La branche maladie de la sécurité sociale fera l’objet dans les prochaines semaines d’une attention particulière de la représentation nationale car il faut en réduire le déficit. Le chiffon rouge de la réforme des conditions d’accessibilité aux droits à pension semble occulter les mesures prévues en matière de restriction ou de diminution des remboursement des actes médicaux ou des médicaments. Il est vrai que le curetage que prévoit le loi de programmation entre dans tellement de détails que c’est médiatiquement moins vendeur que l’âge de départ vers la retraite. Sauf que des millions de personnes seront concernés toute leur vie par les « franchises » ou le « non-remboursement » programmées qu’elles soient active sou retraités.
La carte Vitale devient ainsi bien moins utile que la carte bleue pour être soigné. Elle deviendra chaque jour un peu plus essentielle pour régler le sujet dont personne ne parle tellement le débat est biaisé : les dépassements d’honoraires ! Électoralement ce n’est pas très rentable. Dans une société de privatisation libérale outrancière ce n’est pas politiquement facile. Les propositions annoncées occulteront encore une fois l’inégalité d’accès aux soins selon le niveau de son compte en banque.
Si votre médecin relève du secteur 1 vous pouvez en effet espérer être remboursé en grande partie ou même en totalité de la consultation. C’est le principe même de la sécurité sociale qui doit permettre à chacune à chacun nonobstant ses moyens financiers d’être pris en charge. Le secteur 1 correspond en effet aux tarifs de base établis par l’Assurance Maladie. Le praticien n’a pas le droit de les dépasser lors de ses consultations. La consultation chez n’importe lequel est fixée nationalement et remboursée avant intervention de la mutuelle sur la base de 30 € pour le toubib dit de famille. l’Assurance maladie paye au patient 70 % si son médecin traitant soit 19 €, car il faut déduire le forfait de 2 €. On ajustera encore cette référence dans le PLFSS.
Tout se gâte quand le malade est contraint par l’urgence de sa situation ou de plus en plus par la disponibilité des médecins spécialisés disponibles, d’avoir recours à l’un de ceux qui est dans le secteur 2 où ils sont largement majoritaires. Or ils appliquent à leur guise les tarifs qui leur conviennent grâce aux fameux « dépassements d’honoraires » qui selon les textes doivent pourtant être conformes à l’article 53 du code de déontologie médicale.
Il indique que « les honoraires du médecin doivent être déterminés avec tact et mesure, en tenant compte de la réglementation en vigueur, des actes dispensés ou de circonstances particulières. Ils ne peuvent être réclamés qu’à l’occasion d’actes réellement effectués même s’ils relèvent de la télémédecine. Le simple avis ou conseil dispensé à un patient par téléphone ou par correspondance ne peut donner lieu à aucun honoraire. » C’est beau mais bon nombre de patients ne sont jamais en position de discuter des sommes réclamés. Ces sommes sont parfois supérieures aux revenus de celui auprès duquel elles étaient exigées avant un opération, un examen ou une consultation. Les 2 euros de franchise sont alors bien dérisoires !
J’ai vu à coté du guichet où je me trouvais dans une clinique de la rive droite bordelaise une jeune femme signer dix chèques antidatés pour régler le dépassement d’honoraires dus pour une intervention chirurgicale. « A quelle période du mois pouvons-nous les déposer ? » lui a demandé la secrétaire. Devant la gêne de cette personne qui ne répondait pas, l’employée a lancé : « Bien ce sera au 15 de chaque mois ! ». La réalité est là… Dans tous les cas le discours est rodé : « voici la facture envoyez la à votre mutuelle pour savoir combien elle vous rembourse ! » Une manière de mettre la pression sur les… mutuelles et de faire le beurre des assurances !
Alors les prévisions d’économies qui se profilent n’arrangeront pas le sort des malades aux faibles ressources. Pour freiner la dynamique des dépenses de santé, le projet de budget mise en effet sur une hausse des – petites – sommes restant à la charge des patients lorsqu’ils se font soigner. En étendant le champ des participations forfaitaires et franchises aux consultations chez le dentiste et à l’obtention des « dispositifs médicaux » (prothèses, pansements, fauteuils roulants, kits de perfusion à domicile etc.), sachant qu’il est par ailleurs prévu de doubler par décret le montant des franchises déjà existantes. Le gain global sur les franchises serait de 2,3 milliards.
Au fait un petit rappel. En 2024 les fraudes ont augmenté de 33 % ! Une paille. L’Assurance Maladie a détecté et stoppé un montant total de 628 millions et il s’agit d’un niveau record,. Loin des clichés, ces fraudes ne se limitent pas aux assurés et aux cartes Vitale (les immigrés n’y sont pas pour grand-chose!). Elles sont complexes, mêlant des pratiques isolées et des réseaux organisés. La répartition par catégories d’acteurs montre que 52 % des fraudes sont commises par des assurés, pour seulement 18 % des montants ; mais 27 % des fraudes sont commises par des professionnels de santé, pour…. 68 % des montants soit environ 430 millions d’euros.
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Sans parler des cotisations de l’Etat qui ne sont pas versées…ce qui est un comble.
La Sécu reste un des seuls services publics qui a échappé à la privatisation européenne…mais pour combien de temps encore?
Allez, bonne journée quand même!
…les honoraires du médecin doivent être déterminés avec tact et mesure,…
« Ah, qu’en termes galants ces choses là sont dites ! »..et qui déterminent un parfait flou artistique… Où est tu, Hyppocrate et ton serment ?
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…voici la facture envoyez la à votre mutuelle pour savoir combien elle vous rembourse ! »…Quand elle vous répond, ce qui à l’heure actuelle ne m’est jamais arrivé.
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Hier j’ai écouté Roselyne Bachelot dans l’émission C à Vous. Elle a été très dure envers ses anciens petits camarades qu’elle renie avec aplomb. On aurait un peu dit J.L. Mélenchon.
Exemple : à propos de la réforme des retraites : « Ils ont fermé la porte, mais ils passeront par la fenêtre ».
Cet article conforte s’il le fallait les commentaires de Jean-Marie.
Le canard du 30/09/2025
« Les prochains ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur vont trouver sur leur bureau un dossier qui risque fort de les dérider : le service de Jean-Paul Meningaud et Barbara Hersant, couple vedette de la chirurgie esthétique française, est suspecté d’avoir escroqué la Sécu de 6,5 millions d’euros. C’est du joli !
Jusqu’au 1er septembre, le professeur Meningaud, membre de l’Académie nationale de chirurgie et expert judiciaire près la cour d’appel de Paris, dirigeait les équipes de chirurgie plastique du CHU Henri-Mondor, à Créteil (Val-de-Marne). Sa consœur la professeure Hersant, élue à l’Ordre des médecins, y exerce jusqu’au 1er décembre. »
J’ai eu rendez-vous avec mon ophtalmo (secteur 2,60.00 Euros) à Floirac le 6 octobre.En moins de 5 minutes c’était bâclé.
Là, vous lisez ces lettres?,très bien,là vous lisez ces lettres?,très bien,regardez les 2 petits ballons dans le lointain?,c’est parfait,au revoir Monsieur! Et c’est la stricte vérité de mon vécu.
Le 6 Novembre mon syndicat de retraité FO et la CGT manifesteront,j’y serai avec hélas peu d’espoir de changer quoi que ce soit
Bonjour,
80 ans de guérilla incessante pour tuer les principes de base de NOTRE sécurité sociale. L’Assurance Maladie s’est construite depuis 1945 sur trois principes fondamentaux : l’égalité d’accès aux soins, la qualité des soins et la solidarité. L’Assurance Maladie permet ainsi à chacun de se faire soigner selon ses besoins, quels que soient son âge et son niveau de ressources. Aujourd’hui, elle garantit l’accès aux soins de près de 55 millions de personnes. (source ARS Aquitaine)
Le constat est désolant, tout a été fait pour détricoter soigneusement le tissu social qui jurait particulièrement dans le paysage ultra-libéral. Le Patronat Kolabo au bon goût de Vichy et les compagnies d’assurance à but lucratif ont mené l’offensive. L’ordre des médecins ( libéraux) a été le bataillon des troupes de choc ont lui doit notamment le numérus clausus qui en réduisant le nombre de praticiens produit l’augmentation des coûts de consultations. L’ennemi s’est aussi fait son nid à l’intérieur même de la sécu en attaquant les bases du financement créant avec ce levier un déficit chronique alibi parfait à la paupérisation des équipements de soins et des remboursements. Les compagnies d’assurance à but lucratif ce sont précipitées dans la brèche pour imposer leurs fausses mutuelles basées sur des cotisations indexées par rapport aux risques, principe contraire à celui de la sécu basé sur la solidarité. De leur coté les investisseurs se sont lancés dans les cliniques privées chargées de drainer les clients vers les soins coûteux fortement rémunérateurs, le secteur public étant concentré sur les soins fortement déficitaires car moins remboursés. L’égalité des soins a été « oubliée » volontairement pour conduire à la situation d’aujourd’hui où de malheureux patients décèdent aux urgences sur des brancards.
Avec les pervers dépassements d’honoraires on assiste à une médecine à vitesses variables suivant les possibilités de votre crédit bancaire. Le principe de l’égalité d’accès aux soins est mort et enterré.
« De profundis clamavi ad te, Domine » (Du fond de l’abîme j’ai crié vers Toi, Seigneur) pleurent les assurés sociaux.
« De profundis morpionnibus/ patientibus » chantent les carabins, repris en cœur par les affairistes de la santé tout heureux d’accompagner le cercueil de feu la sécu dans la fosse commune de l’oubli.
bonne journée
JF Facon @ Il faudrait refaire une Libération, avec un vrai Comité National de la Résistance. « Le Patronat Kolabo au bon goût de Vichy » fermerait de nouveau sa g…. et se ferait oublier, car à cette époque, à l’évocation du mot collabo ou vichy ou etc., les pistolets mitrailleurs avaient tendance à partir tout seuls.
Salut et Fraternité.
Le diagnostic est assez clair, à défaut d’être partagé !Compte tenu de la démographie, nous devons aller vers une Refondation de notre protection sociale. Mais qui se charge de ce travail ? Les partis politiques sont en mode survie et n’ont plus de forces. Les syndicats sont en panne de cotisants ; il reste la société civile et les associations. Vu le travail que nous faisons déjà pour prendre soin de nos compatriotes les plus vulnérables, nous devrions pouvoir mobiliser les compétences et les énergies pour inventer ces nouvelles fondations de la protection sociale, qui incluent le vieillissement et la perte d’autonomie, mais aussi l’enfance en danger. Mes amis, mes frères, mes camarades, encore un effort !
JF Facon @ « Les compagnies d’assurance à but lucratif se sont précipitées dans la brèche pour imposer leurs fausses mutuelles ».
En effet le mot mutuelle a été galvaudé par ces voraces, confondant probablement à mauvais escient Mutuelles(Économie Sociale et Solidaire) et complémentaires santé (Entreprises capitalistes ), ce qui n’est pas du tout la même chose.