celui des autres affaires pénales. « L’autorité judiciaire est deux fois moins capable de retrouver les auteurs quand il s’agit de policiers ». L’IGPN, d’après le peu d’informations qu’elle accepte de dévoiler, ne traite que 10 % des affaires pénales impliquant des policiers. Son homologue côté gendarmes, l’IGGN, n’en a traité, elle, que 8,4 % en 2024.
Dans une très forte enquête, Mediapart et Libération révèlent les méthodes illégales des gendarmes mobiles pour réprimer la manifestation de Sainte-Soline de mars 2023 qui avait occasionné dans les rangs des manifestants plus de 200 blessés.
Les deux médias ont pu avoir accès aux caméras piétons que les gendarmes portaient sur la poitrine lors de l’opération de maintien de l’ordre. Le visionnage de ces 84 heures de vidéo donne le vertige. On entend les gendarmes mobiles traiter les militants de « pue-la-pisse », « d’enculés », de « chiens », de « résidus de capote » dans une vidéo de Libération.
Au-delà des militants, des journalistes sont aussi pris pour cible. Au plus grand plaisir des forces de l’ordre. « C’est un journaliste qui s’en est pris plein la gueule, ça lui fera la bite », se félicite ainsi un gendarme. « Fils de pute de journaliste », dit un autre.
Les échanges filmés des gendarmes donnent froid dans le dos :
— « J’ai signé pour ça mec, j’ai attendu dix ans de gendarmerie pour vivre ça. »
— « J’ai tiré sept LBD, j’en ai couché au moins quatre des mecs. »
— « Mec, j’ai mis une pleine tête avec une grenade 100 mètres, je l’ai bien vu. »
— « On est sur l’Everest de la gendarmerie mobile. »
Pour l’heure, aucun des gendarmes n’a été inquiété. Dans un procès-verbal de synthèse, l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) estime que ces pratiques relèvent seulement de dérives individuelles de quelques gradés, évoquant des ordres de tirs tendus « à la marge ». Même si d’autres gendarmes aussi « ont à plusieurs reprises effectué des tirs qui ne semblent pas conformes ».
Alors comme je le dis toujours, dans la vie il ne faut pas se moquer des riches on ne sait pas ce qui nous est réservé.
Les dérives des forces dites de l’ordre sont beaucoup plus fréquentes depuis l’élection du méprisant qui affiche depuis sa campagne de 2017 une position variant au fil des évènements. Dans tous les pays où l’armée et la police maintiennent le pouvoir en place, le pouvoir se retrouve otage de fait de ceux qui le protègent. La démocratie disparaît au profit de l’ état policier préambule à l’arrivée des dictatures.
Dans notre pays la dépendance constante de la justice à la police pour mener sa mission facilite l’enterrement des affaires impliquant les forces dites de l’ordre.
Une « vraie » démocratie est possible dans notre pays en pratiquant enfin la séparation des pouvoirs.
On peut rêver.
Bonne journée