La première étape vers la rentrée se profile. Le mi-août marque en effet pour bien des vacanciers la fin de la période des congés. Lundi matin ils reprendront le chemin du boulot avec la sensation que les jours d’été passent beaucoup plus vite que les autres. En fait avec l’expérience on apprend que les meilleurs moments sont ceux qui précèdent le départ vers les congés car on a encore l’espoir de goûter à ce que l’on a programmé. Dès le lendemain c’est fini, car on effectue le même compte à rebours mais cette fois en pensant à la reprise. Et là, ce n’est pas pareil. Elle se profile toujours trop tôt.
Il arrive que l’on soit déconnecté de l’actualité et que l’on puisse échapper à ce flot d’informations qui se déverse du matin au soir via quelques médias aussi divers qu’avariés. Et le retour à la réalité constitue alors un choc. Pour d’autres par contre c’est l’opportunité de goinfrer devant un écran, de se gaver de son mobile et de se vautrer dans les réseaux sociaux alors qu’à l’habitude « on n’a pas le temps ». Ce temps qui d’ailleurs n’a pas du tout la même importance. L’idéal étant pendant les vacances de la gaspiller sans modération alors que dans le quotidien il est compté.
La civilisation des loisirs conduit désormais à s’engager dans des activités ruineuses pour le patrimoine temporel de liberté que l’on a accumulé en travaillant. Pour certains c’est physique et les défis ne manquent pas. Dans cette catégorie on trouve les adeptes des « exploits » sportifs. Périples sur des centaines de kilomètres à vélo, ascension de quelques pics ou falaises réputés exigeants, marches forcées sur des sentiers « autoroutiers » réputés, traversées de déserts ou de bras de mer, performances exceptionnelles : l’essentiel c’est de revenir sur son lieu de boulot avec un récit épique destiné à revaloriser sa côte de dynamisme auprès des connaissances, des collègues ou des amis.
Les boulimiques culturels existent aussi. Ils cumulent un nombre impressionnant de concerts, de musées ou de villages typiques ce qui leur permet de démontrer qu’ils n’ont pas bronzé idiots. Il est en effet important d’avoir des références pour contourner cette accusation quelque peu méprisante. C’est ainsi que certains sites, certaines destinations, certains programmes, certains lieux réputés mythiques se retrouvent envahis par des dizaines de milliers de « sauterelles » de passage. Désormais le surtourisme menace ces « espaces renommés » figurant sur la liste des « incontournables » qu’il faut avoir arpenté et surtout où il faut avoir été vu. Le phénomène, même avec des contrôles et des mesures restrictives, ne s’atténuera pas de sitôt.
L’influence médiatique aggrave souvent certaines situations. Et ce n’est pas que culturel. Des faits divers (incendies, crimes, accidents…), des endroits ayant reçu des labels (plus beau village, plus beau marché, plus beau coucher de soleil ou de tant d’autres références) ou des personnages « vedettes » génèrent des flux parfois impressionnants en quelques jours. Un selfie atteste alors de la chance qu’a eu son auteur en se rendant sur place ou en croisant telle ou telle célébrité. Le tourisme de curiosité malsaine progresse. Se montrer pour exister devient une performance estivale.
Entre le 14 juillet et le 15 août l’ordinaire n’a souvent plus sa place. On entend vraiment rarement au retour « j’ai trouvé un bistrot sympa et pas cher… » mais plutôt « nous sommes allés chez untel ou untel… C’était cher mais tant pis ! » » Plus grand monde de touristes souhaitent découvrir un restaurant et prendre le risque d’être déçus. Les « guides », les « sites avec références », les GPS, les pubs, les « conseils médiatiques » ont pris le contrôle des choix individuels ou collectifs. De plus en plus, ils s’effectuent sur la base des références trouvées sur Internet qui devient le « faiseur de célébrités » ou le « destructeur des réputations ». Tous les matins les prestataires de services se précipitent sur leurs notes ou leurs appréciations. Tout est évalué et diffusé ! Le prêt à porter numérique a pris le pouvoir.
En retournant vers le quotidien, le compte en banque bien secoué, une prise de conscience est commune à bien des ex-touristes : les prix sont devenus prohibitifs dans bien des secteurs touristiques. Le retour à la vie « normale » avec la perspective de prendre de plein fouet le bain d’austérité qui s’annonce, ne redonnera pas le moral aux troupes burinées par le vent marin, hâlées par la canicule ou épuisées par des aventures jugées extraordinaires. Jamais peut-être le contraste entre les quelques jours de détente et ceux qui se profilent n’a été aussi fort. La peur du lendemain reviendra au galop L’an prochain il est fort possible que la période entre le 14 juillet et le 15 août soit réservée à celles et ceux qui auront été épargnées par le renflouement de la dette et l’effort de guerre qui se profilent.
Roue Libre referme le chapitre « Passé ou présent de l’été » persuadé que la simplicité, l’authenticité deviennent des valeurs qui se raréfient car elles n’intéressent plus la majorité des postulants aux vacances. La proximité n’a pas aussi grand intérêt bien que les contraintes financières mèneront bientôt pas mal de vacanciers potentiels à reconsidérer les déplacements et les frais qu’ils génèrent. La durée des séjours diminuera et les budgets se rétréciront. Heureusement que ces pervers de retraités forcément riches et inactifs partiront en septembre ou à d’autres moments de l’année !
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» l’essentiel c’est de revenir sur son lieu de boulot avec un récit épique destiné à revaloriser sa cote de dynamisme auprès des connaissances, des collègues ou des amis. «
Ça n’est pas une nouveauté : voir La Gloire de mon Père, et l’épisode des bartavelles.
Il est bien des sites que j’aimerais visiter, mais de toute façon, je manque maintenant un peu d’énergie voir de force pour me déplacer loin et longuement.
Mais il y a surtout une autre raison encore plus impérieuse qui me forcerait à renoncer à ces « expéditions touristiques : je ne voudrais en aucun cas participer à l’envahissement de ces lieux souvent admirables mais défigurés par la foule qui s’y presse.
J’ai fait de beaux voyages, relativement modestes en distance, mais qui m’ont parfois enchanté : je garde un souvenir plein d’émotion et d’admiration de l’Italie : Pompéi, le musée de Naples, le lac Trasimène, les pins de Rome aperçus malheureusement de trop loin, Capri, Amalfi, les champs Phlégréens, les paysages de Toscane etc… mais aussi et surtout un accueil chaleureux, joyeux, empressé, une cuisine délicieuse. Diego, notre guide était un garçon charmant.
La même année, emportés par une grande témérité, nous avions poussé ensuite jusqu’à Gand et séjourné à Lille, cette année là capitale culturelle de l’Europe, traversant du sud au nord l’Europe occidentale !
Au vu de la foule qui envahit maintenant ces lieux, pour ma tranquillité et surtout par respect pour les « autochtones » je ne voudrais point faire partie des hordes envahissantes.
Il se pose cependant une autre question : sur quel critère permettre aux uns, et refuser aux autres l’accès à ces lieux naturellement attirants ?
Bonjour,
passé le 15 août l’été tire ses dernières cartouches caniculaires et les aoûtiens commencent à ranger les images d’un bonheur fugace dans leur mémoire. C’est durant cette période que je me délecte de la lecture du Journal Officiel avec ses nominations beaucoup plus hilarantes que les colonnes du volatile dévoilant les cotés méconnus des volières privées. La promotion de rosettes du 14 juillet m’avait beaucoup diverti avec Bruno Lemaire, le ministre de l’économie qui a juste égaré 40 milliards dans les comptes de l’État et
Dupont Moretti, le ministre de la justice qui a plus de casseroles qu’un chef étoilé, sans oublier Olivier Ver(eux)an et Marlène Schiappa alors qu’elle est au cœur d’une information judiciaire dans l’affaire du fond Marianne. La culture n’est pas oubliée avec Sophia Aram dans son sketch le plus désopilant accompagnée par Léa Drucker, il leur reste quelques promotions à attendre pour rejoindre comme Commandeur(e)s : Catherine Lara et Sylvie Vartan ou encore Grands officiers comme Marin Karmitz et Adrien Maeght.
C’est quand même le décret du 12 août 2025 portant nomination (magistrature) – Mme CAUBEL (Charlotte) nommée par l’Elysée Procureur adjointe de Paris qui me fait le plus rire.Elle dirigera une des cinq divisions du Parquet le plus puissant de France. Elle avait été classée 16e sur 17 lorsque proposée pour devenir Procureur de Créteil poste qu’elle avait raté précédemment. Le Parquet de Paris prend en charge les affaires les plus sensibles et politiques du pays. C’est lui qui décide, dans l’immense majorité des affaires, qui est ou non poursuivi. Lui qui décide, dans l’immense majorité des cas, si un juge d’instruction est ou non saisi.
Charlotte n’est pas une inconnue puisqu’elle était sous ministre chargée de l’Enfance au sein du gouvernement Élisabeth Borne du 20 mai 2022 au 8 janvier 2024. Charlotte est aussi l’épouse d’Alexandre Bompard, président-directeur général du groupe Carrefour, avec qui elle a trois enfants. D’après sa déclaration auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), Charlotte Caubel, secrétaire d’Etat chargée de l’Enfance, jouit d’un patrimoine très modeste : 29 996 euros. Un gracieux tour de passe-passe lui permet de passer pour une pôvre magistrate. Si Charlotte Caubel ne s’est pas constitué un bas de laine personnel, ce n’est pas faute de revenus confortables. Selon sa déclaration d’intérêts, la magistrate de formation, ex-conseillère justice d’Edouard Philippe à Matignon, a gagné au total 1,08 million d’euros depuis 2011 dans ses diverses fonctions. A quoi cet argent a-t-il été employé, s’il n’a débouché sur aucune acquisition immobilière ou financière ? «Tout ce qui devait être rendu public l’a été, répond le cabinet de la secrétaire d’Etat. Les précisions demandées par la HATVP ont été apportées. Le reste relève strictement de la vie privée. C’est une question éminemment personnelle, qui tient à l’organisation d’un couple.» Charlotte Caubel et Alexandre Bompard qui sont mariés depuis 1998 sous le régime de la séparation des biens – ce qui laisse à penser que le patrimoine effectif du couple appartient au patron de Carrefour.
L’existence d’un autre actif permet cependant de voir d’un autre œil la modeste déclaration de Charlotte Caubel. Son époux et elle sont associés dans une société civile, la Financière Barjac, créée en avril 2018 et domiciliée au siège de Rothschild and Co. D’après les documents publics enregistrés au greffe du tribunal de commerce, elle est quasi intégralement détenue par Alexandre Bompard, à hauteur de 99,99 %. Sa femme n’a que deux parts (sur 526 256) de cette société, qu’elle a estimées à 15 euros dans sa déclaration auprès de la HATVP. Ce qui valorise la Financière Barjac à environ 3,9 millions d’euros. Une misère!
J’ajoute au passage que le couple Bompard/Caubel est un intime des couples Philippe et Mac-Ronds, mais c »est sans doute un coup du hasard.
Personne et surtout pas moi ne peut douter que Charlotte saura défendre les gueux de la férocité de la grande distribution. De la même manière on peut espérer que sitôt en poste elle diligentera, toutes affaires cessantes; une enquête sur les « étranges et opportuns » suicides de Marleix et Denécé qui avaient tous les deux enquêté sur le deal Alstom-GE.
Complotiste sort de ce corps!!!
Bonne rentrée soyez prudents