Alliés ? Ralliés ? Prévoyants ? Calculateurs? Collabos ?

Pour tenter de sauver ce qui peut l’être encore, le candidat-président, aligne au premier rang de ses réunions de campagne, des gens qui ont été ses adversaires ou qui l’étaient devenus. Ces brebis égarées illustrent à merveille le niveau actuel du Sarkozysme puisque tous viennent, d’une manière ou d’une autre, à la soupe et se moquent pas mal des discours de plus en plus destructeurs de leur mentor. Une bonne part de ces « renforts » à contre courant, a en tête le lendemain de l’élection présidentielle. Ils savent, s’ils sont députés ou s’ils aspirent à l’être, que les places vont être très chères, et que s’ils ne sont pas dans l’une des 70 circonscriptions entièrement dévolues à l’UMP dans toutes les configurations politiques, ils ont beaucoup des soucis à se faire. Chez les centristes, on va donc trouver deux catégories : ceux qui vont rester à la maison car ils n’ont aucune chance quand l’UMP aura mis en place ses candidats, et ceux qui ne pourront se sortir que difficilement d’affaire, avec la mansuétude de l’UMP. L’essentiel ne sera peut-être pas de gagner, mais surtout d’obtenir les revenus dont auront besoin leurs groupuscules pour subsister.

Le puzzle du « centre » est en effet menacé de disparition pure et simple si chacune de ses composantes n’obtient pas 1 % des voix dans au minimum 50 circonscriptions différentes. La première tranche – d’un montant de 33 millions d’euros en 2007 – est proportionnelle aux résultats obtenus par le parti aux législatives précédentes. Chaque formation politique, dans ce cas, touche 1,63 euros par voix obtenue, chaque année pendant cinq ans. Pour les partis ayant présenté des candidats exclusivement en outre-mer, l’accès au financement public est conditionné à l’obtention d’au moins 1% des suffrages exprimés dans l’ensemble des circonscriptions dans lesquelles ils se sont présentés. La deuxième tranche – d’un montant de 40 millions d’euros en 2007 – est proportionnelle aux nombre de parlementaires se déclarant inscrits au parti concerné. Bien évidement, tout ce discute et chaque UMP laissant une place peut garantir entre 25 000 et 65 000 euros par an à la formation qui obtient cette faveur. On voit donc des ralliements circonstanciels, qui vont reposer la question des principes qui régissent le soutien pécuniaire à la vie politique.

Comme la méthode Coué a ses limites, les prochains jours seront consacrés à ces tractations dans tous les états-majors et pèsera sur les ralliements locaux ou nationaux. Les ralliés de Sarkozy sont donc essentiellement des alliés naturels. Frédéric Nihous, président de Chasse, Nature, Pêche et Tradition n’a aucune autre existence politique que sous le giron de l’UMP. Idem pour Christine Boutin qui fit mine d’agiter sa dissidence le temps d’obtenir de Sarkozy son opposition publique au mariage homosexuel, mais elle obtiendra une part du gâteau de régime sec qui s’annonce. Hervé Morin avait été mis en minorité dans son propre groupuscule, et comme les rares députés de son camp ne veulent pas de concurrence UMP, il a tourné casaque !

Borloo ne veut pas trinquer, alors lui-aussi fait semblant de soutenir, en se taisant (et ce doit être douloureux lors de cette campagne du second tour), car il a absolument besoin d’un budget pour continuer à croire en son destin. Reste Rama Yade, l’ancienne égérie  prétendument frondeuse, que Nicolas Sarkozy avait propulsée au secrétariat aux Droits de l’Homme, juste à temps pour qu’elle puisse serrer la main du colonel Kadhafi, devenu meilleur ami de la France sarkozyste ! Elle avait quitté l’UMP pour le Parti Radical et, surtout, la candidature de Borloo. En octobre dernier, Sarkozy, tout occupé à réconcilier son camp, lui avait rendu hommage. A trois semaines du scrutin, la voici à Toulouse au premier rang, sans surprise. « Je ne suis pas une ralliée mais une alliée.» a-t-elle déclaré antérieurement. Qu’aurait-elle pu faire d’autre ? Personne, à gauche, ne veut d’elle. Elle ne représente plus rien, surtout après son aventure des listes électorales à Colombes.

A Toulouse, le candidat ex-président putatif exhibait sa dernière merveille du monde (mais où est passé Besson ? ) en donnant la parole à… Claude Allègre ! Une prise de choix quand on sait la popularité de l’ex-dégraisseur de mammouth dans l’opinion publique ! Il porte une grande responsabilité dans l’échec en 2002 de Lionel Jospin qu’il avait fortement desservi lors de son passage au ministère de l’Éducation nationale. Déjà responsable de la suppression des écoles normales quand il conseillait le Ministre Jospin, il avait simplement mis en place un « hors d’œuvre » de la politique, ensuite menée par la Droite « anti-école publique ». Il ne pouvait donc que finir à droite et même, en cautionnant des propos d’extrême-droite, il cautionne un comportement sarkozyste que tout enseignant digne de cette fonction devrait viscéralement condamner. « Ce n’est pas moi qui ai parlé d’un capitaine de pédalo dans la tempête, mais l’image est proche de la vérité », a lancé, citant Jean-Luc Mélenchon, l’ex-ministre pour qui élire François Hollande, « qui n’a aucune expérience », serait « mettre un débutant à la tête de l’État ». Claude Allègre, dont c’était le premier discours dans un meeting de Nicolas Sarkozy, a assuré garder ses convictions (sic) et délivré un brevet de démocratie au président sortant : « Ma simple présence garantit que cet homme est un démocrate total. » Ouf ! On va le croire ! Un mammouth de connerie !

Quant à Bockel de la « Gauche moderne » pseudo groupuscule sans un euro, il a déclaré à Toulouse sans ambages : « Parce que nous sommes authentiquement de gauche, le 6 mai nous voterons Nicolas Sarkozy ! » Là c’est certain, il aura le prix de la cagouille d’or 2012, après Lefevre et Morano, que l’on décerne à Créon, à ceux qui « bavent » le plus abondamment sur les autres pour exister ! Çà sent vraiment une période noire de l’histoire et un certain Adrien Marquet !

Cette publication a un commentaire

  1. Christian Coulais

    Afin d’éviter l’éperon de la gauche dite moderne qui cache l’iceberg « fondant » de l’UMP, à gauche toute mon capitaine ! Y’en a marre de ces vociférations de second tour, où les hyènes chouinent à tout va !
    Dans 8 jours EJECTION ! pardon élection.
    Et le Capitaine NS ira pondre avec ses alliés, ralliés, prévoyants, calculateurs, collabos, ratés, rateurs, sur ce glaçon fondu, leurs oeufs de LUMP.

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