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L’année de tous les records négatifs sauf un seul !

La France aurait besoin d’un plombier performant et adroit. Elle fuit en effet de toutes parts et il serait utile pour tenter de boucher les trous qui apparaissent de tous les cotés. Certes il y a celui gigantesque de la dette suivi d’un déficit qui s’élargit de plus en plus. Ce n’est pas une mince affaire tant toutes les tentatives ont été vaines à ce jour pour mettre des emplâtres susceptibles de colmater des brèches béantes. Mais il en existe tellement d’autres qu’il faut se demander s’il ne vaut pas lieux carrément couper le « tuyau » et repartir avec une neuf.

L’éducation s’évapore. La santé périclite. La sécurité ne tient pas le choc. La justice est dans la tourmente. La démocratie représentative s’enlise. Si au 31 décembre il faillait présenter un bilan il serait catastrophique. Difficile de trouver un motif de satisfaction ou au minimum d’espoir dans un affichage d’indicateurs tous négatifs. Nous n’avons probablement jamais été en aussi fâcheuse posture. Il est aisé de sentir dans le quotidien une angoisse qui monte et plus encore une défiance collective. Le plombier n’existe pas et donc l’inondation menace. Dix ans ne seront pas de trop pour simplement modérer la catastrophe.

Hier encore une statistique est venue accentuer le doute. S’ils est un secteur représentatif de la dégringolade de l’économie hexagonale c’est bien celui du logement. Il complète une liste déjà très longue des indices de la réalité. Depuis 2 008 on n’avait jamais recensé aussi peu de livraison de logements neufs en France. Dramatique puisque moins de 10 000 d’entre eux ont été mis sur le marché entre juillet et septembre. Le nombre est exactement de 9.932 unités. Un chiffre en baisse de respectivement 5,4 %, 32,5 % et 57,2 % par rapport au troisième trimestre 2024, 2023 et 2022, selon la Fédération des promoteurs immobiliers Sur neuf mois, 44.526 logements neufs ont été commercialisés, alors qu’il y en avait encore… 80.975 sur la même période de 2022.

Cette situation est encore plus dramatique quand on se penche sur les délais d’acquisition puisque dans certaines villes il faut 3 à 5 ans avant de finaliser un acte de vente. Dans d’autres il n’y a même pas un acheteur ! Encore un domaine où la fameuse politique de l’offre n’a plus aucun sens. Les promoteurs tirent la langue et des centaines mettent la clé sous la porte. Les agents immobiliers ne survivent qu’avec quelques ventes de bâti ancien. Les locations n’existent quasiment plus ou à des tarifs incompatibles avec les possibilités financières de ceux qui en attendent.

Les constructeurs travaillent à vide. Ils déposent des permis sur les terrains qu’ils dénichent de ci et de là. C’est par précaution car les restrictions en matière d’urbanisme se multiplient et les terrains à bâtir potentiels n’existeront bientôt plus. Alors autant valoriser ceux que l’on possède. Les lotissements se raréfient surtout en 2025 avant les élections municipales. Dans tous les programmes électoraux déjà sortis une expression revient systématiquement : «  maîtriser l’urbanisation » ! Dans dix ans il sera impossible de construire et donc de se loger.

Le corollaire de cette promesse c’est une augmentation fulgurante du prix du m² constructible et donc en cascade des surfaces très réduites afin que l’achat soit possible et entre dans les sommes possibles à emprunter. La montée des taux bancaires et l’inflation du tarif des matériaux ajoutent aux difficultés des primo-accédants. Il vaut alors mieux acheter de l’existant plutôt que de se lancer dans une construction. Dans la plupart des cas les travaux de remise en état sont alors étalés dans le temps avec des aides possibles.

Les demandes de logements sociaux explosent. Les ruptures familiales qui augmentent, les prix pratiqués dans le privé, l’appauvrissement qui progresse sont à la base à ces centaines de milliers de sollicitations. Les constructions ne suivent pas cet afflux et les difficultés des conseils départementaux subventionnant les lieux d’habitations à loyer très sociaux n’amélioreront pas la situation. Aucune mesure réelle n’est prévue dans la Loi des Finances elle-aussi percée de toutes parts.

L’année 2025 s’achèvera sur une série impressionnante de records français peu glorieux. Ils annoncent des lendemains qui déchanteront. Enfin pas pour tout le monde. Mercredi le CAC 40 a battu durant la séance son record absolu en dépassant les 8 200 points. Les fortunes accumulées en dormant ont donc progressé depuis le 1° janvier 2025 de + 12,57 % ! Bizarre les lamentations sur l’étranglement pas les taxes se sont tues… avec de tels records de capitalisation, il leur est difficile de gémir ! Mais rassurez vous ce n’est que partie remise.  

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Cette publication a un commentaire

  1. J.J.

    « La France aurait besoin d’un plombier performant et adroit »
    Il n’y a pas que la France ! L’agence qui gère la résidence où je loge aurait besoin aussi de celui qui doit être une perle rare : situation récurrente, encore une fois ce matin, au moment de prendre ma douche, j’ai constaté que l’eau que nous payons au prix de l’eau chaude était à peine « dégourdie », ce qui se produit régulièrement. Sans conséquence au mois de juillet, mais désagréable en novembre. Mais il faut de méfier, car parfois l’eau est à une température quasiment bonne pour faire une infusion…
    Décidément, le plombier qu’il soit virtuel ou matériel est devenu chose rare.
    Dans mon secteur, plusieurs projets de construction sur d’anciennes friches devenues constructibles se révèlent des échecs : rien que dans le voisinage, un terrain dans une zone devenue quasi urbaine a été viabilisé il y a maintenant 4 ans : installation des voies d’accès, des réseaux d’eau, de tout à l’égout, de l’électricité, délimitation de la vingtaine de parcelles qui n’ont trouvé aucun preneur : un investissement coûteux et non rentable. Le promoteur de cette opération doit se mordre les doigts. Une autre grande parcelle voisine avait été dans le même temps débroussaillée dans le même but, la végétation a allégrement repris le dessus, la première expérience ayant sans doute servi de leçon.
    Ce qui a encore du succès, ce sont les « dents creuses » le long des voies pas encore complétement urbanisées : de quoi bâtir trois ou quatre pavillons, les uns sur les autres, avec un peu d’espace pour poser 4 pots de fleurs. Finies les belles maisons particulières avec un grand jardin et les grandes zones de constructions individuelles.
    Tout se resserre, se rabougrit, les projets comme le moral des citoyens.

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