Alors que le gouvernement espère un accroissement des dépenses pour améliorer ses recettes via la TVA , les Françaises et les Français pulvérisent les dépôts sur leurs comptes d’épargne ou leur assurance-vie. Cette tendance reflète la défiance grandissante sur l’avenir. Ils ne savent vraiment pas de quoi demain sera fait et prennent des précautions. Le « au cas où… » devient un slogan politique. Bien évidemment cette attitude ne concerne que les personnes ayant les moyens de dégager de leurs ressources un petit excédent à placer. Paradoxalement ce ne sont pas toujours les plus aisés. Les « pensionnés » entrent dans cette catégorie. Non pas parce que leurs ressources sont exorbitantes mais surtout en raison des restrictions qu’ils appliquent à leurs dépenses.
En effet nous entrons dans une spirale où les budgets des « travailleurs » sont amputés par des contraintes financières diminuant leurs disponibilités. Le montant des loyers, le coût des trajets pendulaires domicile-travail, les obligations liées à la couverture des dépenses de santé, l’inflation sur les produits indispensables du quotidien…altèrent considérablement la capacité à épargner. Encore une fois ce phénomène concerne surtout les zones périurbaines ou rurales et explique en grande partie les réactions de dépit de certain s électeurs. Encore une fois il faut aller chercher chez Coluche une expression synthétisant cette situation : « Quand j’étais petit, à la maison, le plus dur c’était les fins de mois… Surtout les trente derniers jours ! »
On s’oriente pourtant vers des dépôts record. 7,1 milliards d’euros : c’est en effet la somme impressionnante que les Français ont investie sur leur assurance vie en février, un montant record pour le mois, jamais vu depuis 20 ans. Plus largement, ils se tournent de plus en plus vers l’épargne, en mettant de côté 18,3 % de leurs revenus bruts selon INSEE. Pour placer leur argent, de nombreux produits sont plébiscités, comme l’assurance vie (voir ci-dessus), le livret de développement durable et solidaire ou même le livret A, malgré des taux diminués ces deux dernières années.
En 2025 la collecte nette avait atteint 50,6 milliards d’euros, en forte hausse, retrouvant des niveaux historiques. Pour l’année en cours on est parti pour un niveau record. En tout, l’encours des contrats d’assurance vie se porte à 2 143 milliards d’euros à la fin du mois de février. Un nombre en hausse de 5,4 % sur un an. Il faut rapprocher ce seul chiffre de celui de la dette qui atteint un peu plus de 3 500 milliards. Il faut rajouter à l’assurance -vie les autres outils d’épargne ce qui réduit encore l’écart puisqu’on évalue à 3 000 milliards ! Au total selon une étude du Trésor le patrimoine financier des ménages français s’élève à près de 6.600 milliards d’euros. Chut il ne faut pas trop le dire car ce pactole tôt ou tard intéressera le pouvoir. !
Cette situation inquiète Bercy. Le nombre des crédits à la consommation baisse. Les achats stagnent. Les investissements se restreignent. L’année des élections municipales reste historiquement très faible en matière d’ouverture de chantiers. La grande majorité des collectivités territoriales voteront leurs budgets très prudents fin avril et ne lanceront pas beaucoup de chantiers en 2026. On oublie souvent que l’argent public revient directement ou in directement dans l’économie. Les communes, les intercommunalités, les départements ou les régions n’épargnent pas. Les restrictions qu’elles se préparent à mettre en œuvre vont ajouter à la faiblesse des dépenses des foyers. La fameuse croissance s’en trouver affectée.
Les montants des dépenses d’achat ou de construction sont conséquents : les investissements publics locaux s’élèvent à près de 68 milliards en 2024. Imaginer les financer sur une épargne préalable (c’est-à-dire les autofinancer) est illusoire, d’autant que les placements ne sont pas possibles pour une collectivité (sauf rares exceptions). Toute trésorerie excédentaire doit être déposée au Trésor public et aucune rémunération n’est prévue. Il faut donc souvent emprunter et les taux actuels ne sont pas les meilleurs.
La guerre du Golfe accentue cette double tendance de restriction des dépenses et de mise à l’abri de fluctuations des moyens financiers. Certains appellent ça « un manque d’audace » alors qu’il ne s’agit que d’une prudence élémentaire. Une étude de la Fondation Jean Jaurès intitulée « Face à la « grande transmission », l’impôt sur les grandes successions » met en avant l’ampleur d’un phénomène : la génération issue du baby boom devrait transmettre environ 9 000 milliards d’euros d’ici 2040. Pour 2025, le montant transmis aux héritiers a été de 464 milliards d’euros, avec une hausse attendue de près de 50 % d’ici 2040. De quoi avoir le tournis !
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Bonjour,
selon Ipsos, un climat d’instabilité politique inédit s’est installé en France : la succession de quatre gouvernements en un peu plus d’un an, les difficultés parlementaires autour du vote des lois de finances, et la dégradation de la notation souveraine du pays ont profondément marqué les esprits. Une large majorité de Français se déclare ainsi fortement préoccupée par la situation de la dette et du budget de l’État, tant pour la stabilité économique du pays (84%) et la pérennité du système de santé et de protection sociale (84%), que pour la sécurité et la performance de leur propre épargne personnelle (66%).
Cette incertitude généralisée trouve un écho direct dans les comportements des Français, qui réorientent leurs stratégies d’épargne. En effet, plus de la moitié d’entre eux (56%) déclarent que l’actualité économique et politique des deux dernières années a influencé leurs choix en la matière. Cette proportion atteint même 65% parmi les personnes disposant d’un patrimoine de 50 000€ ou plus.
Ceux qui ont adapté leur stratégie déclarent surtout avoir épargné davantage par crainte de l’avenir (44%), et s’être tournés vers des produits plus sûrs (40%). Si cette prudence accrue apparaît comme une réponse légitime à l’incertitude ambiante, elle n’en constitue pas moins un frein potentiel pour la dynamique économique, en bridant la consommation et en compromettant les perspectives de croissance du pays.
Le dernier moteur de l’économie est en voie d’étouffement, brillant résultat du Mozart de l’économie aussi myope qu’une taupe et aussi versatile qu’une girouette. Son étincelante politique étrangère à fait de notre pays la risée du monde entier de Put1 avec sa table à rallonges à Tromp qui le prend par la main en passant par l’Afrique où les affairistes et militaires Français sont persona non grata.
Partout dans le pays le consentement à l’impôt fond comme neige au soleil. Les facilités fiscales de l’assurance vie drainent l’épargne comme un chalutier sur les fonds marins. L’assurance démarre l’année 2026 sur les chapeaux de roue. Après 6,2 milliards d’€ en janvier, la collecte nette atteint, en février, un haut niveau de 7,1 Mds€. Cette collecte a été réalisée avant le déclenchement de la guerre en Iran, intervenue le 28 février dernier. « Elle n’a pas été affectée par la baisse des valeurs boursières », souligne Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne. Avec plus de 2 100 milliards d’euros d’encours en octobre 2025, l’assurance-vie confirme sa place dans le classement des placements préférés des Français. L’assurance-vie est loin d’être aussi transparente que l’on ne le croît en fait en voici les principaux avantages.
L’assurance vie permet de placer et faire fructifier son argent tout en offrant une grande flexibilité de supports d’investissement et des options adaptées à votre profil. Sa popularité s’explique en partie par l’outil puissant de transmission qu’il représente. Sa fiscalité avantageuse après 8 ans, et la possibilité de retrouver son argent à tout moment, en font un produit à la fois souple et performant pour sécuriser et valoriser son épargne. L’assurance vie est une enveloppe d’épargne offrant des avantages fiscaux lors de succession ou de rachat, la distinguant d’un compte bancaire classique. C’est l’argumentation principale des banksters pour vous en vendre. Méfiate toujours car l’assurance vie, bien qu’elle soit populaire, est souvent confondue avec une assurance temporaire décès.Cette dernière est un contrat de prévoyance qui permet à vos proches de toucher une certaine somme, prévue au contrat, lorsque vous décédez. La somme payée chaque mois pour ce contrat est dite « perdue », c’est-à-dire qu’elle ne fructifie pas, mais va directement dans les caisses de l’assureur.
En gros les vrais assurances-vie sont de deux types
– Les fonds en euros : ils offrent une garantie sur les montants investis, ce qui signifie que vous ne pouvez pas perdre votre argent. Cependant, ils présentent un rendement relativement faible, surtout en période de faibles taux d’intérêt.
– Les unités de compte : ce sont des supports plus risqués, car non garantis, mais potentiellement plus rentables. Il s’agit d’actions, d’obligations, d’ETF (exchange traded fund), de parts de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier), d’OPCVM (organisme de placement collectif en valeurs mobilières), de FCP (fonds commun de placement), de Sicav (société d’investissement à capital variable), etc. Leur valeur fluctue en fonction des marchés financiers, ce qui peut entraîner des gains, mais aussi des pertes. Ce type de support permet de diversifier les investissements et d’augmenter le potentiel de rendement.
– Beaucoup de contrats sont des hybrides qui panachent les deux types de placements cuisinés par les banksters en fonction de leurs propres intérets et un petit peu ceux du client. À titre indicatif, en 2024, les fonds en euros ont réalisé une performance moyenne de 2,5% contre 4,1% pour les unités de compte.
Un des gros atouts de l’assurance vie est son pouvoir de transmission. En effet, le titulaire peut désigner dans une clause bénéficiaire une ou plusieurs personnes qui recevront à son décès les sommes placées et ayant fructifié. Avantage considérable : les primes versées avant 70 ans n’entrent pas dans la succession, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas intégrées à l’actif successoral pour être partagées entre les héritiers. Le détenteur peut donc choisir de transmettre son argent à qui il le désire, indépendamment de son lien ou degré de parenté. De plus, les bénéficiaires peuvent recevoir jusqu’à 152 500 euros, sans aucune taxation. Voila qui réjouit Braun-Pivet avec l’héritage en ligne de mire ;-)).
Il faut être vigilants avec les investissements en UC (unités de comptes) une astuce de bankster que l’on peut expliquer simplement par un exemple, considérons un investissement initial de 15 000 euros en UC. Imaginons que cet investissement soit réparti sur des supports immobiliers représentés par 300 unités de compte valant 50 euros chacune. Si la valeur de ces UC augmente de 5%, vous possédez toujours les mêmes 300 UC, mais leur valeur unitaire est maintenant de 52,5 euros. Ainsi, votre investissement vaut désormais 15 750 euros (300 x 52,5). Mais, tout comme elles peuvent s’apprécier, les UC peuvent également se déprécier. Si la valeur des UC chute de 5%, chaque unité ne vaut plus que 47,5 euros, et votre investissement total tombe à 14 250 euros (300 x 47,5). Mais qui gère les placements en UC? A titre d’exemple, Suravenir, CNP Assurances ou encore Groupama proposent des fonds de BlackRock et JP Morgan Asset Management parmi leurs supports en unités de compte (UC) dans leurs contrats d’assurance-vie. Donc l’épargne des Français via les assurances-vie en UC alimente l’économie mondialisée par les banksters U$ ( souteneurs financiers des politiques d’agression Trompiste). BlackRock est le numéro 1 mondial de la gestion d’actifs : 10 646 milliards de dollars fin juin 2024, un record. La richesse produite en 2023 en France, à titre de comparaison est de 2 806 milliards d’euros : c’est dire ! BlackRock propose et investit dans toute la gamme de placements qu’il s’agisse d’actions, d’obligations, de produits alternatifs, même si la société est très connue pour son offre d’ETF (exchanged-traded funds, produits d’investissement low cost dupliquant des indices boursiers) avec un encours de 3 886 milliards de dollars à la fin juin 2024.
Malgré tout, BlackRock n’est pas le propriétaire de ces fonds : l’entreprise agit pour le compte d’autrui, celles et ceux qui placent leur argent et décident sur quel type de support ils souhaitent se positionner. Son chiffre d’affaires propre, principalement composé des frais de gestion de ces actifs, n’est « que » de 18,6 milliards de dollars pour un bénéfice de 5,5 milliards en 2023.
Donc pour faire dans la caricature, plus l’atmosphère est anxiogène et plus les Français épargnent et plus il a d’argent pour faire la guerre … Et enrichir les banksters.
Bon repos de fin de semaine
Est-ce qu’il ne serait pas judicieux que l’État lance un grand emprunt pour capter cet argent et l’investir dans les secteurs qui sont stratégiques et indispensables pour notre pays ?
Sereins, tranquillisés par la garantie de l’État, mobilisés par une bonne promotion, je suis certain que les Français seraient ravis de réorienter leur épargne pour contribuer à la relance de leur pays…
@ Philippe bonne idée tellement pleine de bon sens sauf que comme je l’ai (trop longuement) exposé les intérets des gestionnaires U$ ne supporteraient pas ce genre de concurrence. Les trois premiers émetteurs d’ETF, BlackRock, Vanguard et State Street, gèrent à eux seuls les deux tiers des encours mondiaux. Les ETF, ou fonds indiciels négociés en bourse, ont connu une croissance exponentielle depuis leur création dans les années 1990.
Aujourd’hui, les encours totaux investis en ETF s’élèvent à près de 10 000 milliards de dollars (fin 2022), soit une augmentation de plus de 30 fois depuis 2000. La puissance de ces institutions est colossale Blackrock à lui tout seul brasse 10 646 milliards de dollars soit plus de 3 fois le Pib de la France 3 366 milliards de dollars. Larry Fink n’est pas l’homme le plus riche des États-Unis; les patrons de la tech le sont personnellement beaucoup que lui, mais Larry Fink manie et contrôle sans doute les leviers financiers les plus puissants du monde. Vous imaginez bien que lorsque Larry Fink murmure quelque chose, le méprisant écoute religieusement le petit doigt sur la couture de son pantalon. C’est aussi la raison qui a fait que les assurances-vie peuvent être souscrits en valeur €, mais pas pour financer les déficit des états… Si les Français étaient propriétaires de la dette de notre pays, les intérets de la dette profiteraient aux Français qui pourraient les réinvestir chez nous. Une perspective inacceptable pour les banksters qui perdraient alors leur levier principal pour mettre à genoux les peuples par la dette.
Cordialement