Je conserve un souvenir particulier de ma première leçon à effectuer lors de la rentrée de novembre dans une classe de CM1 de l’école d’application de l’Ecole normale d’instituteurs de la Gironde. Nous devions lors de notre stage de formation professionnelle en 1966 (il y aura soixante ans en fin d’année) effectuer progressivement une séquence de la journée puis une demi-journée et la dernière semaine du mois une journée entière de classe.
« Lundi matin m’annonça M. Geoffre, véritable hussard de la République, tu débuteras avec la leçon de morale ! ». la fameuse et incontournable leçon de morale avec une phrase inscrite au tableau en plein et délié à la craie blanche pour alimenter la réflexion des élèves. C’était une obligation qui loin d’être ridicule favorisait au moins un moment d’échange autour d’un thème allant de la situation personnelle à la place de l’individu dans la vie collective. Je fus inspecté par le Directeur de l’EN ce matin-là et j’en fus marqué à vie 5&°
Par conviction je n’étais pas un fan établi de cette morale plaquée sur des mots souvent artificiels pour les enfants mais… j’ai changé d’avis. La société n’a plus aucun repère sur les éléments essentiel du vivre ensemble. Elle sombre inexorablement dans l’amoralité absolues. Dans le fond au fil des ans sont devenus des héros reconnus comme tels par l’opinion dominante toutes les personnes qui s’affranchissent des règles appliquées par les autres. La maladie est contagieuse puisque l’exemple négatif ruisselle depuis le sommet du pouvoir.
On ne compte plus en effet les « personnalités » de tous bords qui après avoir épuisé tous les recours se retrouvent condamnés pour des faits qui autrefois auraient valu une mise au ban de la société. Mieux les condamnés défient leurs détracteurs, bafouent leurs victimes et s’étalent toute honte bue dans des médias peu regardant sur leur situation vis à vis de la justice. Quelle valeur doit-on donner à un verdict concernant ces « coupables » reconnus quand ils continuent à commenter l’actualité, à distribuer des constats de bien-pensance, à détruire les valeurs essentielles que sont le respect et l’honnêteté.
La chaîne la plus regardé de la télé « désinformative » collectionne les justiciables putatifs ou avérés. Outre le fait que la moindre condamnation d’un immigré, le moindre acte délictueux d’un maghrébin occupe des heures d’antenne alors que celle de l’un de ces animateurs n’a pas eu une seule mention. Comment ne pas éprouver du dégoût quand on est mis en garde à vue comme agriculteur pour avoir enfreint les arrêtés préfectoraux tentant de vous empêcher de manifester votre désespoir ? Comment persuader les gens ordinaires que la sanction judiciaire a la même importance pour tous les citoyens ? Comment devant le déluge d’exploitation des moindres déviances de certains peut-on justifier l’indifférence de l’élite à celles de ses membres « pourrie ?
La justice n’a plus de sens réel quand elle est rendue par l’opinion dominante modelée par des campagnes de communication soigneusement orchestrées. Parfois c’est avant même que le jugement soit prononcé et c’est peut-être le plus grave. Souvent c’est à l’issue du jugement où la mémoire sélective frappe des médias complices. Lentement un jugement disparaît de l’actualité comme par enchantement. Tous les subterfuges sont utilisés, tous les recours sont employés, toutes les contre-vérités sont distillées et quelques temps après le coupable avéré redevient un homme respectable.
Le casier judiciaire vierge exigé pour un emploi dans la fonction publique n’a aucune importance en politique ou depuis peu dans le paysage audiovisuel. Un agent exerçant dans le milieu des actions en faveur de l’enfance et la jeunesse ne reste pas en poste après une condamnation en cour de cassation. Il est suspendu puis viré. Une figure du paysage audiovisuel français a déjà été condamnée en appel en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour « harcèlement sexuel3contre un jeune comédien, six mois de plus que la peine prononcée en première instance ! Aucune réaction.
Il vient de voir une autre condamnation à à deux ans de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende, une interdiction définitive d’exercer une profession en contact avec des mineurs et confirmé son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Des milliers de téléspectateurs continueront à le regarder baver sur des personnes n’ayant pas eu ce genre de condamnation. Et ce n’est qu’un exemple récent.
Heureusement que le matin il n’y a plus de leçon de morale à l’école. Imaginons un peu un professeur des écoles ayant à commenter avec sa classe cette phrase écrite sur le tableau interactif dernier cri dont est doté sa classe : « La honte est le châtiment naturel du coupable ».
(1) Lire Jour de rentrée (Editions Vents salés) dans lequel je conte en détail cette séquence inoubliable.
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Bonjour,
la morale c’est quoi en fait? J’ai pris mon dictionnaire qui sème à tout vent pour trouver la définition suivante
1. Ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d’une certaine conception de la vie : Obéir à une morale rigide. Synonymes : bonnes mœurs – honnêteté – probité – vertu
2. Science du bien et du mal, théorie des comportements humains, en tant qu’ils sont régis par des principes éthiques. Synonyme : éthique
3. Enseignement qui se dégage de quelque chose, conduite que l’événement ou le récit invite à tenir : La morale de l’histoire. Synonymes : enseignement – instruction
4. Conclusion, en forme de morale, d’une fable, d’un récit. Synonyme : moralité
Les leçons de morale de notre enfance répondaient presque toujours aux 3 premiers sens du mot et le dernier sens était réservé aux poésies dont le sentiment donné par l’auteur était parfois expliqué succinctement en omettant de décrire le contexte. La leçon de morale était en fait le catéchisme républicain des hussards noirs, ils tentaient par ce biais d’éduquer les futurs citoyens au respect des lois de la République que l’on nomme maintenant le vivre ensemble. Les mots ont un sens mais on s’en fout.
Les merdias eux nous saturent de moraline, la moraline c’est quoi? Ce mot nous vient de l’allemand Moralin. mot forgé en 1888 par Friedrich Nietzsche pour désigner la morale chrétienne. il est aussi utilisé dans certains milieux pour désigner un produit imaginaire permettant de donner le moral. Le mot est constitué de moral avec le suffixe -ine, très utilisé dans les appellations médicamenteuses. Et c’est le spectacle désolant d’un Pascal P… larmoyant sur le triste sort des forces de l’ordre « obligées » de frapper des « blancs » paysans de la « vraie France » et dont ils partagent les « valeurs ». Comme le confirme Libé » Au beau milieu de son émission l’Heure des pros ce mardi 13 janvier, et alors qu’il commentait des images montrant la tension monter entre forces de l’ordre et agriculteurs sur l’A64, Pascal Praud, star de CNews, s’est lancé dans un périlleux exposé sur «les origines» communes des forces de l’ordre et des manifestants. «Les gens en face sont blancs», a-t-il lâché à propos des agriculteurs, avant de plaindre les policiers, «obligés de s’interposer avec des gens de qui (sic) ils partagent parfois les convictions» ou «les origines». »
Voila ce qu’est la moraline déversées par la chaîne du très catho ( dique ou lique ?) milliardaire dont la fortune vient de l’exploitation des ex-colonisés … la moraline se contrefout de la morale !
Les merdias ne font que relayer les pensées implicites et explicites de leurs maîtres, ils se moquent de la charte de Munich *. Les mensonges honteux ont déferlé sur les antennes depuis des lustres et encore plus depuis 2017 ( GJ, covid, guerre en Ukraine, etc ). Pas de soucis le ministère de la vérité estampillée par l’UE(rss) est en voie de constitution. Dans le roman 1984 de George Orwell, le Miniver est le Ministère de la Vérité (le nom est la contraction de la fonction ; en version originale, sous le nom de Minitrue pour Ministry of Truth). Dans le même esprit, le gouvernement vient de donner un label de certification « vérité officielle » en désignant des médias (AFP, Libération, Le Monde, France-TV et 20 minutes) qui, pour le pouvoir, ont le mérite de produire des « articles sûrs et vérifiés » en liant ces articles au site du service d’information du gouvernement. Rien de moins. Un beau et bon poste pour Tristan Mendés-France qui a toutes les qualités requises.
Tout ça pour cacher au bon peuple, avec sa mémoire de poisson rouge – les naufrages, économique ( coucou Bruno), industriel ( coucou manu), agricole, de la diplomatie ( coucou jean no le ballot), moral (coucou les merdias), des fonctions régaliennes ( coucou les sinistres lolo nunu et gégé )- le cumul de ces catastrophes conduisant à l’effondrement de NOTRE pays.
Pas grave tout ça, pour les milliardaires soutenant la presse ( comme la corde du pendu) l’essentiel c’est d’encourager la consommation. Ils ont les yeux rivés sur l’indice de confiance des consommateurs, indice qui se base sur la consommation et l’épargne des ménages. En fait la moraline c’est le médoc essentiel pour soutenir cet indice que les merdias appellent » le moral des Français » CQFD.
Vous reprendrez bien deux belles cuillères de moraline concentrée, c’est bon pour votre moral. Oubliez un instant votre belle justice si forte avec les faibles et si faible avec les forts, c’est les soldes consommez, consommez c’est bon pour nos affaires, les dettes on verra ça demain ou un autre demain…
Bonne journée
La Charte de déontologie de Munich (ou Déclaration des devoirs et des droits des journalistes), signée le 24 novembre 1971 à Munich et adoptée par la Fédération européenne des journalistes, est une référence européenne concernant la déontologie du journalisme, distinguant dix devoirs et cinq droits. Le texte reprend les principes de la charte des devoirs professionnels des journalistes français écrite en 1918 et remaniée en 1938, pour y préciser les droits permettant de les respecter. Il reprend le principe du secret professionnel (article 7), en y ajoutant un devoir jugé essentiel, celui de la protection des sources d’information des journalistes.
De Macron à Sarkozy, de Balkany à Valls, les figures du pouvoir politique et économique accumulent mensonges, condamnations et revers sans jamais manifester ni honte ni remords. Ce n’est pas une anomalie psychologique individuelle : c’est la condition même de l’accession au pouvoir. Des recherches scientifiques prouvent d’ailleurs que le pouvoir attire les profils pathologiques… La suite est dans cet article remarquable
https://elucid.media/democratie/la-perversion-du-pouvoir-pourquoi-les-puissants-ne-connaissent-pas-la-honte
Ces personnages n’ont aucune honte, aucun remords, tout leur est dû, y compris les honneurs couronnant leur déshonneur.
Depuis les leçons de morale des classes primaires laïques ou religieuses(si l’on s’en tient au fond) auxquelles j’ai attaché une grande importance, qui m’ont frappé durablement avant que je me sois forgé et reconnu une ligne de conduite, confirmée en philo et en formation professionnelle, inspirée de Kant ou de Montaigne en particulier, j’ai tenté, pas toujours avec succès, hélas de respecter les engagements que je me suis moi même imposés (et je n’en tire aucune vanité). Parfois il m’en a coûté.
Je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de politiques, mâles ou femelles qui se soient fixés ce genre de règles dans notre monde contemporain. Ce doit être une forme de naïf comportement.
Et je suis d’autant plus révolté par ces personnages qui se prétendent le droit d’imposer leurs volontés alors qu’ils se rendent ou se sont rendus coupables de graves entorses à la « morale ».
J’ai aperçu il y a quelques jours la carpette Praud, par accident (je ne regarde pas ce genre de chaînes habituellement). Ça m’a rappelé de drôles de souvenirs remontant à ma plus tendre enfance : à midi, nous écoutions « Radio Paris » (que Pierre Dac brocardait sur l’air de la Cucaracha: « Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand).
Y sévissait un suppôt du régime vichyssois, Philippe Henriot qui tous les jours tenait une chronique de dénigrement systématique de tout ce qui consistait en une résistance ou une critique du régime honni et aux envahisseurs teutons.
Voilà à qui me fait penser ce prétentieux individu, le virtuose de l’information tendancieuse.