Le système réputé démocratique qui gère la nation s’effondre lentement mais sûrement sous les yeux d’un peuple qui n’a plus aucun repère idéologique et encore moins technique. Les médias incapables de se réfréner dans leur chasse aux élus ou obnubilés dans leur course au populisme facile s’offrent des heures d’analyses superficielles et des pages de détails déconnectés de la gravité de la situation. La plus grande confusion règne par exemple en cette fin d’année sur le vote des documents budgétaires dont l’État a besoin pour tenter de redresser une situation catastrophique dont bien évidemment personne n’est responsable.
Bien malin celle ou celui qui comprend le cheminement des textes entre l’Assemblée et le Sénat. Bien malin le citoyen qui saurait quelles sont véritablement les mesures portées par un document totalement incompréhensible pour la très grande majorité des parlementaires devant le voter.
Il faut prendre deux exemples concrets pour mesurer la dichotomie qui existe entre le fonctionnement de l’État centralisateur déstructuré et les collectivités locales de plus en plus contraintes dans leur gestion.
Premier point : l’État qui contrôle tout, à la main sur tout, est au-dessus de tout cherche à diminuer son déficit. Il existe depuis cinquante ans sans interruption. Il est régulièrement dénoncé dans un rapport de la Cour des Comptes, instance réputée indépendante qui souligne les manquements multiples des organismes publics. Chaque document donne lieu à quelques commentaires et à des recommandations dont le gouvernement en place ou celui qui lui succède n’a absolument rien à faire.
Au nom des nécessités politiques les élites de tous ordres soutenues par une Assemblée nationale soit à la botte soit parcellisée et donc ingérable continuent dans la voie de l’insincérité budgétaire. Personne n’est en mesure de juguler leur démagogie et leur foutage de gueule institutionnel. Elles sont au-dessus d’absolument tous les manquements dans les prévisions et la gestion. Le seul principe qu’elles respectent c’est que l’intérêt général dont elles parlent en permanence n’est que la conjonction des intérêts électoraux personnels de leurs « chefs ». La Cour des Comptes s’égosille ou pérore et la caravane du déficit ou de l’augmentation de la dette sans limite passe de manière plus ou moins tordue le nouvel an.
Un élu national noyé au milieu de la masse, jamais mis en cause par sa position personnelle, jamais inquiété de cautionner une politique aberrante de gestion des finances publiques. Quel citoyen se prononce sur l’attitude de sa députée ou son députée dans le domaine du budget ? Il y en a qui sur un mandat n’ont jamais dit un seul mot sur ce sujet ou sont incapables de justifier leurs prises de position quand ils En prennent une. Quand met-on sous tutelle de la Cour des Comptes le ministère des finances ?
Second point : prenons la situation du Conseil départemental de la Gironde dont la situation est complexe. Les causes de son déficit sont structurelles et conjoncturelles. Structurelles car elles viennent du mode même de financement des compétences confiées par l’État aux départements et dont il n’assume pas par insincérité caractérisé le financement. Le fondement du mal vient du lien totalement pervers fait entre la « solidarité humaine » qui constitue désormais 70 % des dépenses de cette collectivité et son financement par des taxes aléatoires à la consommation. Si cette dernière faiblit et que l’on augmente nationalement le coût des prestations et du système humain de leurs mise en œuvre, le déficit arrive.
Le Préfet représentant de l’État en faillite et la Cour des Comptes garante d’une orthodoxie budgétaire qu’elle ne peut pas imposer aux représentant de l’État et à l’État lui-même saute sur l’occasion et réclame des mesures drastiques. Elle s’érige en commissaire aux comptes partant du principe que… non seulement le déficit est illégal mais qu’il faut dégager une « capacité d’autofinancement » suffisante ! Deux contraintes que les élites nationales sont exonérées. Le principe en est clair : « faites obligatoirement ce que nous dispensons allégrement de faire ». On clame l’insincérité de prévisions reposant sur des estimations aléatoires de rentrées liées à l’évolution du… contexte économique national. Le ministre des finances a triché sur le budget 2023 mais c’est oublié. Ce n’est pas sa faute ! Les ordinateurs se sont trompés et ont mal été paramétrés !
Les élus locaux sont eux livrés en pâture en cette période pré-électorale à une opinion qui ne comprend rien à la situation. Ils seront jugés par le suffrage universel sur… l’insécurité (dont ils ne sont pas responsables) ; l’immigration (qui n’existe parfois pas du tout dans leur population) ; les finances locales sur lesquelles ils n’ont plus la main ; les divagations de chiens, la vitesse des automobiles et que sais-je d’important. Le pouvoir central est discrédité à tel point qu’il entraîne dans sa chute tout l’édifice républicain.
En savoir plus sur Roue Libre - Le blog de Jean-Marie Darmian
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
« l’immigration (qui n’existe parfois pas du tout dans leur population) » Et ce sont évidemment les gens de cette population, révélant leur attitude de fachos, racistes, xénophobes(un pléonasme) et qui n’ont jamais vu l’ombre d’un immigré qui crient le plus fort.
J’admire toujours (par antiphrase) des personnages comme Trump (ou Sarkozy) vitupérant contre les immigrés, alors que lui même(comme la plus grande partie de la population des USA) est un descendant de ces mêmes immigrés qui ont conquis le pays par la violence, le mensonge et la cautèle.
Évidemment quand on n’a pas eu la chance de naître avec une peau claire, et d’être les descendants de populations déportées de force pour être exploitées, ou poussées par la misère, on n’a pas les même droits, et parfois pas de droits du tout.