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Demain les élections s’achèteront…

Les relations entre le monde politique et celui de l’argent reste difficile puisque sans moyens financiers il devient extrêmement difficile d’effectuer une campagne nationale. Depuis les deux dernières élections présidentielles on a bien vu que dans tous les camps les plafonds des dépenses ou les modalités de ces dernières pourraient un jour bouleverser le résultat. L’encadrement prévu a bien du mal à être respecté tant la démesure s’accroît à chaque échéance. Pas de budget conduit à se restreindre sur tous les rendez-vous essentiels : meetings, supports audiovisuels, distribution de publications, affichage… Il fut une époque où le militantisme compensait ce manque de moyens en espèces sonnantes et trébuchantes. Comme il est en voie d’extinction il devient essentiel d’avoir les moyens de payer pour la distribution, le collage, la sécurité, les déplacements.

La campagne présidentielle américaine annonce des changements sur l’échiquier européen. En France la mainmise des tenants d’idéaux extrémistes sur le système médiatique constitue déjà un phénomène extrêmement dangereux pour la démocratie. En fait il n’y a plus d’arrêt réel de la période élective avec la construction permanente directe ou indirecte de valeurs liées via des supports orientés d’une opinion dominante conforme à l’intérêt de celles et ceux qui l’exploitent. Le soutien n’est pas seulement financier mais surtout par la mise en œuvre de moyens techniques accordés aux uns et refusés aux autres.

Au USA actuellement l’agité du bocal bénéficie par exemple de la mansuétude d’Elon Musk, l’un des hommes les plus riches du monde. Le milliardaire a par exemple promis de verser chaque jour jusqu’à l’élection présidentielle de novembre aux États-Unis, un chèque d’un million de dollars (919.600 euros) aux Américains qui signent sa pétition en faveur de la « liberté d’expression » et du droit de porter des armes. Après trois jours passés en Pennsylvanie, l’un des États clés pour la prochaine élection présidentielle américaine, il a effectivement remis un chèque d’un million de dollars au premier gagnant de son concours, lors d’une réunion publique organisée samedi « L’objectif du prix de 1 million de dollars par jour est de maximiser la notoriété de notre pétition en faveur de la Constitution», a écrit l’homme d’affaires sur le réseau dominant sur lequel il est en mesure d’intervenir à sa guise. Et ça marche fort de l’autre coté de l’Atlantique ! 

Celui dont la fortune est estimé à quasiment 250 milliards de dollars a déjà versé pour la campagne de Trump la bagatelle de 75 millions et il ajouterait ainsi 17 millions avec son annonce. Le vrai problème ce ne sont pas ces sommes mais les raisons pour lesquelles Musk les dépense. Grâce à cette générosité il espère que les médias du monde entier parleront de sa pétition sur la Constitution. Elle n’intéresse pas grand monde alors comme le font les télés, les radios avec leurs fameux jeux où on peut gagner une somme attractive en envoyant un SMS…En fait c’est une stratégie pour récolter des sommes considérables nettes de tout contrôle. Les numéros qui appellent sont aussi revendus et accentuent les profits. Le piège pour votre tranquillité. 

Musk espère attirer des personnes indécises alléchées par l’appât du gain. Elles existent et croient aisément au Père Noël. Le fichier des signataires permettra de les relancer ou de les appeler pour qu’ils votent en faveur du protégé de l’homme le plus riche du monde. Une étude récente prédit qu’au rythme où sa fortune progresse, ce dernier pourrait atteindre 1 000 milliards en… 2027. Ce ne sont pas 17 millions d’investissements pour le piège de la pétition « constitutionnelle » sur deux sujets très populistes ( les armes et la liberté d’expression) qui pénaliseront cette croissance plaçant son « empire » personnel parmi les plus grand États de la planète. Les recettes du budget français est de 250 milliards si tout marche bien !

Rien. Absolument rien ne protège les USA de ce type de pression sur les élections. Ne tapez pas sur leur système puisque toutes proportions gardées les propriétaires de galaxies médiatiques françaises ont la même démarche en se cachant. Est-ce un hasard si le bouquin du « gendre idéal » sort chez un éditeur que possède l’un des soutiens indirects du RN ? S’il ne borde pas ce cumul des supports, le monde politique hexagonal (hors RN) se retrouvera vite dépassé et écrasé. Musk n’existe pas en France mais ses imitateurs se poussent du col pour bâtir une stratégie similaire avec la différence qu’ils ne mettent pas encore leurs « propres » deniers dans la balance.

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Cet article a 5 commentaires

  1. J.J.

    « Musk espère attirer des personnes indécises alléchées par l’appât du gain. »
    Ce genre de procédé porte toutes sortes de nom : forfaiture, prévarication, concussion, corruption, exaction etc.
    Un citoyen lambda (ou un adversaire politique) serait poursuivi pour ce genre de forfait.

  2. A. Blondinet

    Exaction et prévarication,
    Concussion et corruption.
    Je ne vois qu’une solution,
    Politiques, la démission!

    Signé: Bagout IX (Nine, si vous jouez de la trumpette).

  3. faconjf

    Bonjour,
    Le sénateur républicain Boies Penros loue, en 1896, l’efficacité de la démocratie américaine.
    Je crois en la division du travail. Vous nous faites élire au Congrès ; nous passons des lois qui vous permettent de gagner de l’argent (…) et vous utilisez une partie de vos profits pour contribuer à financer nos campagnes afin de nous faire réélire, pour passer de nouvelles lois afin de vous permettre de gagner encore plus d’argent.
    Que croyez-vous qu’il se passe ici et maintenant ? Pensez-vous que la châtelaine de Montretout pourrait se passer du soutien des milliardaires et du Medef ?
    En 2001, le magnat de la presse financière Michael Bloomberg dénonce l’« influence nocive » qu’exercent les « groupes de pression privés » sur les hommes politiques. Pour s’en libérer, il enjoint aux New-Yorkais d’élire un maire suffisamment riche… pour ne pas être corruptible. Cela tombe bien : M. Bloomberg est candidat, il est aussi milliardaire. Il promet de « payer [lui]-même pour [sa] propre campagne ». Il a déjà fixé le salaire qu’il s’adjugerait en tant que maire : 1 dollar par an.
    Livrer la politique à « l’argent » au prétexte de l’en protéger, l’argument aurait pu désorienter. Il semble convaincre : M. Bloomberg est élu en 2001, réélu en 2005 et maintenu dans ses fonctions en 2009, après avoir obtenu un amendement à la loi qui lui interdisait de se présenter une troisième fois. Un succès politique dont on ne peut toutefois pas totalement exclure qu’il ait été facilité par… la « puissance de l’argent », justement.
    L’importance de l’argent en politique ne saurait se réduire à son influence sur tel ou tel acteur, si démesurée soit-elle. Le problème est plutôt que l’argent permet, à ceux qui en disposent, de dominer le champ des idées politiques et des politiques publiques (notamment en ce qui concerne leur dimension économique). Certes, le financement des campagnes fait partie du problème, mais le véritable enjeu est ailleurs : de fait, l’argent détermine qui a droit au chapitre, quels problèmes sont abordés, et quelles politiques publiques sont envisageables. L’influence de l’argent n’est donc pas à chercher dans de simples quid pro quo * (où telle ou telle personne en paierait une autre, en échange de faveurs politiques), mais dans le fait qu’il structure le débat en contrôlant l’accès à l’arène politique. Il s’agit là d’un pouvoir déterminant, puisqu’il décide des candidats, des thèmes qu’ils abordent en priorité, et de la manière dont ceux-ci sont traités.
    Bien plus que lors des élections le pouvoir de l’argent anticipe de beaucoup le moment électoral en façonnant à sa guise le débat permanent. Les merdias vont encore plus loin en gardant la main sur l’imprimatur des propos des candidats qu’ils ont eux mêmes choisis. Mais oui, mais oui ! ce sont eux qui choisissent bien en amont des congrès politiques. Regardez l’arrivée puis la campagne de Mac-ronds en 2017 ou celle du prince consort de la princesse des merdias Salamé.
    Qui s’intéresse aux 2.3 milliards d’€ versés à Bouygues dans le cadre du PPP liant le ministère de la justice et la mairie de Paris dans le cadre du nouveau Palais de justice de Paris. Un beau cadeau de sarko pour « compenser » l’arrivée de free qui concurrence bouygues télécom… Cela se serait-il produit si Bouygues ne possédait pas TF1?

    Bonne journée

    *Quid pro quo est une locution latine qui signifie « une chose contre une autre », autrement dit un échange de bons procédés, du donnant-donnant.

  4. faconjf

    ma mémoire de poisson rouge remonte à la surface … Nous sommes en 2004, Nicolas Sarkozy dirige le ministère de l’Économie. Déjà à l’époque, les budgets sont difficiles à boucler et le futur président de la République cherche activement à limiter le déficit public… Le 19 novembre 2004, il annonce dans un communiqué s’être mis d’accord avec le gouverneur de la Banque de France pour une « gestion plus active des réserves de change de l’État ». Il s’agit en fait d’en finir avec la gestion de bon père de famille des réserves de change, grâce à la vente de 500 à 600 tonnes d’or sur les 3 000 tonnes détenues alors par la Banque de France. Le métal jaune, qui ne rapporte pas d’intérêts, doit être remplacé par un portefeuille en devises censé améliorer les rendements. L’État table sur un revenu supérieur à 200 millions d’euros par an. Sauf que depuis le cours de l’or a en effet pris plus de 900% , chiche on lui présente la facture !

  5. JJM

    Il faut aussi se souvenir de l’implication scandaleuse de BFM dans l’affaire de l’argent Lybien de Sarko.
    Et si on lui présentait la facture pour « sa » guerre en Libye et les conséquences que nous connaissons.
    Avec l’assentiment de nos députés!!!,482 ont voté pour, 27 (communistes, écologistes) contre.

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