L’industrie française va mal. Ce n’est ni une révélation ni une véritable information. Tous les Diaphoirus qui s’affichent sur les écrans ou sur les pages ont leur diagnostic parfaitement rodé : c’est le coût du travail ! Ils ressassent en boucle cette « vérité » comme celle du médecin qui tente de persuader le malade imaginaire que c’est le poumon dont il souffre ! « Le coût du travail vous dis-je ! »… et rien d’autre, car les médias français appartenant aux plus fortunés des industriels, ils ne peuvent que soutenir cette affirmation qui leur permet de défendre le credo ultra libéral du « travailleur » tuant l’économie réelle !
Les prévisions de l’observatoire de l’emploi et de l’investissement de Trendeo, société de veille et conseil, ne sont pas très optimistes sur le changement de cap, et donc sur l’avenir. Elles se basent sur les années passées et sur les dernières données mensuelles collectées, celles de janvier 2013. Le mois de janvier, avec les annonces de suppressions d’emplois de Renault, puis de Goodyear, est le plus mauvais depuis de longues années. On se penche toujours sur les effets, jamais objectivement sur les causes ! Le résultat est évident : le nombre de fermetures d’usines a progressé de 42% en 2012. Depuis janvier 2009, on compterait 1.087 fermetures d’usines (sites industriels employant plus de dix salariés).
L’industrie a ainsi perdu 23.897 postes en 2012. Entre 2009 et 2012, les pertes atteignent 121.946 postes. Mais sur le total, les chiffres de 2009 (qui était au pouvoir ? Pas le PS!) pèsent très lourd : l’industrie manufacturière avait enregistré près de 80.000 pertes cette année-là ! Pour mauvais qu’ils soient, ces résultats doivent donc être relativisés, puisque l’industrie était déjà sur un rythme de 500.000 emplois supprimés en dix ans. Ils montrent en revanche que le discours volontariste des pouvoirs publics n’a pas permis d’inverser la tendance.
Toutes les causes ont été évoquées, et rappelons que l’on a supprimé la taxe professionnelle (remplacée par encore plus de taxes!), parce qu’elle devait empêcher les délocalisations. Or, elles n’expliquent que pour une faible part les destructions d’emploi, car elles ne représentent que 3,1% des destructions dans l’ensemble de l’économie et 8,5% dans les industries manufacturières. A l’inverse, malgré leur médiatisation, les relocalisations ne constituent que 0,2% des emplois créés depuis 2009 et 0,6% dans l’industrie. Donc, la suppression de la TP sur les grandes entreprises n’a absolument rien changé au processus. En fait, les économies réalisées ont été simplement reconverties en profit pour les actionnaires !
Quant au « coût du travail » et aux terribles 35 heures, pas une seule étude sérieuse n’en fait la raison profonde de la désindustrialisation. Mais c’est toujours le rabâchage qui permet à la Droite du profit de transformer de fausses vérités en prêt à porter idéologique ! Et le pire, c’est que ça marche !
Il y a depuis quelques temps une autre analyse beaucoup plus crédible sur les motifs du fameux manque de compétitivité de l’industrie française : le niveau de l’euro ! Mais c’est tabou d’en parler, car il faudrait remettre en cause le rôle des pays rivaux de l’Europe sur les marchés financiers. Ils entretiennent de manière active ce niveau de la monnaie européenne, afin de maintenir leur faux niveau de compétitivité sur les marchés émergents.
L’euro vaut aujourd’hui 1,35 dollar. Il serait ainsi surévalué de 12%, selon les estimations des spécialistes. Ce niveau élevé de l’euro est encore plus préoccupant aujourd’hui que par le passé, car l’Europe est dans une phase d’austérité qui pèse sur la demande intérieure qui était, encore plus en France qu’ailleurs, l’un des moteurs de la croissance. Le secteur privé est incapable de se relancer et le secteur public en crise forte. Seule la demande extérieure peut favoriser la relance économique en zone euro. Or elle existe de moins en moins, avec des clients effrayés par les sommes à régler en euros sur les bases de conversions très défavorables.
La banque centrale européenne n’a pas d’objectif de taux et elle ne veut pas en fixer. Son seul objectif, fixé par les Traités européens, est de contenir l’inflation à un plafond proche de 2% à moyen terme. Un objectif incompatible avec une politique de taux nul et encore plus avec l’injection massive de liquidités dans l’économie. Résultat, l’euro s’apprécie au détriment des entreprises européennes exportatrices. A titre d’exemple: 10 centimes de hausse de l’euro, c’est un milliard de pertes pour Airbus. Est-ce que ces évolutions ne sont pas plus néfastes à l’industrie française que le coût du travail, la taxe professionnelle ou les 35 heures ?
L’Europe « laisse sa monnaie, l’euro, vulnérable à des évolutions irrationnelles dans un sens ou dans un autre », a déclaré François Hollande dans son discours devant le Parlement européen à Strasbourg. « Nous devons réfléchir à la place de notre monnaie, l’euro, dans le monde », a-t-il ajouté. Pour le président français, l’euro « ne peut fluctuer selon les humeurs des marchés. Une zone monétaire doit avoir une politique de change, sinon elle se voit imposer une parité qui ne correspond pas à l’état réel de son économie ». Qu’a répondu la Droite ultra-libérale à ce constat et à cette proposition ? Rien, car c’est une évidence. Seulement, il existe un handicap : la France seule devra subir, puisque l’Allemagne et les pays du Nord s’accommodent encore de ces taux qui leur permettent d’acquérir des matières premières à des niveaux encore convenable pour alimenter leurs industries lourdes. Et pendant ce temps, nous ramons pour mettre des rustines sur des fermetures d’usines ne recevant plus de commandes extérieures !
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Le coût du travail !
Quelle imposture !
Le travail ne coûte pas, il rapporte, la preuve c’est que les entreprises emploient encore du personnel (le moins possible).
La preuve, pour les cadres supèrieurs et les dirigeants, qui sont des travailleurs comme les autres, le soi disant coût du travail n’est pas pris en considération dans les calcul de leurs revenus faramineux.
Evidement, si l’on pouvait éradiquer le prix du travail, arriver à la gratuité des matières premières, éviter les frais de fonctionnement, la situation serait idyllique pour le patronat et les actionnaires.
Grand malheur ! Théoriquement l’esclavage est aboli, la piraterie n’a plus cours officiellement sous nos latitudes et il faut encore payer les travailleurs (le moins possible …).
extraits de l’interview de Paul Krugman Prix Nobel d’économie et chroniqueur au New York Times
« L’Allemagne a-t-elle une mauvaise influence sur l’Europe ? L’Allemagne croit que la rectitude et la discipline budgétaires sont la solution. Elle a tort. Leur histoire les pousse à proposer un mauvais remède. Les Allemands étaient en mauvaise posture à la fin des années 1990. Alors ils regardent ce qu’ils ont fait, comment ils sont parvenus à redresser leur économie et transformer des déficits en excédents commerciaux. Ils pensent appliquer leurs solutions à la zone euro. Mais, si tel était le cas, il faudrait trouver une autre planète pour exporter les produits de l’Europe !
Le problème de compétitivité viendrait donc de salaires trop élevés en Europe du Sud par rapport à l’Allemagne ? Au final, le problème est celui d’un déséquilibre des balances des paiements. Mais, si on prend l’exemple de l’Espagne, les salaires espagnols n’ont pas toujours été au-dessus de la moyenne. C’est un phénomène récent. Après la création de l’euro, il y a eu des afflux massifs de capitaux dans les pays dits à la périphérie de l’Europe qui ont provoqué une bulle du crédit. »
Pour d’autres experts la solution retenue pour faire face à la baisse des exportations c’est la solution mise en place à grande échelle en ESPAGNE. Il s’agit de la « dévaluation interne » (la baisse des salaires, l’accroissement de la flexibilité du marché du travail ainsi que la hausse du chômage) améliore la compétitivité espagnole et lui donne une chance de s’en sortir sans demander à bénéficier d’un plan de sauvetage. Sans signaler que cela se fait au détriment des autres partenaires de la zone euro, que cela fait au contraire plonger.
Et oui les magiciens de l’économie ( les déconomistes ) ont mis en place un système merveilleux qui fait de l’inflation sans compensation salariale ou plus exactement avec une baisse des salaires et des emplois. Sauf que l’effet pervers c’est moins de revenus = moins de consommation interne. Donc il faut EXPORTER, mais la solution miracle des déconomistes se répand dans le monde entier … Paul Krugman a raison « il faudrait trouver une autre planète pour exporter les produits de l’Europe ! ».
Ma conviction est que le monde libéral -basé sur la foi inébranlable que « la main invisible du marché va tout régler »- est en bout de course. Il va falloir construire le monde d’après et cela ne pourra se faire qu’après un cataclysme économique. Il faut malheureusement aller jusqu’au fond du puits pour donner le coup de pied salvateur.
Bonne journée
Il est étonnant que la France soit le seul pays ayant des difficultés avec un euros fort. Les allemands, les pays du nord et même l’Espagne, l’Italie présente une balance commerciale positive au du moins en amélioration même si l’euro est fort. Donc le problème n’est pas l’euro fort, mais plutôt un problème Français.
Il est certains que depuis le début de la crise l’ensemble des pays (japon, chine, USA) essaye de dévaluer leur monnaie pour relancer leur exportation pour compenser leur baisse de la consommation interne. La BCE a un mandat pour limité l’inflation (ceci car les allemands on été marqué par la forte inflation des année 30 et limité les augmentation de prix pour limité le besoin d’augmentation de salaire), mais pas un mandat pour le soutien à l’économie par une dévaluation de la monnaie.
Seulement le problème n’était-il pas que français. Nous avons un des taux de prélèvement total (IR, taxe indirect et direct, Sécurité sociale… ) égale à 56% de la richesse nationale, une des plus élevé au monde. Mais pourtant nous avons une dette représentant 86% du PIB et nous n’avons pas eu de budget de l’Etat en équilibre depuis 1974. Mais la redistribution de la richesse entre les classe sociales est l’une des meilleurs au monde.
Pourquoi les entreprises françaises souffre-t-elle d’un euro fort. La raison est simple, elles ont des marges plus faible que la moyenne européenne et donc sont incapable de supporter une baisse de leur marge si la monnaie progresse. Comment pouvoir redonner la marge à nos sociétés, on peut jouer sur deux principe : soit une diminution de l’impôt, soit une diminution du coût salarial (70% du chiffre d’affaire).
Dans tous les cas si l’on diminue l’un ou l’autre il faut compenser par d’autres prélèvement car l’état et les organisme sociaux sont trop déficitaire. Ce qu’il faut comprendre c’est pourquoi nous avons un tel niveau de déficit pour expliquer le problème de la profitabilité de l’entreprise et de l’euro fort.
Nous avons deux raisons, en premier le nombre de fonctionnaire en France est de 135 fonctionnaire par habitant, en Allemagne 112, en Grèce c’était 230 avant la crise.
Donc il est possible de faire un ajustement sur le nombre de fonctionnaire. L’explication du nombre important de fonctionnaire à une origine, c’est le nombre d’élu par habitant. Un élu entraine un nombre d’impôt, si nous avions moins d’élu peut être nous aurions moins d’impôt. Nous avons 108 élu pour 1000 habitants, le chiffre le plus élevé au monde (61000 élus). Nous avons 4 fois plus d’élu que les américains et beaucoup plus qu’en Allemagne. Ils n’ont pas toutes cette strate d’état/région/département/canton/commune mais un état fédéral/des landiers/commune.
Donc pour limiter l’impôt, il faudrait commencer par limiter le nombre d’élu, je ne pense pas que les allemands et les américains ne soit pas mal géré avec moins d’élus.
Il est nécessaire réduire la structure de l’Etat. Les allemand, le Danemark, la suisse, la Finlande, le canada, la Grèce, l’Espagne, l’italie, tous ces pays ont réduit leur effectif de l’état pour réduire leur déficit. Seul un seul pays se pleine de l’euro, un seul pays n’a pas réduire fortement ses effectif, un seul pays souffre est c’est la France.
Donc le plan d’action est le suivant :
1) Réduire la strate administrative : supprimer les département et limité les régions à une dizaine (l’Allemagne à 16 länder pour un pays plus grand que nous). Ce qui réduira le nombre de structure et on pourra réduire la charge de l’état et donc après réduire les impôt quand le déficit diminuera. Pour les entreprises ça sera plus simple que d’avoir 6 ou 7 interlocuteurs.
2) Il faut arrêté d’augmenter les salaires (le smic) en fonction de l’inflation, ça n’existe pas en Allemagne ce principe, c’est une négociation par syndicat dans le public comme dans le privé. Et il faut regarder c’est dernière année, l’INSEE a montrer que les fonctionnaire sont mieux payer souvent que le privé sauf pour les cadres. Comment peut on avoir des salaires plus élevé dans le public qui ne produit aucune richesse. Il faut comme dans les pays du sud de l’Europe réduire les salaires de 30% des fonctionnaire (le canada, la Finlande et d’autres sont passé par là aussi). Cette augmentation continu entraine une augmentation des impôts, des prélèvement (prix du transport en commun, du timbre….). Pour permettre au entreprise de refaire des marge et donc compenser la hausse des l’euros.
Cette réduction de progression salariale réduira le prix de l’immobilier et le prix du loyer, c’est de la déflation mais on ne peut pas continuer à augmenter nos impôts et nos salaires si on ne produit pas de richesse. On voit bien ça produit du déficit, c’est pas viable.
3) Une politique européenne : actuellement on renégocie de le budget de l’Europe. On parle d’union européenne, mais comment dire union quand le budget est égale à 1% de la richesse, dont la moitié sert à l’agriculture. C’est pas l’agriculture qui permet de créer 100% de la richesse, c’est la technologie, la recherche, la santé, le transport, l’énergie. C’est dans ces domaines que doit être consacré la dépense de l’union européenne pour plusieurs raisons. Donc un il faut un budget européens égale à 8 à 10% de notre richesse, c’est le cas pour tout fédéralisme (usa : 10%). Donc il faut abandonner des pant entier de notre souveraineté (budget de l’industrialisation, armée, une partie de l’éducation, la santé, la politique d’investissement, l’environnement) à l’union européenne. Quand on se marie on met tous en commun dans un couple, pas juste une casserole. Il faut un vrai budget qui permettra de faire des investissement qui seront bénéfique dans les années à venir (recherche sur les voiture électrique, investissement pour produire de l’énergie propre, recherche dans des matériaux de construction, recherche (santé, industrie, technologie) mais au niveau européen. On le voit Airbus est une réussite en commun, Ariane aussi. Il faut arrêter juste au palier de sa porte mais transféré des pans entier de souveraineté. Je suis européens avant d’être français, si je pouvais je renoncerais à ma nationalité pour prendre celle au douze étoile qui est mon vrai drapeau.