Le vrai problème des événements de la semaine qui se clôt réside dans le mépris qui suinte de la part de celui qui n’est plus maître de quoi que ce soit. Il filtre dans tous les actes, dans toutes les décisions, dans toutes les silences. Il méprise les partis et il ne rêve que de les casser, les discréditer, les atomiser. N’étant pas issu du sérail politique le Président ne cherche même pas à cacher ce sentiment le conduisant à considérer qu’il est au-dessus des idées exprimées par les dirigeants de ces entités plus ou moins solides. Il est même parvenu à les balader pour les discréditer.
Hier en les recevant à l’Élysée selon les réactions des participants ayant bien voulu les donner il ne les avait invités que pour leur délivrer deux message : « je fais ce que je veux !’ et « après moi le déluge ». La nouvelle nomination de Lecornu illustre parfaitement sa morgue proche de l’insolence et du foutage de gueule. De la provocation de premier niveau en tablant une fois encore sur la peur des Députés d’avoir à affronter dans le contexte actuel le suffrage universel.
Son égo hypertrophié la conduit dans une impasse ou une nasse dont il ne sortira plus. Il n’affiche dans le fond aucune autre stratégie autre que celle qui consisterait à demander que l’on applique ses volontés de pro-consulaires, que l’on s’incline devant sa toute-puissance, ou que l’on s’en aille. Ces conditions quasiment monarchiques fruits de la haute idée qu’il a de lui-même rendent tout espoir vain de sortir de la crise sans un nouvel échec. Et pendant ce temps, la France s’enlise dans les sables mouvants d’où elle ne sortira plus indemne.
Le pire c’est que depuis la dissolution l’effondrement se poursuit et s’est accéléré en quelques jours. Des estimations émanant de divers experts donnent un coût qui dépasserait les 15 milliards ! D’abord il y a eu la dissolution. L’ardoise a été salée (organisation des élections, remboursements de frais aux candidats et indemnités pour les anciens ministres ou les députés battus, l’équipement des nouveaux…) puisqu’elle affiche 200 millions d’euros selon un rapport parlementaire de novembre 2024. C’était le début d’une spirale qui a vu les gouvernements chuter les uns après les autres.
Ensuite les effets directs se traduisent par les sommes liées aux départs des ministres et de leurs cabinets ou les déménagements, les restructurations exigées par les nouveaux arrivants ou les mauvais fonctionnement des appareils de suivi de la gestion. Mais ce n’est pas la conséquence financière la plus inquiétante. Le pire découle de l’incertitude ou des doutes que nourrissent les investisseurs ou les financeurs d’une dette devenue obèse.
Le ministère de l’Économie avait estimé en janvier 2025 que le coût de la censure du gouvernement de Michel Barnier et « l’instabilité qu’elle a générée » à aussi 12 milliards d’euros. La dissolution de l’Assemblée nationale a ainsi causé en plus de son coût direct de 4 milliards indirects répartis entre une baisse de 2,9 milliards d’euros des rentrées fiscales et la hausse de la charge sur les taux d’intérêt français atteignant supposément un milliard d’euros.
Le retour de son homme lige aux affaires conduira à une censure putative dans quelques semaines. L’alliance entre le RN, les LR ayant besoin de l’extrême-droite pour resteer en poste; les LFIstes qui retrouveront les Verts ou socialistes ne pouvant s’offrir le luxe de les contrarier mettra fin à une situation ubuesque. Qui peut croire en une durée de vie dépassant la fin d’année 2025 et le vote d’un budget forcément pas à la hauteur de la situation réelle du pays. Une consommation en berne, des taux d’intérêt en hausse après le verdict des agences de notation, des investissements publics et privés en berne : 2026 s’annonce comme l’une des pires années depuis la V° République.
« Une nouvelle équipe gouvernementale » a été promise. Tous les licenciés de la précédente émargeront donc aux allocations de fin de mandat. On repartira pour changer plusieurs centaines de collaborateurs de cabinets. La machine mettra des semaines à se remettre en marche et sera peut-être enrayée avant même d’avoir réussi à tourner à plein régime. Lecornu osera-t-IL de se débarrasser de Darmanin, Dati, Barrot, Borne ou Valls ? Jusqu’où ira le renouvellement ?
J’avoue que je n’avais pas envisagé au cours de la semaine écoulée pareille hypothèse qui confirme que le mépris reste le moteur d’un pouvoir n’ayant plus aucun lien avec le monde réel. Ce n’est même plus la dernière chance. C’est un acte d’impuissance. Peut-être aussi la décision d’un velléitaire dépassé par la situation qu’il a créée. Un sorcier immature qui se révèle incapable d’arrêter la machine infernale à perdre et à détruire qu’il a inventée. Tout ça pour ca ! Ce n’est même plus du cinéma de série C…
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Bientot la chute, il existe des moyens pour rabattre le caquet de ce petit freluquet.
REDUIRE DE MANIERE DRASTIQUE LE BUDGET de l Elysée.
Bonjour Jean-Marie !
Encore une magnifique chronique pleine de vérités sur le comportement du jeunot qui respire le mépris et la suffisance. Ces défauts émanant d’un égo surdimensionné vont malheureusement entraîner ce vieux pays (que tu lui a confié!) en faillite chronique vers la décadence avant un redressement dont la France a le secret. Mais que de dégâts matériels mais aussi et plus graves humains avant que l’embelli revienne ! !
Au gré de tes chroniques, tu t’es épanché sur une promesse faite à un mourant. Devant ces évènements, je me pense que ce hussard noir très intelligent t’aurait certainement délivré de son vœu car cette génération avait l’honneur et le respect du pays en ligne de vie.
Mais nous sommes en épidémie de mal bleu : revenons donc à notre oiseau qui n’a rien d’une palombe, mais plutôt d’une margot goguenarde ! !
– « Il méprise les partis et il ne rêve que de les casser, les discréditer, les atomiser. » : d’accord avec toi sauf que, derrière les partis, il y a … les français qui sont cuisinés avec la même recette ! C’est l’objectif qu’il doit atteindre pour son cursus européen : nous réduire à l’état de moutons dociles et corvéables (90 % de la population), les 10 % (élites …enfin soi-disant ! ! ) devant nous « guider ».
– « Une nouvelle équipe gouvernementale » … pour établir un budget valide, fiable, cohérent … et touti quanti sauf que, telle une légion romaine au pays d’Astérix, c’est une muraille de boucliers appelés censure qui se lèvent déjà ! Va t’on battre le record de mini-durée ? ? ?
– « J’avoue que je n’avais pas envisagé au cours de la semaine écoulée pareille hypothèse »
Bien que respectant ton âge vénérable, je te rappelle l’adage de nos éducateurs : « Faute avouée est à moitié pardonnée ». J’ajoute la sentence des juges actuels : « Pour cette fois, c’est la relaxe mais ne recommence pas ! ! » ☺☺☺☺
Amicalement
Bonsoir,
à propos du mépris Alexandre Jardin intervient sur ce sujet ici
https://indymotion.fr/w/9cQgGCFrEsj3ChNXZCLJdH
L’intervenant face à lui fait, sans s’en rendre compte, la brillante démonstration des soit-disant « sachant » qui méprisent le peuple. Pour eux c’est devenu un réflexe pavlovien de disqualifier toute opinion venant du « bas peuple » considéré incapable de comprendre les choses. En fait c’est le réflexe historique des Zélites qui remonte à la surface. Jadis c’était le noble qui méprisait le serf pour le spolier, puis ce fut le scrutin censitaire, puis le vote des femmes et maintenant ce sont les Zexperts autoproclamés crème de la crème des Zélites chéries des merdias. Ainsi on a cherché ( les merdias) a nous vendre la prodigieuse intelligence du Mozart de la « Phynance du père Ubu » que le Jojo des GJ ne pouvait pas décoder ( la merveilleuse pensée complexe du méprisant).
Le bilan de tous ces » sachant » est pour le moins catastrophique rien que de contempler la falaise de la dette même Jojo le GJ est pris de vertige. Il ne suffit pas de passer la brosse à reluire sur la merveilleuse croissance pour faire oublier que cette maigre croissance est achetée à crédit. Nul n’est besoin d’astiquer la recherche médicale pour détourner les regards des urgences où l’on agonise sur un brancard. Inutile de monter en épingle la start-up Nation en omettant de mentionner la vente à la découpe de nos fleurons industriels. Totalement stérile de se gargariser des bons chiffres de l’emploi en masquant la précarisation des salariés renommés auto-entrepreneurs pour la bonne cause du profit. Superfétatoire de louer la libre entreprise pour justifier la mise au pilon du code du travail…
Les Français ne sont pas dupes! Ils ont parfaitement compris ce que les » sachant » cachent derrière leurs formules ronflantes et vides de sens. Les français ont tout tenté pour alerter les Zélites, protestations, pétitions, grèves, manifestations, votes blancs et nuls … Rien n’y fait la réponse c’est encore et toujours le mépris et la condescendance les Zélites font dans le paternalisme estimant que le peuple est un enfant que l’on doit châtier pour son bien.
Tout cela va mal finir.
Bonne soirée et bon repos de fin de semaine