Que restera-t-il de l’agriculture française dans une décennie ? Une seule certitude, elle n’aura plus autant d’exploitation qu’elle en a en 2025 et des pans entiers de ses productions traditionnelles seront en voie de disparition. Entre les modifications des habitudes de consommation (vins, alcools, légumes, viande…), les effets du réchauffement climatique (orages, pluies diluviennes, températures excessives), les conséquences d’épizooties diverses (élevages, plantes invasives…) ; la crainte des consommateurs pour les traitements (céréales, betteraves, vignes, cultures maraîchères…), la concurrence libre totalement faussée et l’absence de relève elle aura à affronter des crises qui l’affaibliront considérablement.
En fait sa fragilité première reposes sur son évolution au cours de la seconde moitié du XX° siècle avec un basculement de la polyculture vers une monoculture extensive. Pour coller aux principes sacro-saints du libéralisme de la politique de l’offre et de la loi du marché la mutation de la production vers la surproduction a ruiné bon nombre d’exploitations. Pour parvenir à maintenir des revenus susceptibles de couvrir les frais de culture et d’apporter une rémunération aux propriétaires il a fallu investir dans un matériel de plus en plus sophistiqué et donc onéreux. D’autant que les exigences sur la qualité a accru la nécessité de ces efforts financiers .
La première conséquence a été sur le niveau d’endettement. Selon le mouvement Solidarité Paysans qui accompagne les agriculteurs en difficultés, il a été multiplié par trois depuis les années 80 plus particulièrement pour les activités de maraîchage comme d’élevage porcins et de volailles. Pour lui, « si les organisations professionnelles ne parlent pas plus du problème de l’endettement, si l’État ne se mobilise pas c’est parce que la fonction de l’endettement est de placer les agriculteurs sous dépendance de l’agro-industrie et des banques ». L’ONG L214 qui combat l’élevage intensif est du même avis. Elle précise que l’endettement moyen des éleveurs de volaille est par exemple de 257 100 euros et que celui des éleveurs de cochons est de 431 400 euros. Il doit être en hausse pour l’an passé.
Pour parvenir à rembourser la dette il est indispensable d’avoir soit une trésorerie abondante soit pouvoir vendre en quantité à un prix convenable. L’effet ciseau entre charges et dépenses s’accroît dans toutes les activités. En plus les revenus déjà maigres dans certaines exploitations disparaissent. Le travail n’existe que pour payer les frais généraux (annuité des emprunts, engrais, traitement des culture, cotisations sociales, assurances éventuelles, main d’œuvre extérieure) mais pas pour rémunérer celui qui l’effectue. La mécanisation a entretenu l’illusion de la baisse des charges. Elle disparaît par ses conséquences sur les charges financières.
Les modifications durables des choix du consommateur sous l’influence de campagnes institutionnelles sur la santé ont pesé sur les recettes qui ne cessent de baisser dans un contexte économique déjà défavorable. La viticulture désunie, incapable de se défendre solidairement en est la première victime. Les ventes de vins en supermarché continuent de baisser en France. Elles ont baissé de 4,2% sur un an, ce qui représente 35 millions de bouteilles vendues en moins sur un an, entre 2024 et 2025. La baisse concerne principalement les vins rouges (-5.1%) et les rosés (-6%). La tendance ne se ralentira pas. On tente d’équilibrer par l’arrachage la production et donc l’adaptation au marché. Un pari risqué car il suppose la capacité du consommateur à supporter une adaptation du prix de vente.
Le même phénomène menace la secteur de l’élevage. En 2023, la consommation apparente totale de viande, calculée par bilan, est en repli, après deux années consécutives de hausse : – 1,4 % sur un an, et – 1,7 % en moyenne par habitant. La consommation totale de viande de boucherie diminue (- 3,7 %), notamment celle de viandes bovine, porcine et ovine. Au contraire, celle de viande de volaille et de lapin est en hausse (+ 3,3 %), en lien avec le dynamisme de la consommation de viande de poulet et la reprise de la filière canard après les épisodes d’influenza aviaire. Les menaces des épidémies (la dernière de la dermatose nodulaire) représente un danger nouveau après bien d’autres alertes pour les ovins. L’abattage des troupeaux, l’arrêt des exportations qui en découlent constituent des conséquences graves.
S’ajoutent à cette perspective très compliqué les accords internationaux déconnectés des réalités économiques, la dévaluation du prix de la terre, la pénurie des vocations et le manque de main d‘œuvre motivée. Le résultat : pas moins de 17,7% des ménages vivent sous le seuil de pauvreté fixé par l’Insee à 13 440 euros par an. La situation est encore plus préoccupante pour les ménages dont les deux adultes exercent le métier d’exploitant agricole. Dans cette configuration, le taux de pauvreté atteint 21%, soit plus d’un ménage sur cinq.
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Il me semble, mais c’est une observation personnelle, que le monde agricole manque un peu de souplesse dans ses orientations : autant il a été difficile de faire sortir, dans l’après guerre où les besoins étaient immenses (il y avait, pour diverses raisons, peu d’obèses à l’époque) les producteurs de ce que l’on appelait leur routine, autant il est difficile actuellement de faire évoluer les productions et les modes d’exploitation vers d’autres plus adaptés à l’évolution du climat et des besoins des consommateurs.
Il est vrai que le problème est difficile à résoudre avec des orientations gérées par des organisations autoritaires qui n’ont (ou ne veulent avoir) semble t-il pas grande compétence dans ce domaine, d’autres but que leur profit personnel au détriment des agriculteurs et des consommateurs.
Difficile d’instaurer un compromis entre la population(producteurs et consommateurs), ses besoins et le monde de la « Phynance ».
Bonjour,
vu de loin le bateau France continue de s’enfoncer. Le tribunal des affaires économiques de Nanterre a rendu sa décision, jeudi 11 décembre, et a prononcé la liquidation judiciaire de Brandt, groupe industriel historique, malgré le projet de Scop proposé par les salariés et soutenu par les collectivités. Le maire d’Orléans est fou de rage. Le maire d’Orléans et président d’Orléans Métropole Serge Grouard (divers droite) a poussé un coup de gueule à l’annonce de cette nouvelle. « On a été tenus à l’écart de tout ce qui se passait dans la coulisse car on ne compte pas, a-t-il déclaré à d’Ici Centre-Val de Loire. Sauf qu’avec la Région, on amenait 15 millions d’euros. Et bien tout le monde s’assoit dessus. Il y en a un qui s’est bougé, c’est Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie. On a tous été mis devant le fait accompli. Ça va être vendu aux enchères pour quelques millions et ça va être racheté par les chinois, j’en ai ras-le-bol de ce pays à la con. »
Pays à la con où tout le Landerneau politique déplore la fin d’une entreprise innovante (plaques à induction, four à pyrolyse …) et surtout 700 emplois directs perdus. « La fédération du Parti communiste du Loiret dénonce fermement la décision prise par le tribunal des affaires économiques de Nanterre de liquider Brandt.
Encore une fois c’est un tribunal issu du milieu économique qui prend une décision éminemment politique sans en avoir la légitimité.
La défense de l’industrie, de la vie des salarié-e-s et de leur famille, de l’enjeu territorial ne semblent pas peser très lourd au tribunal des affaires économiques.
Pourtant le savoir-faire existe, les besoins existent, le projet d’une scop avec le soutien de collectivité territoriale … Ce sont des éléments à prendre en compte dans les décisions économiques.
Il semblerait que ce soit le secteur bancaire qui ait fait défaut ! Dans une démocratie peut-on expliquer d’où vient ce pouvoir de décision du secteur bancaire et financier sur la vie des salariés et sur les besoins de la population ?
Cette décision répond uniquement aux exigences de rentabilité des investisseurs et des banques… »
Et que fait la police dirait Batman? Elle fait la guerre aux paysans qui s’opposent à l »abattage des troupeaux victimes d’une maladie n’affectant pas les humains qui consommeraient le lait ou la viande.
Ici quand vous répondez à la question de quel pays venez-vous? quand vous dites France la réponse est invariable » France houlalalala!! » même accompagné d’un grand sourire ça veut tout dire.
Pays à la con dirait le maire d’Orléans et on va foutre à la porte les sales connes ajoute la pseudo première dame ( première dame n’est pas un statut officiel dans notre pays à la con).
Je vous laisse je vais à la plage, bonne journée.