Il va falloir sérieusement expliquer à quoi ont servi des mois et des mois de palabres pour satisfaire les agences de notation sur les dettes des États. On engloutit des milliards d’euros dans le puits sans fond d’un système, qui serait sauvé…si l’on en croit le concert des dirigeants de droite européens. Les gens qui comptent (mal depuis quelques années) ont peu ou prou proclamé cette semaine la fin de deux années de phase aiguë de crise de la dette et de craintes autour de la survie de la zone euro. Ils auraient réussi à escamoter les inepties financières du monde du profit virtuel et donc il est temps de tourner la page.
« Nous ne sommes pas sortis de la crise économique, mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière » qui « aurait pu emporter la zone euro et toute l’Europe », a estimé le candidat président français Nicolas Sarkozy à l’issue du sommet européen à Bruxelles, sans ajouter, heureusement, « grâce à moi! ».
« Je ne dis pas qu’on est sorti de l’ornière mais il y a un tournant dans la crise », lui a fait écho le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, tandis que celui de la Commission, José Manuel Barroso, parle d’un « changement de perspectives ». Ouf ! Ils ont réussi à sauver les banques et les spéculateurs que les notations des agences commençaient à angoisser.
Seulement il reste un problème : rien n’est semble-t-il réglé en Grèce ! Les milliers de « cadavres sociaux », victimes innocentes de la peste spéculative, jonchent les rues et les chemins mal entretenus de ce pays, et toutes les mesures prises à grand renfort d’étranglements successifs se révèlent non satisfaisantes pour les contrôleurs des gestions publiques.
La stratégie des Européens a changé avec le temps et consiste désormais à l’isoler encore plus, via la construction d’un cordon sanitaire autour d’Athènes. Un nouveau plan de sauvetage grec géant pourrait être finalisé dans les dix jours. Le résultat d’une opération de réduction de la dette du pays, détenue par les banques, à hauteur de 107 milliards d’euros, sera connu le 8 mars. Il faut que 66% au moins d’entre elles acceptent de perdre 73% de la valeur de leurs créances. Si tel est le cas, le lendemain la zone euro donnera son feu vert à un programme de prêts de 130 milliards d’euros, avant que le FMI ne se réunisse pour décider du volume de sa contribution à ce plan… Encore un trou creusé pour boucher un trou plus grand.
L’agence Moody’s n’a cure de ces promesses insensées. La fameuse note souveraine de la Grèce a été abaissée de « Ca » à « C », soit le plus bas niveau de son échelle de notation, après l’accord intervenu sur l’échange de dette, négocié dans le cadre du deuxième plan de sauvetage. Autant dire que cet accord est considéré comme sans aucune valeur par les marchés qui veulent encore s’engraisser sur le dos de la zone euro !
Cet échange de dette qui implique une perte attendue dépassant 73 % pour les investisseurs, correspond selon les critères de l’agence à une note ‘C' ». « La décision parallèle de ne pas assigner de perspective sur la note grecque est basée sur la très forte probabilité d’un défaut de l’État grec sur ses obligations, et sur le fait que ‘C’ est la note la plus basse sur l’échelle de Moody’s »… Il faut donc m’expliquer à quoi à servi tout le cinéma politique autour de la situation grecque. L’assassinat économique, avec un peuple saigné à blanc, n’a eu aucun effet ! Moody’s arrive après Standard & Poor’s qui avait abaissé la note de la Grèce à « SD » (Défaut Sélectif), et après Fitch Ratings qui a aussi attribué la note « C » à Athènes… En attendant, les plans d’austérité drastiques et même dramatiques se succèdent en pure perte puisque le pays ruiné ne pourra jamais faire face au remboursement d’une dette qui est, dès l’origine, spéculative.
L’opération dite de sauvetage qui a été imposée doit permettre à la Grèce de réduire son endettement public de 100 milliards d’euros sur un total de plus de 350 milliards d’euros. Moody’s doute toutefois que cela suffise à régler les difficultés du pays : « le plan de l’Union européenne et l’offre d’échange de dette va réduire le fardeau de la dette de la Grèce, mais le risque d’un défaut, une fois que l’échange de dette aura été mené à bien, reste élevé » écrit l’agence de notation. Alors, que reste-t-il à faire puisque, faute de ressources, la Grèce restera de toute manière insolvable, car son stock de dette continuera à dépasser largement 100% de son PIB pendant plusieurs années; et il est peu probable que le pays puisse accéder au marché de l’endettement privé une fois que le deuxième plan d’aide arrivera à son terme. En conséquence, ses projets de réformes économiques et budgétaires feront toujours face à d’importants risques dans leur application.
Une faillite de la Grèce génèrera des coûts pour l’économie mondiale de plus de 1.000 Milliards d’euros, selon un rapport de l’organisation bancaire internationale, mais personne n’en parle. Motus et bouche cousue !
La Banque centrale européenne sera particulièrement touchée par un défaut incontrôlé d’Athènes, de par son exposition à la dette grecque, mais aussi par les mesures qu’elle devrait prendre pour éviter une contagion de la crise aux autres « maillons faibles » européens. Par ailleurs, un défaut de paiement grec menacera directement de déstabiliser le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne… et la France à plus long terme ! Mais à Bruxelles, la méthode Coué se décline dans toutes les langues. Surtout à l’approche DES élections…
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Et les élections en Grèce s’annoncent chaudes, avec des partis de « vraie Gauche » qui totalisent plus de 40% des intentions de vote! Pas pour rien que la Troïka au pouvoir là-bas renâcle à les organiser….
Bonjour,
La chancelière allemande Angela Merkel et ses homologues conservateurs italien, espagnol et britannique se sont entendus pour refuser de recevoir le candidat socialiste à l’élection présidentielle en France, François Hollande, affirme le magazine Der Spiegel à paraître lundi.
Radio sarko ment!
Radio sarko ment!
Radio sarko est Allemand!
Et voici le « crime de hollande »:
D’après l’hebdomadaire, les dirigeants conservateurs sont «scandalisés» par la déclaration du candidat socialiste sur une renégociation du pacte fiscal, une pièce centrale du sauvetage de la zone euro.
Toopty1er : » La France Francfort (-sur- le-Main) ».
bon dimanche