Hier j’évoquais dans « Roue Libre » la multiplication des normes. Elles ont parfois leur utilité dans le processus de la transition énergétique mais elles mettent en péril bien des foyers qui ont investi quelque fois dans des installations devenant obsolètes par la magie d’un chiffre glissé dans un texte. Les automobiles sont ainsi rappelées par des constructeurs pris au piège de leurs tricheries ou de leurs économies sur les composantes du véhicule. Les appareils électroménagers venus de nulle part car passés par différentes contrées pour obtenir un label fictif, pullulent. La confiance s’étiole. Désormais il faudra se préoccuper du chauffage au bois. Une réglementation est en effet annoncée pour 2027.
Une nouvelle norme européenne alimente en effet un débat autour du chauffage au bois. Beaucoup de Français ont en effet intérêt à se préoccuper dès maintenant de la conformité de leur installation car il y aura des prescriptions sur l’utilisation du bois pour se chauffer et commence à s’installer l’idée que les poêles seront bannis à brève échéance. Comme sur de nombreux autres sujets il s’agit pourtant d’une fausse information qui ruisselle et devient une vérité.
En réalité, seule une partie spécifique des équipements serait concernée par ces changements car l’objectif premier de l’agence européenne demeure la réduction des émissions polluantes, un enjeu environnemental devenu majeur aujourd’hui. Autrement dit, ce sont les appareils les plus polluants, ceux nuisant à la qualité de l’air via leurs émissions de particules fines et de monoxyde de carbone, qui sont visés et devront disparaître. Enfin quand la réglementation sera applicable en France. Des équipements récents risquent pourtant bel et bien d’être déclarés non-conformes.
Il faut en effet savoir que si le bois de chauffage, les pellets, les briques représentent une énergie supposée renouvelable, il n’en demeure pas moins polluant. Cette combustion selon la méthode de brûlage utilisée est la première source d’émission de particules fines. Elle en est responsable de 46 % des dégagement de PM2,5 et PM10 (particules responsables de problèmes de santé respiratoire et cardiovasculaire). Sur certaines zones urbaines la poids de la pollution via les cheminées selon la pression atmosphérique, constitue un enjeu majeur pour l’environnement.
De fait, l’Union européenne veut renforcer de façon générale et progressive ses exigences environnementales en matière de chauffage afin de réduire la pollution de l’air, précisément en hiver. Elle prévoit donc la mise en place de normes plus strictes, notamment en ce qui concerne une certification concernant les équipements de chauffage les plus performants et les moins polluants, pour inciter tout un chacun à remplacer son système de chauffage par un modèle plus récent et labellisé.
Les cheminées traditionnelles à foyer ouvert (surtout elles), les poêles à bois ou à granulés anciens peu performants, les inserts ou foyers fermés ne respectant pas les nouvelles normes d’émission de particules fines et de monoxyde de carbone et les chaudières à bois anciennes au rendement peu élevé et avec un niveau d’émission de particules fines dépassant les seuils autorisés, risquent donc l’exclusion du marché. Bien évidemment le problème du contrôle se posera tôt ou tard. Au Canada par exemple il est confié aux assurances habitat qui ne couvrent pas les équipements jugés non-conformes.
Les cheminées à foyer ouvert, malgré leur indéniable charme de type « bonne flambée », sont particulièrement dans le collimateur car elles génèrent souvent davantage d’émissions polluantes. Leur fonctionnement entraîne une combustion partielle et mal contrôlée, augmentant de fait les rejets dans l’atmosphère. En sus, elles transforment difficilement l’énergie du bois en chaleur utile. À partir de 2027, leur installation sera impossible et il sera recommandé de les convertir en inserts fermés afin de poursuivre leur utilisation. Adieu le cocooning au coin de l’âtre !
Un autre problème existe : celui de la qualité du bois. Par souci d’économie souvent les foyers sont alimentés par des matériaux de récupération. Palettes usagées, mobilier cassé, poteaux, bois divers pour l’allumage (cagettes) contiennent des produits chimiques de traitement contre la putréfaction et en plus des particules fines leur combustion dégage des gaz encore plus dangereux. Malgré des réglementations on continue à faire feu de tous bois ! Il sera certainement exigé un label pour le combustible.
Le paradoxe c’est que par exemple de vastes opérations de destruction de sous-bois ou de forêts sont en cours. On broie des hectares d’arbres ou de taillis pour confectionner des pellets ou des briques. Le hic c’est que l’on remplace, hêtres, charmes, châtaigniers, jeunes chênes, peupliers par la plantation de… pins. Les ponctions sur des végétaux renouvelables utiles même modestement à l’approvisionnement du chauffage au bois sont donc « compensés » par des résineux inutilisables dans les poêles ou les cheminées. Comprenne qui pourra…
La France est un grand pays forestier avec 17,5 millions d’hectares en métropole, soit 32% du territoire métropolitain. Un patrimoine gigantesque qui mériterait d’être géré et surtout préservé. Par qui et comment ? C’est la question…
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En ce moment, je me chauffe à l’ âtre, mais surtout à l’ hêtre, j’ ai la chance d’ avoir de l’ hêtre gratuitement grâce à un autre être, en l’ occurrence le frangin qui a dut en faire tomber un chez lui.
Ça mange pas de pin de bruler de l’ hêtre finalement.
Je trouve du charme à bruler du chêne également, même si le peuplier rentre plus facilement dans mon poêle STUV à haut rendement.
Ce mode de chauffage est en complément de mon chauffage au gaz de ville et en fonction de son usage fait varier ma note chez Engie, Engie.
En tout cas, je salue la formidable obstination mise en œuvre pour emmerder les citoyens lambda qui en ont plus que ras le bol de toutes ces et normes mitées.
Cordialement .
Bonjour Jean-Marie !
Allons, J-M, mal dormi cette nuit ? Intoxiqué par les fumées de Crans-Montana ? Ou redevenu fidèle de l’hidalgo parisienne (bientôt au chômage?) même si elle fut, en son temps « verdissant », raillée par la vendéenne ?
«si le bois de chauffage, les pellets, les briques représentent une énergie supposée renouvelable » : mais, La Classe, ça repousse ! ! Bon ! Il faut 30 à 40 ans avant d’y remettre la tronçonneuse mais pas de travail, pas d’engrais et en prime, ça fixe le gaz carbonique ! ! !
«il n’en demeure pas moins polluant. »Mais alors, Cromagnon, dans sa grotte au mauvais tirage et son bois pas trop sec a commencé à polluer la planète : vite, un procès !
Une image plus contemporaine m’a frappé : 17 mars 2020 confinement covid : le lendemain, malgré les cheminées (hiver), les parisiens découvrent, ébahis derrière leurs rideaux, que leur ciel est …d’un bleu azuréen ! Bizarre, bizarre mais chutt !
« Les cheminées traditionnelles à foyer ouvert (surtout elles) … avec un niveau d’émission de particules fines dépassant les seuils autorisés, risquent donc l’exclusion du marché. ! » Et oui ! Les normes ; mais quel est l’espèce … d’anormal qui a inventé les normes, énormités que l’on retrouve dans tous les domaines ? Non, J-M, ne me dis pas que c’est un de ces élites issues des grandes écoles, qui ne connaissent pas les plaisirs d’un feu de camp ! Pardon… Euh … Toi, non plus ?
«Leur fonctionnement entraîne une combustion partielle et mal contrôlée » Mais c’est la qualité du combustible qui est en jeu : abattu même avec les feuilles vertes et en pleine pousse (Pépé attendait la chute de la dernière feuille!), séché en trois années … raccourcies à 3 mois ! Là, un suivi serait plus utile que pour des yaourts … aseptisés !
Le réchauffement climatique : dernièrement, malgré mes 78 ans et une belle bronchite, j’ai assisté à une conférence sur « Le climat et la vigne, de l’Antiquité (20000 avant J-C) à … 2100 » ! ! L’intervenant, un ancien directeur de recherches (climat) au CNRS nous a montré cartes, schémas et projections : la Terre a déjà eu des chauds et des froids aussi « graves » et … est toujours sous nos pieds !
Ayons une croyance très modérée dans les élucubrations apeurées de nos écolos-bobos … en mal de porte-feuilles ! !
Amicalement
468 au jus ! ! ! !!!!!
Bonjour,
l’arbre en or massif des Faux Escrolo Intéressés au Bénéfice (FEIB) , tente de cacher une autre réalité.
Bien que notre air soit beaucoup moins pollué aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, chaque année environ 300 000 personnes en Europe meurent prématurément en raison de la pollution atmosphérique. En 2021, 97 % des personnes habitant dans des zones urbaines étaient exposées à des concentrations de particules fines (PM2,5, le polluant atmosphérique le plus nocif) dépassant les lignes directrices les plus récentes de l’Organisation mondiale de la santé.
La consommation d’énergie et l’agriculture sont les principales sources de pollution atmosphérique en Europe.
C’est ce que j’ai trouvé sur le site consilium.europa.eu, prudent le site englobe dans la consommation d’énergie toutes les énergies combustibles fossiles et biomasse là où l’ont trouve le bois de chauffage. Il est beaucoup plus facile de s’attaquer aux particuliers avec leur consommation en bois de chauffage qui échappe en grande partie aux taxes plus ou moins écologiques qu’aux puissantes multinationales de l’énergie.
Le site touteleurope.eu nous dit « En 2018, le principal secteur responsable des émissions de particules fines en France est le « résidentiel » (31 % des PM10 et 49 % des PM2,5), et plus particulièrement la combustion des appareils de chauffage, selon le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (CITEPA). Les voitures diesel sont quant à elles responsables de 9 % des émissions de PM2,5, tandis que l’élevage émet 14 % des PM10. » Bizarre, bizarre la statistique remonte à 2018 !!
« A l’échelle de l’UE, la production de particules fines est issue en premier lieu des « activités commerciales » , des « activités des ménages » ainsi que de la « production industrielle » et du transport routier, selon l’AEE (Agence européenne de l’environnement). »
Selon le rapport de l’AEE de 2020, six États membres ont dépassé la valeur limite de l’Union européenne pour les particules fines (PM2,5) en 2018 pour une partie de leur population : la Pologne (34% de le population exposée à des taux de PM2,5 trop élevés), la Tchéquie (8,8%), la Roumanie (7,6%), la Bulgarie (7,2%), la Croatie (5,9%), et l’Italie (1,5%). Et aussi C’est à Malte que la part de la population exposée à des concentrations de particules fines PM10 supérieures au plafond européen est la plus grande (100%), suivie de la Croatie (99,1 %), la Pologne (82,3%), Bulgarie (65,4 %) et la Hongrie (53,2%).
Comme c’est étrange quand on regarde la consommation d’énergie fossile par pays de l’Europe pour l’électricité , Malte consacre 87% de sa consommation électrique aux énergies fossiles, la Pologne 71% ( principalement lignite et charbon), Hongrie, Croatie et Bulgarie sont aux alentours de 30% (charbon) ce sont dans ces trois pays les industries lourdes qui expliquent la différence ainsi que la proximité avec la Bosnie.La mine Mramor, en Bosnie, alimente en charbon la centrale de Tuzla, censée tourner jusqu’en 2050, quand ce pays pauvre chauffé au charbon devra avoir décarboné toute son énergie. Le charbon est le plus gros pollueur en Bosnie, qu’il soit brûlé dans les centrales – 94% de la production annuelle d’environ 13 millions de tonnes – ou dans les foyers.
Environ 3.300 personnes meurent chaque années prématurément en Bosnie en raison de l’exposition à la pollution de l’air, soit près de 10% des décès, selon un rapport de la Banque mondiale de 2019.
Sarajevo, où des milliers de maisons sont chauffées au charbon, est l’une des villes les plus polluées du monde.
Au passage il serait dommage de laisser sous silence la consommation de lignite (assimilable à un charbon non achevé et faible pouvoir calorifique). La lignite est grand émetteur de produits polluants en 2020 la lignite représentait 28,28% de la production électrique Allemande. Tout comme la Croatie la France bénéficie des polluants Germaniques notamment les PM 2.5 et 10, les oxydes d’azote et autres joyeusetés. Si les énergies renouvelables représentaient 57.3% du bouquet électrique Allemand c’est très flatteur et ça permet de faire la leçon à toute l’Europe. Sauf que les 57% sont constituées de 27.4% de biomasse ( bois, paille…) et de 6.8% d’incinérations de déchets urbains et aussi 16% de biogaz tout cela génère des polluants de combustion nocifs à l’environnement.
Mais silence dans les rangs, le business escrolo doit tourner à plein régime et tant pis si les pauvres dans leurs passoires thermiques ne peuvent plus se chauffer avec le bois de récup… Les escrolos sont contents car tout le monde le sait les pollutions s’arrêtent à la frontière.
bonne soirée
Par definition, interdire demain de faire feu de tout bois dans une cheminée (ouverte) me semble comme marcher sur la tête … depuis l’aube de l’humanité, l’homme s’est chauffé et a survécu grâce à un feu de bois : demain ce serait interdit ?!
Je vous laisse vous gargariser avec vos jolies normes pour soi disant défendre la planète, mais comme disait le Général : « arrêtez d’emmerder les français ! »