You are currently viewing Les aides de l’Etat à une partie du milieu économique ruissellent

Les aides de l’Etat à une partie du milieu économique ruissellent

La théorie du ruissellement pose comme principe qu’une politique favorisant les revenus des plus riches, notamment par une réduction de leurs impôts, profite à toute l’économie. Cette réduction de leur contribution à l’action collective permettrait, selon les ultra-libéraux qui prônent cette stratégie de dégager des revenus auparavant ponctionnés par l’État, qui seraient réinvestis par les plus riches dans l’économie. En fait les réductions d’impôts sont récupérées par les bénéficiaires et s’ajoutent à tout l’argent public qui leur est déjà accordé dans le cadre de mesures dites de soutien aux entreprises (crédits d’impôts par exemple).

Le « ruissellement évalué par des experts indépendants n’a qu’un seul effet : donner encore plus de marges profitables aux plus riches. Un rapport des sénateurs a évalué le montant des sommes dégagées sur les finances publiques et versées à un titre ou à un autre aux entreprises et donc indirectement aux actionnaires et aux dirigeants. La première difficulté pour les parlementaires qui ont auditionné près de 40 patrons a été de chiffrer le cumul de ces aides qui ruissellent en permanence au titre du maintien de l’emploi ou de la recherche. Pas un service de Bercy n’a été mandaté pour un tel travail. Bizarre.

En 2023 ce sont 211 milliards (vous ne rêvez pas) qui ont coulé vers les comptes bancaires directement ou indirectement des sociétés ou des entrepreneurs individuels. Vous avez bien lu : 211 milliards alors que le gouvernement fantôme en cherche 40 pour tenter de juguler la dérive mortifère des comptes publics. Ce montant comprend les subventions d’État, les aides versées par Bpifrance, les dépenses fiscales ou encore les allègements de cotisations sociales. Il n’intègre n’intègre pas les aides versées par les communes et leurs groupements, ni celles par les régions (estimées à 2 milliards d’euros selon leur association) ni les aides versées par l’Union européenne (leur montant pouvant atteindre jusqu’à 10 milliards d’euros). C’est plus du ruissellement c’est du déluge !

L’idée que ces aides publiques cumulées servent surtout à améliorer les dividendes des actionnaires ou les revenus des PDG est parfaitement identifiée dans le rapport qui demande que le code des impôts sur les sociétés soit modifié. Il demande que ces soutiens soit exclus du périmètre du résultat distribuable, c’est-à-dire sur lequel est assis le calcul des dividendes. La recommandation exclut toutefois les exonérations et allègements de cotisations sociales, des aides prises en compte dans cette diminution des résultats. Ils ajoute qu’il serait souhaitable de demander leur remboursement si une entreprise procède à une délocalisation de l’activité concernée dans les deux années qui suivent.

En parlant de ruissellement dans le même temps sort la note de l’INSEE sur la pauvreté en France. Le niveau de vie des ménages les plus modestes recule en euros constants, en raison notamment de la hausse du nombre de ménages déclarant de faibles revenus d’activité indépendante et de la non-reconduction des mesures exceptionnelles de soutien au pouvoir d’achat mises en place en 2022. Dans ce contexte, les inégalités de niveau de vie sont en hausse. Le milieu économique ne cesse de réclamer un baisse du coût du travail avec une baisse de sa participation aux cotisations sociales…sans garantir que la mesures « ruissellerait sur la salaires. Comme toutes les autres elle irait à l’amélioration des dividendes.

Pendant le même temps le taux de pauvreté augmente fortement en 2023 (15,4 % après 14,4 % en 2022, soit +0,9 point du fait des arrondis) et atteint son niveau le plus élevé depuis… 1996, année où débute la série des analyses. En 2023, 9,8 millions de personnes occupant un logement ordinaire en France métropolitaine vivent sous le seuil de pauvreté monétaire. La hausse de ce taux touche plus particulièrement les familles monoparentales et les enfants, tandis que les retraités sont moins affectés. Encore eux… Décidemment ils cumulent tous les handicaps !

Ce champ est nécessaire.

En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article a 2 commentaires

  1. alain

    je suis parti en retraite en 2006 à 60 ans
    aujourd’hui 19 ans plus tard le montant de mes retraites
    est égal à mon salaire de 2006!
    heureusement que le coût de la vie n’a pas augmenté…..
    l eau le gaz l ‘électricité le pain le lait le vin etc
    l entretien de la maison de la voiture (que je ne peux pas changer) tout est resté figé!
    c est vrai les retraités sont des privilégiés car nous avions du travail…

  2. Alain.e

    Je pense personnellement que la théorie du ruissellement va enfin fonctionner grâce au réchauffement climatique .
    Je m’ explique grâce aux canicules, transpiration et ruissellement vont devenir très commun en France .
    Je suis aussi un grand ruisseau qui irrigue à tout va …
    Impôt sur le revenu conséquent , une pension , un salaire , taxe foncière , TVA , assurances diverses et tutti frutti et quanti aussi .
    Dans un souci patriotique , je consomme restaurant , loisirs et vacances en France exclusivement depuis trois ans , mais j’ ai bien peur que ça ne suffise pas .
    Je vais devoir alimenter le tonneau des danaïdes de nos politiciens incompétents encore longtemps , c’ est une certitude .
    Cordialement.

Laisser un commentaire