Je n’ai cessé d’écrire et de déclarer qu’un stratégie de financement de l’action publique majoritairement basée sur des taxes inéquitables appliquées sur toutes les formes de consommation même les plus critiquables conduirait inexorablement à la faillite. D’abord parce que le rejet du principe de l’impôt direct calculé sur la base aussi rigoureuse que possible de la totalité des ressources constitue un véritable danger pour le fonctionnement républicain.
Le libéralisme capitaliste uniquement basé sur la croissance du profit a tué par une propagande acharnée cette notion d’impôt réputé étrangler la réussite financière individuelle. Le mot même provoque dans l’opinion dominante des réactions d’hostilité déconnectées de la finalité même de son utilité. Moins d’impôts (ne pas confondre avec les cotisations sociales) c’est forcément moins de services publics collectifs et c’est le renforcement du pouvoir du fric puisque c’est le seul moyen qu’il reste pour accéder aux « privatisations » dans tous les secteurs.
Ensuite au fil des ans, des aménagements divers et « avariés » ont créé des disparités colossales dans l’application du principe des impôts dans la mesure où on le voit bien la pression s’exerce essentiellement sur ceux qui ont des revenus fixes identifiables et aisément contrôlables. La fameuse « optimisation fiscale » ou la « défiscalisation » profite à une catégorie de contributeurs éventuels affichant des subsides malléables ou ne venant ni de salaires, ni de retraites. Le débat sur la mise en place du budget 2026 a mis en exergue ce phénomène inéquitable qui contrairement à ce qui est affirmé ne cesse de grandir.
Alors pour pallier ces pertes avérées de ressources le pouvoir central a mis au fil des exercices budgétaires et ce depuis un siècle des « taxes » sur tout ! Elles offrent l’avantage d’être « récupérées » à moindre frais par l’État qui n’a qu’une fonction de contrôle occasionnel et qui laisse au monde économique le soin de présenter la facture aux citoyens consommateurs.
Rappelons que la révolution française avait ses germes notamment dans la gabelle taxe appliquée sur l’usage du sel denrée « monopolistique » de la Royauté. Elle fut supprimée en 1791 et rétablie par l’Empire en 1808 avant d’être définitivement abolie en 1945.
La multiplication des taxes sur les denrées alimentaires et de fabrication industrielle rendait leur application trop confuse et compliquée. Un haut fonctionnaire français (Maurice Lauré) a institué dans son principe en France par la loi du 10 avril 1954 la Taxe sur la valeur Ajoutée (TVA). Elle deviendra européenne quelques années plus tard. La fameuse TVA très injuste car elle ne tient absolument pas compte des capacité financières de celle ou celui qui l’acquitte est ainsi devenue une « imposition » robuste et dynamique puisque la « croissance » de la consommation était constante. En fat le système s’effondre lentement mais sûrement sous le mandat présidentiel actuel.
Au cours de l’été et à l’automne 2019, le gouvernement d’alors ressassait, alors que se profilait la suppression intégrale et définitive de la taxe d’habitation sur les résidences principales. La nouvelle taxe serait profitable aux intercommunalités à fiscalité propre celles-ci étant appelées à renoncer à l’essentiel de leurs recettes de taxe d’habitation. L’exécutif tenait le même discours devant les représentants des départements, pour faire passer la pilule du transfert des recettes départementales de foncier bâti au bloc communal. Dans les deux cas, la réforme devait bénéficier particulièrement aux territoires fragiles, par exemple en déprise démographique. Las c’est un échec retentissant puisque les ressources globales se tassent !
La TVA a tenu toutes ses promesses avec le redémarrage de l’activité postérieure à la crise du Covid-19. En 2023, sa croissance s’est réduite à +3,5%, avant de tomber à +0,9% l’année suivante et probablement 0,2% en 2025. Bercy n’a pas vu venir un tel revirement. A partir de 2023, ses prévisions ont surestimé les recettes de TVA, avec « des écarts de 9 milliards d’euros par exercice en moyenne entre la prévision inscrite au projet de loi de finances (PLF) et la recette constatée ».
Cette stagnation voire cette baisse du produit de la TVA s’explique en partie par la moindre consommation des ménages, principal levier de l’économie française, sur fond d’inflation en recul et d’épargne plus élevée. En outre, cette consommation s’est davantage orientée vers des biens et services bénéficiant d’un taux de TVA réduit, affectant de fait le niveau des recettes. En plus l’avalanche des « petits » colis provenant de Chine est également mis en cause : la fraude à la TVA « s’élèverait à environ 1 milliard d’euros en 2024 pour la France ». Il faut y ajouter la fraude fiscale globale qui atteindrait 100 milliards par an ! Elle ne vient ni des immigrés, ni des Rmistes, ni des retraités agricoles, ni des employés à temps partiel et encore moins des pensionnés à moins de 1000 € par mois ! En revanche eux paient les taxes.
A tout hasard rappelons que l’impôt direct sur le revenu a produit en 2024, 88 milliards et celui sur les sociétés 57 milliards et que la Cour des Comptes estime que 243 taxes sont considérées comme sans productivité suffisante ! A la vôtre !
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On se demande pourquoi on changerait le système qui convient très bien à « ceux qui ont tout », même si cela accable ceux qui n’ont rien ou pas grand chose.
D’ailleurs, les gens qui ne sont rien(que jadis on appelait les gueux) ont ils besoin de quelque chose ? Une nourriture, un niveau de vie ou un logis convenables par exemple ?
Bonjour,
ami président d’association loi 1901 tu entends ton maire bailleur de fonds habituel te dire « yapudesous » je rabote tes aides. Pas de panique, je te propose une solution pour éviter la maladie mortelle des assoces condamnées par le « yapudessous ». La solution est simple et à la portée de tous, regarde le grand raout organisé le 19 février dernier au Carrousel du Louvre, à Paris. Ils étaient plus d’un millier à assister au dîner organisé pour la quarantième fois où se bousculaient les sommités de notre belle démocratie. Le ticket d’entrée ne s’élevait qu’à la modeste somme de 900 € constituée de 100€ pour le repas et 800€ de don à l’ assoce organisatrice. Mais attention et c’est là où c’est subtil la case 7UF de ta déclaration te permets un remboursement de 66% une belle ristourne non? Ce qui veut dire aussi que « yapusessous » finance la dite assoce pour 1000 participant à hauteur de 525 000 € sur les 900 000 reçus des participants.
La condition pour y parvenir c’est le classement Dons aux organismes d’intérêt général.
La notice nous fixe les conditions suivantes
« Vous avez effectué des versements sous forme de dons à des organismes d’intérêt général. Il s’agit notamment des organismes suivants :
œuvres ou organismes d'intérêt général présentant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à la valorisation du patrimoine ou à la défense de l'environnement ;
organismes sans but lucratif qui exercent des actions concrètes en faveur des victimes de violence domestique, qui leur proposent un accompagnement ou qui contribuent à favoriser leur relogement ;
associations ou fondations reconnues d'utilité publique ;
la Fondation du patrimoine ou autres fondations ou associations reconnues d’utilité publique et agréées, en vue de subventionner des travaux de conservation, de restauration ou d’accessibilité d’un monument historique privé, bâti ou non bâti
Vous bénéficiez d’une réduction d’impôt égale à 66% du total des versements dans la limite de 20% du revenu imposable de votre foyer. »
Ami président d’assoce en mal de subventions, tu sais comment faire maintenant.
Ah ben ça alors! je finance à l’insu de mon plein gré des associations qui soutiennent des causes auxquelles je suis hostile.
Mais au fait les aides directes à la presse s’élèvent en 2025 à 193,8 millions d’euros. Elles comprennent les soutiens à la diffusion (112,3 M€), au pluralisme (25,9 M€) et à la modernisation (55,6 M€). Le reste du soutien passe par des mécanismes fiscaux : taux de TVA super-réduit à 2,1 %, abattement spécifique pour les journalistes, exonérations diverses. Ces aides indirectes, bien que moins visibles, représentent 244 millions d’euros.
Ah ben ça alors! je finance à l’insu de mon plein gré des milliardaires qui ont investi dans leurs merdias, merdias qui s’échinent à dénoncer les assistés. Assistèa qui au passage payent la TVA dont une partie nourrit les mêmes merdias. Mais c’est le prix à payer pour la démocratie…
L »assistanat dénoncé par les mêmes merdias c’est aussi une belle opportunité pour faire d’une pierre deux coups. En échange d’un Cerfa rédigé par une assoce d’utilité publique, la grande distribution se débarrasse de centaines de tonnes de denrées qu’il aurait fallut détruire en payant et bénéficie d’une ristourne fiscale. Dans la distribution alimentaire, on estime les pertes et gaspillages à 1 388 792 tonnes par an, soit 4 536 millions d’euros. Pour avoir vu passer des valorisations de « dons » (invendables) je peux attester de montants délirants au vu des palettes reçues. Pas grave si ça sent l’entourloupe fiscale, les assoces sont en fait otages des « généreux » donateurs…
« yapudessous konvoudit!! » c’est la faute aux assistés. Mais oui vous savez « les ceusses » qui sont aidés en permanence…
Faut vraiment être complotiste pour écrire ce genre de commentaire, manquerait plus que je critique les aides aux entreprises, ou les frais de représentation des élus.
Bonne journée
Il m’arrive d’effectuer des dons à des organismes d’intérêt général etc. mais je ne demande pas la réduction d’impôts « y afferante », n’ayant pas l’intention de faire financer en partie mes dons éventuels par les autres contribuables.
Avouez que je suis vraiment c…..
Combien de fois avons-nous entendu nos édiles de « gauche « ( n’est-ce pas L. Fabius, entre autres), dirent la TVA est l’impôt le plus injuste car il frappe ceux qui ont les plus faibles revenus, ceux-ci qui ne peuvent pas épargner dépensent la totalité de leur maigre revenu.
Donc que faire pour remplir les caisses et bien par exemple votons une énième loi de financement de la sécurité sociale qui taxera un peu plus les mutuelles. Adoptée le 28 février 2025, elle prévoit une augmentation de la TSA de 13,27 % à 15,27 %, rappelons que cette taxe était de 5.9% en 2009,6.27 % en 2015 puis 13.27 % en en 2016 (merci petites talonnettes).
J’ai été trésorier d’une petite mutuelle d’entreprise ,800 000 euros de cotisations,faites le calcul!