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Souhaitons nous une bonne santé retrouvée

J’ai toujours été persuadé que la vie bascule un jour en quelques instants sans que l’on mesure les conséquences de ces instants décisifs. Je me suis souvent posé la question de savoir quand le vrai, celui qui marque, arriverait pour moi. Certes il y a les moments heureux dont on ne se souvient pas vraiment car ils ont été vite estompés par les autres, ceux qui plongent dans le doute. La maladie constitue souvent le point de départ de périodes pour le moins marquantes. La tendance moderne consiste à s’imaginer immortel alors que justement il faut admettre que tout a une fin certaine. Le seul fait d’évoquer cette réalité vous fait cataloguer de pessimiste notoire. Et pourtant…

Depuis plusieurs mois un phénomène semble envahir le système de santé. Les médecins voient arriver dans leurs cabinets des gens atteints de cancers très évolués. Durant la période de la crise sanitaire certains spécialistes avaient averti sur les conséquences du confinement et du non-accès au système de santé étouffé par le Covid. Ils ont parlé d’une vague qui surviendrait au moment où la détection des cancers ou des autres affections graves se remettrait en route .

D’abord essentiellement concentré sur la protection contre le virus et ses variantes une part de la population n’a pas cherché à se préserver du reste. Ensuite et, c’est une hypothèse n’ayant rien de complotiste, les divers aspects de la pandémie ont affaibli les défenses immunitaires et accéléré la progression d’atteintes physiques « endormies ». Seule un étude sérieuse pourra déterminer les raisons d’une augmentation de cas graves.

L’observatoire régional de la santé indique clairement que » les maladies chroniques sont un des problèmes majeurs de santé publique particulièrement en Europe et en France. Elles concernent principalement les maladies cardiovasculaires, les cancers, le diabète et les maladies respiratoires chroniques.  La prise en charge des malades chroniques nécessite un suivi médical régulier et un travail pluridisciplinaire pour assurer la coordination et la continuité des soins. La pandémie de Covid-19 a perturbé cet aspect de la médecine et contribué à des changements notables de comportements. » En subissons-nous les conséquences ? Probablement puisque les statistiques sur les décès le démontrent !

La pandémie de Covid-19 ne sera certainement pas la dernière crise sanitaire, il est donc essentiel d’en tirer des enseignements, notamment en ce qui concerne la continuité des soins pour les personnes souffrant de maladies chroniques et l’importance de les inclure dans les mesures sanitaires afin de les protéger du virus tout en assurant une gestion adéquate de leurs conditions de soins. Il y a des sujets tellement dérisoires qui font l’objet de commissions d’enquête ou des recherches sans intérêt qu’il serait souhaitable de se pencher sur ce phénomène dont on ne connaît pas l’ampleur.

La pression ne baissera pas dans les prochains mois c’est une certitude. Or le personnel manque partout et sans espoir de le trouver par un coup de baguette magique. Les non-vaccinés reviennent au compte goutte à goutte ce qui ne compense pas la pénurie. Loin s’en faut… Le secteur public a résisté dans la tourmente de la crise sanitaire. Il a démontré une adaptabilité ayant permis de sauvegarder l’essentiel. Le vrai problème c’est qu’il n’est pas revenu à un rythme de croisière lui permettant de souffler. La machine continue à tourner sur un régime soutenu.

Hier j’avais un examen important pour déterminer probablement ce que sera ma fin de vie. Arrivé à 15 h 30 je suis reparti à 19h. « Je vous préviens me confie la secrétaire de l’accueil, nous avons beaucoup de retard à cause d’incidents techniques et de problèmes avec des malades. » Lorsque je suis allé chercher mes résultats (pas fameux d’ailleurs) elle m’a annoncé : «  je ne peux pas décemment vous demander un dépassement d’honoraires. Je suis gêné car vous avez patienté plus de 3 heures ! » Un comportement qui dénote la détresse d’un personnel extrêmement perturbé de ne pas pouvoir être en conformité avec les valeurs qui restent les siennes.

Il me reste à repartir pour l’interprétation du constat du radiologue et le protocole de soins… avec les mêmes aventures en perspective. Et dans le fond comme je n’aurai qu’une douzaine de jours à attendre j’estime avoir de la chance. Est-ce rassurant ? Pas certain car ce délai réputé avantageux et exceptionnel contraste avec les longues semaines actuellement nécessaires pour accomplir le même parcours. « Vous savez on est débordé m’explique l’opérateur IRM car les gens viennent des départements voisins car chez eux il faut des mois pour avoir un rendez-vous ! » A méditer… puisque le grand sujet ce sera les immigrés, la CMU et l’aide médicale d’État. Encore un leurre démocratique !

Cet article a 8 commentaires

  1. J.J.

    Nous vivons une époque formidable de progrès à rebours !

  2. Laure Garralaga Lataste

    Je n’ai pas peur de la mort… et souhaite qu’elle me prenne par surprise.
    Je dois avouer que je l’ai trop souvent côtoyée sur cette route catalane qui nous menait en France, bien protégée dans le ventre de ma mère… ! Elle était très souvent « délivrance des douleurs humaines. »
    Mais j’aime aussi la vie, et me suis toujours accrochée à elle avec l’espoir de ne partir « qu’après avoir accompli mon devoir de transmission de Mémoire »… À 84 ans… c’est maintenant pour bientôt. Et comme l’a dit l’ami Jacques : J’veux qu’on rie, j’veux qu’on danse, j’veux qu’on s’amuse comme des fous et des folles…
    J’veux qu’on s’amuse comme des fous

  3. Philippe Labansat

    Cette situation de déliquescence de notre système de santé a été patiemment construite par nos politiques, avec tous les éléments d’information et de prospective en main.
    Aussi, je n’hésite pas à dire que nos dirigeants sont des criminels et devraient être jugés à ce titre devant la Haute Cour de justice…

  4. Marie-Claude

    8h d’attente annoncées aux urgences à Libourne pour un poignet cassé,à 20h…Je suis partie ailleurs,où j’ai attendu 4h « seulement », soit jusqu’à 3h du matin.
    En revanche,je tiens à souligner la qualité des soins, partout,…quand on arrive jusque là !!!

    1. François

      Bonjour @Marie-Claude !
      ….et BIENVENUE au Club ( l’adhésion est gratuite … sauf une bonne dose de patience ! ! ) car, en septembre dernier, j’ai « adhéré » avec 7 h d’attente nocturne (sorti à 3h 30) pour six points au cuir chevelu posés en cinq minutes chrono par des mains expertes immatriculées « SAMU » ! ! ! Heureusement que l’hémorragie spectaculaire était stoppée depuis longtemps, sinon, comme le porc de la tue-cochon, j’aurai …écumé ! Honte aux urgences de Libourne car, durant mes 76 années, j’ai subi d’autres blessures ou accidents. La Réole, Langon,Pessac Mutualiste, Pellegrin, j’ai bien connu … et encore récemment: IMPECCABLE ! Mais alors Libourne (secteur obligé pour le SDIS ! !), c’est du « ras la casquette »! !
      Si votre fidélité à ce blog est constante, je m’en étais épanché lors de l’épisode accidentel de Madame Darmian, n’est-ce pas J-M ?
      Cordialement

  5. LAVIGNE Maria

    Vaste sujet ! Les délais sont de plus en plus longs pour obtenir un RV, certains cabinets affichent le nombre de mois d’attente et lorsqu’on essaie de prendre RV directement sans passer par le généraliste, car cela double le temps, nous n’avons même pas droit à un mot pour ce dernier, le montant de la consultation est pourtant élevé : 55 € pour 5 minutes. Je suis désabusée ! A qui faire confiance ? Advienne que pourra comme disait maman…

  6. facon jf

    Bonjour,
    le système de santé que le monde entier nous enviait est en cours d’affaissement.
    Le manque de médecin est aujourd’hui criant en France, mais l’affaire n’est pas nouvelle. Le problème vient de loin et l’absurdité d’un numerus clausus trop bas est dénoncée depuis des décennies par de nombreux médecins. Il était complètement absurde de réduire le nombre de médecins par habitant alors même que l’on savait pertinemment que la population allait en plus vieillir. Comme dans le cas de l’énergie, le manque de prévoyance dans le domaine est absolument fascinant. Cela fait 30 ans au moins que l’on sait que le manque de médecin se produirait aujourd’hui et pourtant rien n’a été fait pour endiguer le phénomène. Et voilà que la seule solution trouvée par nos shadoks du libéralisme est de faire venir des médecins immigrés. Comme si le reste de la planète avait des médecins à revendre à l’infini pour compenser les insuffisances du système de formation français et les imbécillités de quelques hauts fonctionnaires qui ont pris au sérieux les âneries néolibérales. Voila pour nos campagnes destinées à devenir des déserts médicaux malgré les efforts des maires pour construire des ponts d’or aux médecins Roumains.
    Les problèmes qui l’accablent le système de santé depuis si longtemps sans que réponse leur ait été apportée ont fini de mettre l’hôpital public, en commençant par ses services d’urgence, dans un état d’agonie aussi inédit qu’effrayant : ainsi en décembre 2022, le syndicat SAMU-Urgence France dévoilait que 31 personnes seraient mortes seules sur des brancards dans les couloirs des urgences, ou parce qu’un SMUR n’a pas pu être engagé assez rapidement. « Si on était exhaustif, on pourrait envisager qu’il y en ait beaucoup plus », ajoutait même son président Marc Noizet. Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que seuls 27 % des Français jugent son fonctionnement correct (IFOP, 2022).
    Le problème de fond des hôpitaux c’est le ratio coût/ efficacité du système de santé. Le problème reste avant tout structurel et universel, lié à la dynamique des découvertes scientifiques : plus la recherche avance ; plus des maladies sont diagnostiquées, plus les traitements deviennent nombreux, onéreux et efficaces ; plus les personnes vivent longtemps avec des problèmes de santé. Un constat effectué dans les années 1970 avec la naissance de notre hospitalo-centrisme. Mais le système est vite jugé trop lourd et trop cher. Alors il faut rationaliser. Les grandes réformes des années 1980-1990, symbolisée par les ordonnances Juppé ont soumis le financement de la sécurité sociale aux impératifs d’économie (création de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (ONDAM), prise en main de la Caisse nationale d’assurance maladie par l’État, etc). La logique de réponse à des besoins laissait place à une logique d’adaptation à des contraintes budgétaires. L’hôpital doit maigrir et il maigrit 580 000 lits en 1990, le nombre a diminué de 80 000 dans les années 1990, puis encore 100 000 depuis vingt ans, pour atteindre 387 000 lits (et 80 000 places partielles). Sur ces dernières années, la population a grimpé de 58 à 67 millions d’habitants, et a vieilli au point que les plus de 60 ans en représentent désormais le quart. Les conclusions sont évidentes, mais l’on continue pourtant de fermer environ 5 000 lits à l’année. Malgré le Covid.
    L’autre élément, c’est le financement du soin, avec le passage de la dotation globale à la tarification à l’acte (appelée T2A) à partir de 2004, ce qui pour beaucoup fit basculer l’hôpital dans une logique comptable. Pour faire de l’argent, il fallait désormais multiplier les actes médicaux les mieux payés au détriment d’autres (le tout selon un codage complexe), et raccourcir au maximum les séjours des patients.
    Le problème structurel c’est que la croissance de l’ONDAM est inférieure à ce qui serait nécessaire pour assurer la pérennité de soins de qualité. Difficile de ne pas y voir une conséquence logique du rognage des cotisations sociales, devenues la variable d’ajustement des politiques économiques.
    Pour limiter les coûts, la plupart des grandes réformes du système de santé ont avant tout cherché les économies d’échelle, alimentant ainsi un phénomène de concentration du soin dans les grandes métropoles, phénomène à l’origine des déserts médicaux d’aujourd’hui. Mises en place par les ordonnances Juppé, les agences régionales d’hospitalisation (ARH) devenues en 2010 les agences régionales de santé (ARS) rationalisent encore l’offre et concentrent petit à petit les spécialités techniques dans les hôpitaux les plus importants.
    En 2016 : par souci d’efficacité, les établissements hospitaliers sont rassemblés localement dans un Groupement hospitalier de territoire (GHT). Résultat l’hôpital le plus important pilote les moins importants se taillant la part du lion dans les budgets qu’il contrôle. En 2020, un rapport de la Cour des comptes épinglait les GHT en tant qu’ils n’ont permis aucune économie et ont entraîné la perte d’autonomie des petits établissements, désormais désertés par les meilleurs médecins et spécialistes.
    La « cerise sur le cageot » c’est que dans les hôpitaux publics, la présidence du conseil de surveillance revient au maire de la ville où se trouve l’établissement. Ce conseil a pour missions principales de se prononcer sur la stratégie de l’établissement et d’exercer le contrôle permanent de sa gestion. C’est donc le politique qui gère les stratégies des hôpitaux !!! « Chacun défend son propre établissement car pour un maire, cet hôpital emploie du personnel, participe à l’offre de soins sur un territoire, participe au dynamisme et à l’attractivité de la ville ». Un risque donc : que les conflits d’intérêts prennent le pas sur le bien commun sanitaire.
    « Chacun peut avoir des appuis politiques à tous les niveaux. Si certains cumulent plusieurs casquettes – élus régionaux ou députés –, s’ils ont des entrées plus haut ou connaissent personnellement le ministre de la Santé, ils peuvent plus facilement obtenir gain de cause ». C’est avec ce cadre en tête qu’il faut faire les comptes du Ségur de la Santé. En mars 2021, en pleine crise Covid, le gouvernement Castex annonce un plan historique pour sauver le système de santé français. 19 milliards pour investir dans l’hôpital (plus 13 milliards par an pour les revalorisations salariales.) Parmi cette enveloppe, 9 milliards sont alloués à de nouveaux investissements sur dix ans pour rénover l’outil de travail et financer des projets architecturaux. D’un coup, les hôpitaux se sont retrouvés en concurrence pour récupérer de l’argent et ont dû monter des projets d’investissement – tout en jouant des relais politiques pour accroître leur chance, ce qui ne suppose rien de bon quant à la justesse de ces attributions. Pis encore, il s’agit d’un cofinancement. Paradoxalement, alors même que l’État travaille au désendettement des hôpitaux (il va reprendre 10 de leurs 30 milliards de dettes), le Ségur de la santé a donc poussé les hôpitaux à s’endetter. « Personne ne voulait laisser le train passer »…
    Voila en résumé l’essentiel des éléments comptables qui nous conduisent droit dans le mur. Ça fait plaisir d’être bien gouvernés.

    Bon dimanche

    1. faconjf

      Le problème structurel c’est que la croissance de l’ONDAM est inférieure à ce qui serait nécessaire pour assurer la pérennité de soins de qualité. Difficile de ne pas y voir une conséquence logique du rognage des cotisations sociales, devenues la variable d’ajustement des politiques économiques. Ci dessous le lien des aides publiques aux entreprises.
      https://diaspora-fr.org/camo/7546f6c525b7fee1368c078e4fe1e509628cdb79/68747470733a2f2f692e726564642e69742f6765386379396c6264733362312e706e67

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