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Un auteur, un livre et une stratégie d’une redoutable efficacité

Le phénomène du succès du bouquin de l’innocent aux mains pleines devrait interroger l’ensemble de la société française sur l’évolution de la citoyenneté. Existe-t-elle encore et si c’est le cas sur quelles références ? Plus que jamais on assiste à une déconnexion totale de l’opinion dominante avec une analyse raisonnable des situations de la vie collective. La tendance grandissante conduit au basculement collectif vers les croyances de tous ordres plutôt qu’au suivi des porteurs de valeurs. L’opération du livre relatif à 21 jours de séjour aménagé dans un ensemble immobilier accueillant des gens condamnés par la justice rendue au nom du peuple sert simplement de révélateur irréfutable de cette propension à soutenir l’insoutenable.

Celui qui écrit au stylo bille plus de 200 pages d’un livre à raison de 10 pages quotidiennes alors que le contenu porte sur les faits ayant précédé son installation dans une cellule n’ayant rien de commun avec celle des « droits communs » et qu’il évoque des situations ultérieures à sa sortie est devenu un martyr au sens religieux du terme. D’ailleurs pour s’installer dans ce rôle les évocations de la prière et d’un pèlerinage en terre de sainte Bernadette (pas Chirac mais l’autre) afin de mettre en adéquation le statut auquel il aspire avec celles et ceux qui peuvent lui accorder.

Des centaines de prisonniers agissent exactement de la même manière en se réfugiant dans leur religion et ils participent ensuite au prosélytisme exigé par les principes qui leur sont enseignés. Il ne le font pas via une œuvre écrite mais surtout par les réseaux sociaux. C’est dénoncé et même condamné. Des mesures de rétorsion sont engagées. Le jour où l’on célébrait la séparation de l’église et de l’État un ancien Président de la République laïque explique que l’injustice des hommes Le conduit à implorer celle de dieu. Heureusement que c’est le « bon » et pas celui de l’islam !

Il fallait ajouter à cette imprécation la trahison. Un martyr qui n’est pas trahi ne cumule pas les atouts nécessaires pour apitoyer ses fidèles. Le Judas de cette affaire n’est autre que l’avocat ami qui n’a pas su éviter les condamnations définitives antérieures. Il en fallait un. Histoire d’instiller le doute sur les jugements. Ils ont été défavorables parce que le défenseur n’a pas été à la hauteur et surtout pas parce que les faits étaient justifiés. Tous les accusés en pareilles circonstances réagissent exactement de la même manière : la responsabilité de leur mauvaise posture au moment du verdict incombe à leur avocat.

Pour s’ériger en victime, le scénario de la fausse preuve est exposé. Or malgré ce qu’affirment certains soutiens de Saint Nicolas le tribunal n’a pas reconnu que ce document était un faux. Dans son jugement, il est écrit qu’au regard des enquêtes déjà menées, il « apparaît probablement que cette note est un faux’. Une nuance importante : la justice évoque une probabilité, pas une certitude.

Par ailleurs, les juges avaient déjà été saisis à trois reprises par le pensionnaire de la Santé qui accusait Médiapart d’avoir publié un « faux grossier ». Chaque fois — en première instance, en appel et en cassation— il a perdu son procès.

Le culte de la personnalité fait le reste. Il est entretenu par le système médiatique qui présente chaque sortie de celui qui reste sous contrôle judiciaire dont on se demande comment il lui permet de sillonner chaque jour la France comme un événement exceptionnel. La « propagande » tourne à plein régime. Comme pour le livre de son nouvel ami du RN l’éditeur mobilise évidemment toutes les ressources dont il dispose.

Des heures de télé et de radio réservées aux supports sélectionnés pour que le contrôle soit absolu. C’est désormais une stratégie usuelle : on interdit les journalistes qui risquent de perturber directement ou indirectement une « vérité » construite à ,la manière d’un puzzle.

L’acte d’achat du bouquin tient à la fois du fétichisme et de la curiosité. Avoir dans son salon un ouvrage avec un mot personnel de son idole a toujours constitué un objectif de tous les fans. D’un footballeur on espère un maillot, d’ un chanteur un selfie ou une photo signée, d’un acteur on espère une dédicace , d’un champion de n’importe quelle discipline ou une personnalité médiatisée on attend une preuve de la rencontre. Le livre en question ressemble à une relique que l’on transmettra à la postérité.

La pression sur les juges de la cour d’appel va croître au fil des semaines. Les moyens déployés seront considérables. Personne en France ne dispose d’autant de soutiens financiers. L’enjeu pour la République est largement supérieur à tous les autres déjà immenses. Le combat se trouve ailleurs pour bien des citoyens éclairés préoccupés par d’autres échéances sur lesquelles ils écriront des livres !

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Cet article a 3 commentaires

  1. faconjf

    bonjour,
    je veux pas divulgacher le merveilleux ouvrage de Talonnette premier, mais à la fin il sort de prison et ils nous prend pour des demeurés et le pire c’est que ça fonctionne coté tiroir-caisse.
    bonne journée

  2. Alain.e

    Mais quelle indignité, l’ ami des Balkany ni la justice de son propre pays , Nicholas lè innocent bien sur ….
    Le plus triste , c’ est la cohorte de zombies qui le suivent et l’ acclament .
    J’ étais en voyage scolaire lors de son élection et m’ étais gentiment disputé avec la directrice qui le soutenait à l’ époque ,
    il fallait écrire un mail aux parents sur notre début de voyage, et elle attendait nos suggestions .
    Je proposait donc  » cher Nicholas , merci de mettre en pratique tes propos sur l’ état modeste et humble en partant en vacances sur le yacht de ton ami Bolloré »
    Elle esquissa un sourire, j’ aurais préféré avoir tort , je ne me faisais pas trop d’ illusion sur Ségolène non plus, mais une femme présidente, vu la gestion des présidents avant, soit, pourquoi pas …..
    Son livre , inutile de l’ acheter, ou alors pour caler une armoire, je résume sans l’ avoir lu .
    Je, Je ,Je , mon avocat est nul , c’ est pas ma faute, Bismuth, Bygmalion, Kadhafi, Guéant , buisson connais pas .
    Triste France .
    Cordialement.

  3. J.J.

    Déjà envoyé, mais si quelqu’un ne l’a pas consulté…
    https://mail.google.com/mail/u/0?ui=2&ik=7fa158a859&attid=0.1&permmsgid=msg-f:1851231435517295934&th=19b0e52eaf0b7d3e&view=att&zw&disp=safe
    La caractéristique la plus apparente du personnage me semble quand même être la fourberie.
    On a pu l’observer tout le temps que ce personnage s’est trouvé en haut de l’affiche et depuis sa chute, c’est encore plus remarquable.
    On a eu droit à la comparaison morale entre l’instit et le curé, la chasse à la racaille et autres morceaux choisis, mais aussi quelques grossièreté proférées en public.
    On vient de découvrir l’aspect « mystique » du personnage : _ »Laurent serrez ma haire avec ma discipline  » _ jouant parfaitement le rôle du personnage qui déclame cette réplique.
    Voilà un dévot à la limite de l’extase mystique (on se demande quand il va déclarer être le témoin de quelque apparition céleste) qui a oublié que sa situation matrimoniale, au vu des canons de l’église catholique, romaine et apostolique l’exclut en principe de fait de la dite église…
    Il semble également qu’il a oublié (Exode 20/20/17) les sixième, septième et neuvième commandements du Décalogue.
    Ainsi va le monde …

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