Au lieu de railler la gouvernance Schtrumpf nous ferions mieux de l’étudier dans le détail car il est à peu près certain qu’elle sera celle de la France dans quelques années. Depuis quatre-vingts ans un principe est établi : ce qu’il se passe outre-Atlantique finit toujours par traverser l’Océan et influencer la société européenne. La technique de l’infiltration comportementale, culturelle, sociale et politique n’ jamais été aussi efficace. Comme se rajoute à cette imprégnation des esprits la trouille généralisée qui s’empare de pouvoirs plus ou moins démocratiques face à la répression possible venue de la Maison Blanche le contexte est au sauve qui peur. Au moindre geste de résistance le Schtrumpf menaçant sort de sa boite et brandit une menace dévastatrice. il en abuse !
Sa volonté d’annexer purement et simplement le Groenland a généré une réplique symbolique de ses alliés au sein de l’OTAN. Il se moque de l’envoi de délégations militaires car il ne respecte aucune des conventions internationales autres que celles qu’il décide lui-même. Aussitôt il a brandi des mesures de rétorsion bien connues. «Je vais peut-être imposer des droits de douane sur des pays s’ils ne jouent pas le jeu sur le Groenland, parce qu’on a besoin du Groenland pour la sécurité nationale», a déclaré celui qui entrera plus tard dans la catégorie des dictateurs lors d’une table ronde à la Maison Blanche. Et là il y a panique à bord.
Il sait fort bien que l’Europe est dans un étau avec la montée des mouvements populistes qui calquent de plus en plus leur attitude sur celle de MAGA et les crises financières qui d‘une manière ou d’une autre se pointent partout. Fragilisé le vieux continent voit son unité qui n’a jamais été bien terrible se désagréger au point que certains membres étudient la possibilité de s’en retirer. Ce n’est pas le Groenland qui va revivifier la cohésion politique. Schtrumpf met le doigt sur ces faiblesses. Empêtrée dans la signature du Mercosur l’UE s’enlise dans les contradictions. Bizarrement il faudrait vraiment avoir une analyse objective de la situation et cesser de réagir au coup par coup.
La signature d’accords commerciaux avec des grandes entités économiques dans le contexte de la variation au gré des humeurs Schtrumpistes des taxations US, constitue une manière de contourner la Maison Blanche. Un partenariat serait en cours avec l’Inde. Il est déjà critiqué. Et il le sera puisqu’il a forcément des avantages et des inconvénients. La diversité de ces contrats constituerait pourtant la meilleure garantie face aux ukases économiques américains.
L’exemple du Canada devrait pourtant éveiller la curiosité. N’oublions pas que le colonisateur US souhaite transformer son voisin en étoile supplémentaire sur son drapeau. Alors le gouvernement d’Ottawa a pris ses précautions en revenant sur toutes les décisions antérieures liées aux échanges avec… la Chine. En visite à Pékin, le Premier ministre canadien a en effet signé avec le Président chinois un accord commercial, marquant d’un dégel entre les deux pays.
L’agriculture figure parmi les priorités de cette coopération. Le Canada souhaite accroître ses exportations de produits agricoles et agroalimentaires vers la Chine, son deuxième partenaire commercial. Des produits comme le blé, le soja, la viande et les produits laitiers pourraient bénéficier d’une demande accrue, soutenue par la taille du marché chinois et l’évolution des habitudes de consommation ; Un coup indirect à nos propres exportations ! En échange le Canada recevra des voitures électriques en nombre limité. D’autres évolutions progressives sont envisagées.
Il ne s’agit pas de suivre cette décision mais de tenter simplement de codifier, de contrôler, de mesurer des échanges qui deviennent sauvages. Le capitalisme US est-il plus sain et plus protecteur que celui de l’État chinois ? La prise de contrôle de la dette française par les pays du Golfe est-elle plus dangereuse que celle venant des fonds de pension US ? Il faudrait d’urgence ouvrir d’autres pistes avant qu’il ne soit trop tard et renforcer le partenariat intra-européen mais ce n’est pas gagné. On est tellement affaibli que nous ne pouvons que négocier le dos au mur.
Un partage du monde est en cours selon la nouvelle doctrine « Schtrumpf-Monroe » voulant que toute intervention en dehors de celle des USA est interdite sur le continent américain considéré comme « chasse gardée ». L’Europe sera livrée à ses propres moyens et il lui appartient de se défendre et se gérer. Le mieux d’ailleurs pour le Schtrumpf c’est que l’UE soit gouvernée comme le serait Cuba, le Venezuela, le Chili, le Groenland par des vassaux ayant respect et admiration pour celui qui rêve de tenir « son » monde dans sa main.
Ceux qui rêvent d’un changement aux élections de mi-mandat aux États-Unis risquent d’être de la revue car Schtrumpf est en train de bouleverser le système électoral à son avantage (vote par correspondance, machines à voter, circonscriptions) en méprisant la Constitution US. Ce n’est pas en France que pareille aventure arriverait en 2027… Enfin on peut l’espérer. Le 49-3 ou l’ordonnance budgétaire donne pourtant un signal !
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Oui, les États-Unis sont clairement nuisibles, pour notre pays, comme pour l’Europe.
Les uns comme les autres, nous devons tout faire pour nous affranchir de cette tutelle commerciale, qui génère une tutelle stratégique et diplomatique délétère…
PS : pardon, ce n’est pas « l’Union Jack » qui voudrait une étoile de plus avec le Canada, mais « Stars and Stripes ».
merci de ta remarque justifiée
Bonjour,
« … L’impuissance face au Groenland n’est pas un accident. C’est le symptôme d’une UE qui n’ose plus se penser comme projet, encore moins comme horizon démocratique et social commun. Une UE prisonnière de ses règles et de sa doxa néolibérale ; une UE incapable de surmonter ses peurs et de faire face aux forces qui travaillent à sa désagrégation.
Pour enrayer cette spirale, il faudra refonder le projet européen. Reposer enfin les questions que l’on évite depuis trop longtemps : comment décider ? À qui ? Et pour quoi faire ? Rompre avec l’Europe minimale du marché et de la concurrence, réinterroger son fonctionnement et clarifier le périmètre politique de l’UE, reconstruire une Europe capable de défendre la souveraineté des peuples, la coopération internationale et le droit face aux impérialismes.
L’Union européenne ne mourra peut-être pas dans un fracas spectaculaire. Elle peut s’éteindre lentement par renoncement, par perte de sens. Face à Donald Trump, face aux extrêmes droites européennes, face aux conflits à venir, la réponse ne peut pas être trente soldats sur la glace. Elle ne peut être que politique et collective. Tout le reste n’est que de l’esbroufe. » Pablo Pillaud-Vivien responsable éditorial de la scop Regards
« Lancez une fléchette n’importe où sur le littoral ( groenlandais) et vous toucherez à coup sûr une cible minérale de classe mondiale », affirmait en février 2025 le président du Texas Mineral Resources Board, Anthony Marchese, lors d’une audition de la commission sénatoriale étasunienne du commerce, des sciences et des transports, qui portait justement sur l’acquisition du Groenland.
Selon lui, « le Groenland recèlerait sans conteste l’une des plus grandes concentrations de minéraux jamais découvertes dans un seul territoire ». Des ressources indispensables à l’économie numérique, aux appareils électroniques et au complexe militaro-industriel. Plusieurs sources disent justement qu’Elon Musk aurait joué un rôle essentiel dans cette tentative d’annexion. Le PDG du groupe Tesla chercherait en effet à sécuriser son accès aux métaux critiques, essentiels aux batteries et aux composants électroniques face au monopole chinois.
D’autres milliardaires étasuniens veulent aussi leur part. Jeff Bezos, le patron d’Amazon, et Bill Gates, cofondateur de Microsoft, ont ainsi investi dans KoBold Metals, une entreprise qui utilise l’intelligence artificielle pour explorer de nouveaux gisements au Groenland. Elle a lancé en mars derniers ses premiers forages près de la baie de Disko, dans le sud-ouest du pays, afin d’y prospecter du nickel, du cuivre et du cobalt.
Les batailles menées par tromp sont sur plusieurs champs la suprématie du $$ mis en cause par les Brics qui cherchent à s’échapper aux pétrodollars, l’énergie et les millions de barils volés par tromp au Vénézuéla compensent difficilement l’ effondrement de la production de pétrole et gaz de schiste, les terres rares pierre angulaire des industries de pointe terres rares raflées par la Chine.
Trump ne dirige pas la politique étrangère américaine. Il se contente de la vendre. Ce sont les oligarques U$ qui dictent la politique étrangère de l’empire.
Et pendant ce temps l’UE(rss) fait tout ce qu’elle peut pour maintenir la concurrence entre les nations qui la compose à la grande satisfaction de l’oncle Sam. Les U$ agissent par la corruption de nos zélites ou par cooptation ( Young Leaders en France) pour garantir ce résultat . Et ce sont les ressources financières des géants économiques de l’empire qui financent la corruption des zélites.
Tromp ne peut rien sans le soutien de la ploutocratie U$ qui l’a porté au pouvoir malgré sa tentative de putsch du Capitole.
Merci d’oublier tous mes propos complotistes, tout le monde sait que ceux qui dirigent l’Europe sont purs comme le cristal et dire le contraire c’est paaaaaas bien!!
bonne journée