Trois indices viennent de mettre une touche de réalité sur la situation de notre pays. Elles sont éparpillées au fil de l’actualité mais pas mises côte à côte comme autant de signes avant-coureurs d’une aggravation d’un contexte que l’on tente de masquer comme ces plombiers de dessins comiques tentant de boucher les fuites avec les doigts et les orteils.
D’abord la mauvaise nouvelle est venue d’un enquête sur le moral de la population. Ensuite les cires de l’inflation viennent de tomber juste avant ceux du chômage. Il faut enfin y ajouter la baisse incontestable du pouvoir d’achat et la perspective d’une pénurie dans de nombreux secteurs du quotidien. Cette accumulation n’a jamais été aussi angoissante mais le mois de mai est un excellent créneau avec ses ponts pour la diluer dans le flot de préoccupations moins prenantes.
L’Insee a tiré la sonnette d’alarme. Les conflits et instabilités provoqués par « Schtrumpf l’inconstant » et la perspective d’une élection présidentielle incertaine diminuent la confiance des ménages français. Celle-ci a connu une forte dégradation en avril, sa plus forte baisse depuis mars 2022 et le début du conflit russo-ukrainien. L’’indicateur qui mesure la confiance des ménages a perdu 5 points en avril par rapport à 84 antérieurement, après s’être déjà légèrement replié le mois précédent à 89, ce qui l’éloigne encore plus de sa moyenne de longue période (100 entre janvier 1987 et décembre 2025). Il tombe ainsi à son plus bas niveau depuis mai 2023. Ce constat a un impact direct sur le comportement des foyers des classes moyennes et aisées : elles tentent de préserver leur avenir par l’épargne. Elles réduisent leur consommation.
Si cette tendance se confirme les conséquences à moyen terme seraient préjudiciables aux rentrées fiscales d’un État déjà victime de sa stratégie des taxes à la consommation. Ainsi la TVA ressource principale de la puissance publique nationale s’érode. La crise du carburant a certes augmenté la collecte en raison de la hausse du prix mais comme les automobilistes économisent au maximum et les pertes sont supérieures avec la Taxe sur les Produits pétroliers qui s’évapore. Je l’ai maintes fois dénoncé sans risque d’être entendu ou écouté.
Sur les dix premiers jours de mai, l’État a enregistré 300 millions d’euros de baisse Les français utilisent moins leur voiture quand ils le peuvent, privilégient davantage les transports collectifs, le covoiturage, le télétravail ou encore le train. Or la TICPE est redistribuée pour une bonne part vers les départements déjà mal en point qui ne parviennent plus à répondre aux besoins des populations en situation de précarité. Les dotations risquent bien de s’en ressentir sauf si l’État emprunte toujours plus pour combler sa perte de recettes. Bercy ne tiendra pas le budget 2026 et donc le déficit reviendra en force.
L’autre reflet de la faillite du système ultra-libéral pointe le bout de son indice. L’inflation est repartie et n’est pas pas prête de s’arrêter. En seulement trois mois, les prix à la consommation ont augmenté de 3% en France et selon l’Insee, en France, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2% sur un an avril. Cette hausse de l’inflation s’explique de nouveau par la forte accélération des prix de l’énergie (+14,3% après +7,4%), en particulier de ceux des produits pétroliers (+31,4% après +18,1%). Les prix des services accélèrent légèrement sur un an (+1,8% après +1,7%).
À l’inverse, les prix de l’alimentation ralentissent sur un an (+1,2% après +1,8%). Ce n’est pas bon signe car les producteurs se retrouveront vite en difficulté. Un producteur d’asperges ne ramasse plus la récolte dans les Landes car elle lui est payée seulement 4 € le kilo ce qui ne couvre pas ses dépenses. Il en de même pour les fraisiculteurs. Certains produits manufacturés baissent légèrement plus vite qu’en mars (-0,6% après -0,5%) mais c’est provisoire. On augmentera le Salaire minimum mais comme à l’habitude ça ne compensera pas les hausses des prix et la pouvoir d’achat des classes les plus modestes s’en ressentira. L’inflation ne faiblira pas en 2026 et toutes les prévisions seront fausses.
Comme le chômage s’emballe les rentrées des cotisations sociales tant pour les retraites que pour la sécurité sociale se tassent allègrement. On n’embauche plus surtout les jeunes qui entrent maintenant dans la vie active stable en moyenne à 27 ans ! A un an des élections présidentielles cette catégorie d’âge se retournera c’est certain contre le pouvoir qui ne sait toujours pas inciter les entreprises à faciliter les débuts des chercheurs d’un premier emploi.
La part de la population active sans emploi a atteint 8,1 % au premier trimestre 2026, son plus haut niveau depuis cinq ans. Les chiffres du chômage, en progression depuis fin 2024, ont augmenté de 0,2 point sur trois mois, et de 0,7 point sur un an. Cette hausse se répercute sur l’ensemble des classes d’âge, même si les 25-49 ans sont les plus impactés (+ 0,6 point). Au total, 2,6 millions de personnes sont en recherche active d’emploi, dont 68 000 de plus depuis janvier. Et les répercussions du conflit au Moyen-Orient ne sont pas encore perceptibles. Aucune réforme de fond… en vue. Et les nuages s’amoncellent. Heureussement il y a l’hantavirus et la gastro-entérite ce les croisièristes !
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