Nous ne sommes pas en théocratie mais nous en approchons chaque jour un peu plus. Le poids du lobby religieux dans la vie publique ne cesse d’augmenter alors que de multiples « affaires » amorales au possible démontrent que les arguments opposée à des réformes sociétales sont fallacieux et intolérants. Le vrai problème c’est qu’opposés quand on se fie aux apparences, les responsables du monde des croyants s’unissent vite quand il s’agit de mettre en échec une prise de position politique d’ordre général. Au fil du temps l’impact des religieux paralysent des pans entiers du progrès attendu par des femmes et des hommes détachés des principes invoqués par imams, rabbins, évêques et responsables de tous ordres ou de tous poils.
Deux débats ont eu lieu durant ces 48 heures dans les deux chambres qui constituent le parlement français : l’Assemblée nationale et le Sénat. Tous deux tournaient indirectement autour de prises de position liées à une résolution sur les Frères musulmans et sur la loi relative au droit à mourir. Les lobbies relayés par des politiques ont fonctionné à plein durant les débats. Ils ont pourri les discussions sur le fond et obtenu deux « succès » révélateurs de leur puissance dans la société. Au Palais Bourbon ou au Palais du Luxembourg l’extrémisme (violent dans le premier cas et soft dans le second) était au centre des échanges.
L’un relatif à l’islam a donné lieu à des propos outranciers autour d’un texte appelant la Commission européenne à engager une procédure pour inscrire « la mouvance des Frères musulmans et de ses responsables sur la liste européenne des organisations terroristes ». Il demande à l’UE « une évaluation juridique et factuelle du réseau transnational des Frères musulmans ». A rapprocher des propos du Schtrumpf envoyé de dieu sur terre relatifs à l’immigration en Europe.
« Les Frères musulmans » est une organisation qui vise à réformer la société musulmane en la réorganisant autour de l’islam, conçu non seulement comme une religion, mais comme un système global : spirituel, social, juridique et… politique. Cette structure allie le prosélytisme religieux avec de l’entrisme politique dans certaines villes ou certains quartiers. Ce n’est ni un mouvement religieux à part entière, ni une organisation homogène. Il est combattu pour ses raisons mais il est aussi soutenu pour des motifs électoralistes.
Il y aurait selon des estimations fiables entre 5,5 et 6,5 millions de personnes se déclarant musulmanes en France, représentant environ 8 % à 10 % de la population totale. Su ce nombre le mouvement un rapport commandé par le ministère de l’Intérieur, rendu public en 2025, estime que le nombre de Frères musulmans « en bonne et due forme » (c’est-à-dire des membres réellement engagés dans la structure) en France est d’environ 400 à 1 000 personnes. Leur importance est surtout liée à l’exploitation de faits contraires à la laïcité qu’ils suscitent ou de comportements volontairement provocateurs qui sont ressassés médiatiquement. Cette résolution aura contribué à leur notoriété.
Les sénateurs se sont opposés à la création dans la loi de toute forme d’aide à mourir, lors des débats sur ce thème et les soins palliatifs. La majorité sénatoriale a été indubitablement influencée par un lobby religieux dont le seul but était d’empêcher l’avancée de cette initiative attendu par des êtres humains dans la souffrance. La volonté des responsables des « croyants » est dans ce cas encore d’imposer leur dogme, leur vision de la vie humaine et des afin à l’ensemble de la société en refusant une liberté individuelle encadrée et très surveillée. La loi n’enlève pourtant aucun droit et surtout ses dispositions ne s’imposent à personne. Les personnes croyantes restent totalement libres de refuser les ouvertures du texte.
Dans les deux cas l’interférence entre les croyances et la vie sociale est criante. Des groupes organisés ou occultes tentent par tous les moyens de prendre le pouvoir, d’entraver la laïcité et de mettre en avant leurs convictions religieuses. Les manœuvres des uns et des autres sont aussi condamnables. Globalement, plusieurs sources récentes montrent qu’environ 30 % et 40 % des Français déclarent ne pas croire en dieu.
Sont-ils respectés ? Tient-on compte de leur avis ? Comment sont prises en compte leurs aspirations ? Les voit-on sur les plateaux des télévisions qui généralisent les positions culturelles ? Souligne-t-on les interprétations qui tronçonnent la laïcité selon les besoins des argumentations politiques ? L’intolérance est la pire ennemie de la liberté.
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Sujet brûlant comme les flammes d’un très hypothétique enfer.
Les religions, « filles ainées » de la superstition qui remonte aux temps antiques, où l’on cherchait une explication a beaucoup de phénomènes curieux, intrigants, que les chercheurs scientifiques au cours des temps ont souvent réussi à expliquer rationnellement, les religions dis je, ont acquis, du fait même de l’ignorance des humains un statut prépondérant dans la conduite du monde.
Ces temps sont révolus, non qu’il n’existe pas des énigmes dans notre univers, mais l’on sait maintenant que ces phénomènes ne relèvent en rien d’un très hypothétique divin.
En fait les religions représentent maintenant une force soi disant spirituelle qui permet à des naïfs ou des hypocrites de s’emparer d’un pouvoir sur des esprits faibles (à opposer aux « esprits forts » reprouvés par Bossuet).
Pour résumer, les religions ne représentent guère qu’une force de coercition permettant à quelques individus d’exercer un pouvoir absolu sur une population opprimée, parfois naïvement consentante. Parfois ce sont les religieux qui règnent en maîtres, parfois ils se font les auxiliaires d’un pouvoir absolu annihilant toute Liberté de Pensée(définition même de la Laïcité).
Bref, ce retour à un absolutisme irrationnel et brutal est très inquiétant.
Pour résumer, la plupart des « terriens » sont atteints d’un trouble psychologique connu et reconnu : dont certains petits malins abusent littéralement : la dissonance cognitive pluriséculaire, raison pour laquelle le dysfonctionnement de la raison est très difficile à soigner.
Bonjour,
au cœur du réacteur se trouve le droit de mourir dans la dignité et la question fondamentale de qui possède le droit de décider à ma place de vivre ou de mourir. Cynthia Fleury* fait le point sur le mot « dignité » .
» Du mouvement Black Lives Matter à la revendication d’un droit à mourir dans la dignité, en passant par les marches de la fierté (« pride »), l’invocation de la dignité est désormais omniprésente. C’est devenu une norme partagée : chacun s’autorise à revendiquer sa dignité. Mais, dans le même temps, force est de constater que les situations de vie indignes ne cessent de se multiplier. Pour l’observer, il n’est pas nécessaire d’aller très loin, sur des terrains de guerre ou de catastrophe naturelle, il suffit de visiter la classe surchargée d’une école primaire de banlieue, les services d’urgence d’un hôpital public, la « colline du crack » de la porte de la Chapelle, à Paris, ou les abords d’un camp de migrants, près de Calais. Dans le soin et l’éducation, les effectifs sont à la fois insuffisants et surchargés, les lieux dégradés, et les moyens manquent. Ce contraste m’est apparu de manière flagrante durant la crise du Covid. Au nom de la protection de la vie, on a empêché aux mourants de dire adieu à leurs proches, on a projeté les endeuillés dans un chemin d’indignité où ils ont dû laisser leurs parents seuls face à la mort, sans même pouvoir récupérer leurs corps après le décès. Or, au moment même où on abandonnait les morts, on a relancé le débat sur l’euthanasie et invoqué le droit à mourir dans la dignité… Cela m’a mis la puce à l’oreille. N’est-il pas étrange que la dignité s’impose comme norme alors que les atteintes à la « décence commune » se généralisent ? Se pourrait-il qu’à l’ombre de la sacralisation du principe de dignité, une partie de plus en plus importante de la population soit exposée à la crainte de vivre dans une situation d’indignité ? L’épreuve d’indignité à laquelle sont exposés les individus n’opère-t-elle pas comme une norme nouvelle qui assujettit ? »
Soyons vigilants, face aux religieux qui depuis le début cherchent à confisquer nos droits les plus fondamentaux et aux merdias qui eux banalisent « l’indignité ». Le chemin est étroit et difficile pour ne pas déraper vers les deux crevasses de l’euthanasie d’un coté et l’acharnement thérapeutique de l’autre. Ne soyons pas dupes de la méthode Léonetti qui consiste à endormir et laisser mourir par l’arrêt des traitements. Mais aussi l’arrêt de l’alimentation qui ne peut pas être considéré comme une prise en charge de la souffrance. La sédation est alors assimilée à une mort par dénutrition.
Je sais pas vous mais moi, il y a longtemps que j’ai rédigé mes directives anticipées et averti mes proches de ma volonté. D’autant que la législation encadrant la fin de vie est mal connue par les patients, et les directives anticipées sont rares. Cette législation est également souvent mal connue des équipes de soignants.
Le 13 septembre 2022, le CCNE rendait son avis sur la fin de vie, ouvrant la voie à « une aide active à mourir, à certaines conditions strictes avec lesquelles il apparaît inacceptable de transiger ». Parmi ces conditions, celle que la demande soit exprimée par « une personne disposant d’une autonomie de décision au moment de la demande, de façon libre, éclairée et réitérée, analysée dans le cadre d’une procédure collégiale ».
C’était sans compter sur la félonie du très catho de la bête à rames. En janvier 2025, le Premier ministre, François Bayrou, annonce que le texte est scindé en deux propositions de loi, l’une sur les soins palliatifs, l’autre – moins consensuelle – sur l’aide à mourir. Saucissonner la loi pour faire passer à la trappe l’aide à mourir en se cachant derrière les soins palliatifs c’est vraiment indigne.
Bonne journée
* Cynthia Fleury en 7 dates
1974 Naissance à Paris
2000 Thèse de philosophie sur « La métaphysique de l’imagination »
2011-2015 Membre de la cellule d’urgence médico-psychologique du Samu
2013-2022 Plus jeune membre du Conseil consultatif national d’éthique
2016 Création de la première chaire de philosophie à l’hôpital, à l’Hôtel-Dieu de Paris
2018 Professeure au Conservatoire national des Arts et Métiers titulaire de la chaire Humanités et Santé
2023 Publication de La Clinique de la dignité (Seuil)
addendum: Tout le monde n’est pas de mon avis sur ce sujet et c’est bien. Cet article l’exprime ainsi qu’il résume le débat des sénateurs dans la nuit du 21 au 22 janvier.
https://rakotoarison.over-blog.com/article-sr-20260121-euthanasie-2026f.html
« En effet, le permis de tuer une personne en toute légalité est une transgression très grave que je considère comme irréversible, aux conséquences désastreuses sur le plan humain autant que sur le plan médical. »
Ce monsieur a certes des arguments , mais considérer l’euthanasie comme « le permis de tuer une personne en toute légalité » est un abus de langage.
L’euthanasie, à mon très humble avis est une délégation de pouvoir destinée à mettre fin à une existence sans avenir proche, et surtout à des souffrances aussi bien physiques que morales devenues insupportables. C’est une question de respect de la dignité humaine.
Pour moi c’est geste de noble et courageuse compassion, avec tous les cas de conscience que le ou les auteurs sont en droit de se poser.
« Je sais pas vous mais moi, il y a longtemps que j’ai rédigé mes directives anticipées et averti mes proches de ma volonté. »
Il y a longtemps que faute de mieux j’ai fait de même et me suis heurté aux arguments de mon médecin auquel je les ai remises, et j’ai cependant insisté pour qu’il les enregistre.
J’en ai d’ailleurs plusieurs copie dans mon dossier médical « au cas ou ».
Certains établissements hospitaliers d’ailleurs les demandent lors d’une admission.
Philosopher, c’est apprendre à mourir. Vous aussi vous allez mourir, et ça ne me console pas. Votre mort n’est pas la mienne. Montaigne
Selon une étude de l’INSEE 2019-2020, 51% des 18-59 ans se déclarent sans religion ; ce chiffre représente une augmentation par rapport aux études précédentes ; d’autres sources estiment que ce chiffre pourrait être encore plus élevé ; avec 58% des personnes sans ascendance migratoire se déclarant sans religion ; 40% de la population française déclare ne pas avoir de conviction religieuse (Ipsos, 2023)…
Sans dévoiler un secret, avec mon épouse, nous sommes membres de l’ADMD et militons, en soutenant de cette association, pour une loi de liberté pour la fin de vie. Nous avons notre carte sur nous, nos proches, notre médecin ont reçu nos directives. « Notre corps et à nous », comme disent les militantes féministes, nous sommes les premiers à avoir le droit de choisir, on emm… les religieux de tous poils, mais parfois, ce serait bien que la société nous aide.
Bien sûr, difficile de s’appuyer sur l’expérience de pays sous-développés qui ont légalisé l’aide à mourir, tels la Suisse (où le « suicide assisté », très encadré par la loi, existe depuis 1942 !), tels les Pays-Bas (2001), la Belgique (2002), le Luxembourg (2009), l’Etat de Californie et le Québec (2015), la Colombie (2015), le Canada (2016), l’Espagne (2021), le Portugal (2023) qui ont tous su franchir le pas.
Et la France, le phare planétaire des « Droits de l’Homme », comme toujours, se retrouve à la ramasse.
Je connais bien quelqu’un qui a du faire appel à des « trafiquants de drogue » (douce), et a donc du violer la loi, pour pouvoir soulager un très proche de ses souffrances. C’est totalement intolérable !
J’ai honte de mon pays. Il est sûrement le plus incroyant du monde, mais il est et le plus péteux face aux religieux qui, dans leur plus grande majorité contribuent à pourrir les relations humaines, et par voie de conséquence à ravager la planète…