Plus personne n'est réellement épris des partis !

Existera-t-il encore des partis politiques crédibles en 2017 ? On peut se poser lucidement la question tellement l’année qui s’ouvre va être désastreuse pour ces formations engluées dans des querelles personnelles et surtout les divergences ne reposant plus que sur des appréciations différentes de la conduite à tenir en période de changement sociétal profond. N’ayant pas envisagé ces modifications de fond avant les présidentielles pour ne présenter que des catalogues de mesures ponctuelles dénuées de toute idéologie humaniste au nom de la « gestion » les grands rassemblements de conquête du pouvoir vont droit dans le mur. L’adhésion ayant été galvaudée par l’institution des primaires les sections socialistes se vident et celles de » l’UMP ne doivent plus faire le plein puisqu’il est désormais certain que Sarkozy se moque de l’appareil politicien qui lui collerait une étiquette trop passéiste. Si Hollande est candidat il n’aura surtout plus besoin du PS qu’il vient de larguer en s’affirmant avant tout « social-démocrate ». Les partis sont donc devenus très faibles. Harlem désir dans un cas et Jean-François Copé n’ont dans la réalité plus aucun poids politique !

D’ailleurs de partout les contestations de leur autorité s’accumulent et ce n’est pas fini ! A l’UMP entre Fillon, Juppé et les sbires de Sarkozy la mitraille pleut directement ou indirectement sur celui qui doit incarner la ligne UMP ! Dernière attaque en règle celle de la voix de son maître Henri Guaino qui diffuse une lettre carabinée à son chef de parti dont il a envoyé une copie à l’AFP. Il lui demande notamment de « déclarer solennellement » lors du Conseil national, que le principal parti de l’opposition ne soutient pas François Bayrou, candidat aux élections municipales à Pau. Ce soutien au président du MoDem, qui avait voté pour François Hollande au second tour de l’élection présidentielle en 2012, est « inacceptable » à ses yeux. Henri Guaino demande également au président de l’UMP de « reporter l’investiture de la tête de liste pour les élections européennes en Ile-de-France », Alain Lamassoure déplacé pour faire une place éligible dans le sud-Ouets à Michèle Alliot-Marie. « C’est une faute et c’est irresponsable » car Alain Lamassoure est « partisan d’une Europe fédérale et un ardent défenseur de l’Union européenne telle qu’elle se construit », rappelle Henri Guaino. Il souhaite « un changement au contraire très profond » de cette construction. Le porte-plume sarkoziste demande également au président de l’UMP de « reporter l’adoption des grandes lignes du projet politique de l’UMP », lesquelles « n’ont fait l’objet d’aucun grand débat dans les fédérations, d’aucun processus de maturation intellectuelle et politique ». Enfin, il le prie de « reporter l’élection des membres élus du bureau politique », dont la liste a été « concoctée dans l’entre-soi de quelques-uns, sans que ce scrutin soit annoncé ». « Cette manœuvre ruine la confiance, elle nous divise, nous fragilise (…) Elle est inexcusable. Bref il affiche la position de Sarkozy qui veut dézinguer l’UMP pour continuer la tournée des popotes avec les concerts de Carla Bruni beaucoup plus « rentables » pour son retour. Il est prêt à saborder un parti avec lequel il n’a jamais entretenu d’autres relations qu’utilitaires pour s’instituer « sauveur providentiel » hors des normes partisanes!

Au PS ce n’est pas mieux avec un fiasco aux Européennes qui se profile et surtout un mépris coupable des élus locaux par les apparatchiks de tous les courants. C’est ainsi qu’à la base les sections fondent à une allure vertigineuse et que les têtes de liste évitent au maximum à se réclamer du PS ! Plus aucun lien entre le parti et les territoires. Paris continue de fermer les yeux sur cette réalité qui va peser lourd aux sénatoriales ! Au moins 120 militants socialistes ont par exemple décidé de leur démission du PS, après de l’exclusion du maire de Sotteville-lès-Rouen, Pierre Bourguigon figure historique en Seine Maritime qui conduira aux municipales une liste dissidente.  Parmi les démissionnaires figurent une vice-présidente au Conseil régional de Haute-Normandie, un adjoint et huit conseillers municipaux de Sotteville. Selon ces militants, le bureau national du PS a commis « l’irréparable » en excluant M. Bourguignon, maire depuis 1989, alors que « depuis trop longtemps la section socialiste ne vit plus démocratiquement ». Depuis plusieurs années, les relations sont tendues entre le maire sortant, 72 ans, et Luce Pane, 60 ans, députée de la circonscription depuis 2012, et qui avait déjà été désignée comme candidate par la section contre M. Bourguignon, détenteur du siège depuis 1981.

C’est catastrophique car il existe des dizaines de situations similaires qui déchirent les sections par manque d’anticipation sur les relèves et plus encore en lien direct avec le comportement parisien ou fédéral. Comme le Parti de Gauche et le Parti Communiste sont également dans la bisbille et la rivalité on va vers une extension progressive. Il va falloir créer d’autres mouvements en 2015 pour espérer reconstituer une démocratie participative autre que clientéliste et clanique ! La consommation politique a conduit les supermarchés électifs à leur perte !

Cet article a 4 commentaires

  1. PMHG

    Je ne comprends pourquoi on a pas instauré des primaires localement, on arrive à un ras le bol du parisianisme. Et cela vaut pour beaucoup de parti. On parle de démocratie mais pourquoi ne pas pousser le concept jusqu’au bout ?

    On parle démocratie et on vit royauté…..

  2. Liloeejuno

    Tiens ! il me semble avoir vécu cette situation ………………!!!
    Quel désastre! quel naufrage !Quel deni de la démocratie! et pourtant quelques élus courageux repartent au service de leurs concitoyens avec leurs convictions chevillées au corps! il y a tant de choses à faire encore !

  3. E.M.

    Texte intéressant, mais pour le PS, il me semble que les choses sont plus simples : le candidat Hollande avait un programme socialiste qui pouvait être accepté par une grande majorité des « adhérents » du PS. Le Président Hollande, s’il a respecté ses promesses de réformes « sociétales », ne l’a pas fait pour le reste. Il mène aujourd’hui une politique que Sarkozy aurait pu mener et qui va à l’encontre de son programme notamment économique. Il n’a pas décidé de faire une grande réforme fiscale pouvant lui donner les moyens de faire une politique de gauche. Son ministre de l’Education Nationale ne respecte pas les enseignants. Beaucoup d’enseignants se sentent mépriser tellement Peillon avance sans rien écouter ! Ah si, il écoute nos élus anciens enseignants qui croient tout savoir sur tout en matière d’éducation… Il n’y a pas pire pour un enseignant en activité qu’un élu ancien enseignant qui veut se charger de réformer l’Education Nationale ! C’est une grave erreur que de taper sur sa base électorale… Jospin est au courant, Peillon devrait le rencontrer ! 😉 Le PS soutient officiellement la politique du Président Hollande. Il y a même des députés socialistes de la Gironde qui communiquent pour expliquer que cette politique est celle qu’il faut mener ! Il ne faut donc pas s’étonner si, à part les adhérents élus qui comptent garder leur place et qui savent bien que c’est grâce au parti qu’ils sont là où ils sont, il n’y ait plus que des « faibles » qui ont besoin d’un maître, qui peuvent rester au PS ! Oui, ceux qui continuent de croire aux idées et valeurs, vont voir ailleurs… Combats associatifs, syndicaux, etc. sont toujours à la mode… Et ça, c’est quand même rassurant ! Ni dieu, ni maître !

  4. rosière1938

    Il me semble en effet que par les temps qui courent, il ne fait pas bon s’afficher dans une famille politique.

    impossible de trouver un logo UMP sur le site de Juppé,
    Les logos PS et EELV sont tellement petits et en bas de page pour le site de Feltesse que j’ai failli les louper. Quand au tract de ville plus modeste, là aussi aucun logo, bien que le « futur maire » affiche le soutien de son prédécesseur qui lui ne cachait l’appartenance à de son parti. :-)!
    Ceux sont pourtant bien les appareils politiques qui les mettent en place.

    Alors messieurs les politiques, ayez le courage que les électeurs vous réclament ; le courage de la vérité.

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