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Le néo-libéralisme est au bout du rouleau

Derrière la situation économique du pays il y a une angoisse croissante de toutes les entreprises, de tous les commerces et de toutes les exploitations qui pour des raisons diverses ne parviennent plus à faire face à des situations diverses les conduisant à la disparition. Encore une fois ce climat n’a aucun « responsable »… alors que ce sont les politiques gouvernementales conduites depuis une dizaine d’années sur la base du dogme de la loi du marché qui a conduit à cette faiblesse généralisée. Le principe n’a pas varié d’un iota : quand on échoue dans le système libéral on se tourne vers l’État. Quand on réussit grâce à l’État on se tourne vers les actionnaires pour obtenir des félicitations. Un système pervers au possible qui perdure puisqu’aucune autre alternative n’est proposée. 

Seulement voilà l’appauvrissement de l’État change brutalement la donne. Peu à peu le tissu économique ressemble à un grillage à moutons. Les défaillances augmentent en effet de manière exponentielle. Au second trimestre trimestre en France ce sont la bagatelle de 17 085 entreprises qui se retrouvent en situation de fermeture. Une légère baisse par rapport au premier trimestre (-6 %), les défaillances ont augmenté de 3,5 % par rapport à l’année précédente,  Quand une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire est ouverte, d’après la définition de la Banque de France on considère que l’avenir de l’entreprise est menacé.

Les causes en sont multiples. Les aides de l’État durant la période Covid ont permis à celles qui étaient en fâcheuse posture de se sauver provisoirement. Lorsque s’est profilé le remboursement des aides exceptionnelles ou des prêts garantis, le précipice s’est rapproché surtout que dans certains secteurs l’activité n’était pas meilleur ou avait décliné. Il n’y a eu aucun contrôle sur l’utilisation des fonds et on n’a pas vu ajuster les trains de vie. Bien au contraire. Désormais l’offre est toujours là mais dans certains domaines la demande n’y est plus.

Dans le BTP, se profile une crise inédite. Trois facteurs se conjuguent et tout le monde reste sourd, aveugle et muet. Le premier réside dans la raréfaction du terrain constructible (opposition des populations implantées à la venue de nouveaux habitants, lois diverses de restrictions légitimes, problèmes de la mobilité ou de l’alimentation en eau potable…) et donc dans l’augmentation du foncier. La suppression des avantages fiscaux pour la construction de logements ayant dopé artificiellement la construction de logements a brutalement stoppé les investissements des « rentiers » ou des « h=gens » désirant constituer un patrimoine. Enfin l’augmentation des taux d’intérêts qui se profile ne facilitera pas la reprise. Bien des sous-traitants mettent la clé sous la porte !

La baisse des ressources des collectivités locales n’est pas encore sensible. Les entreprises vivent sur la lancée des marchés publics passés parfois il a deux ou trois ans. Désormais les publications se raréfient et comme les élections municipales approchent il y aura très peu de commandes en 2026 et donc de travail en 2027. Les scrutins départementaux, régionaux paralyseront également les décisions pour deux ans. Il y aura d’autres défaillances.

Le commerce de détail (prêt à porter, mobilier, boucherie…) tire la langue. La concurrence des ventes en ligne ou des produits made in China, les changements d’habitude alimentaire, la baisse indiscutable du pouvoir d’achat jouent en défaveur de ce type d’activités. Il n’y a pour beaucoup aucun espoir de retour à meilleure fortune. Même les grandes surfaces (hors hard-discount) voient le contenu des « paniers » se réduire et ne s’en tirent souvent que par des « promotions » à tire- larigot.

Le contexte politique et l’instabilité géopolitique plongent, par ailleurs, les entreprises dans l’incertitude. Elles réclament des « allègements » de charges… mais ne disent pas qu’elles ne serviraient qu’à rétablir leurs marges. Si elle n’a pas de commandes si elle ne trouve pas d’acheteurs, si les exportations se restreignent une entreprise ne survivra pas quelles sur soient ses charges. La dynamique économique ne se décrète pas. Alors encore une fois on se tournera vers l’État ! Le système néo-libéral repose sur la providence. Or elle n’existe plus. Elle est remplacée par le doute, la peur, le repli sur soi. Et ce ne sont plus les entreprises mais la France qui est en faillite.

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    Mais à part ça…. tout va très bien, tout va très bien …. et l’on va acheter des armes à tonton Donald en s’apprêtant à payer des soldes conséquentes à nos trouposol, puis ensuite des pensions aux invalides, aux veuves et aux orphelins. Quel charmant programme.

    1. Hervé Mathurin

      Voilà exactement le genre de propos qu’on aurait pu lire en 1939 au moment du pacte germano-soviétique. Il y a toujours d’excellentes raisons de ne pas aller au feu, même pour défendre la démocratie. Et quand en plus il n’est jamais question d’aller au feu, simplement de montrer à une dictature que les démocraties occidentales ne sont pas disposées à laisser faire, il y a toujours des pseudo pacifistes pour hurler au bellicisme. Relire Marc Bloch « l’étrange défaite ». Toujours actuel.

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