La course à l’intelligence réputée artificielle agite tous les milieux. Destinée à remplacer celle des femmes et des hommes elle monopolise l’attention de tous les pouvoirs. Ils espèrent tous qu’entre la robotique « humanisées » et l’I.A. le monde du capitalisme et celui des dictatures plus ou moins déclarées prendront le contrôle des peuples. Cette vision conduit des « géants de la tech » comme l’on dit dans les milieux branchés à investir des sommes folles ou à solliciter des apports financiers considérables.
L’implantation de « data centers » mobilise les investisseurs. Ils recherchent des espaces constructibles près de sources d’énergie susceptibles de leur fournir l’électricité dont ils ont besoin pour y implanter ces cubes ou parallélépipèdes fermés dans lequel tourneront des ordinateurs surpuissants. Une course existe et ouvre des perspectives de rentabilité exceptionnelles.
Depuis quelques temps alors que les milliards arrivent de tous les cotés des doutes se font jour sur la fiabilité de ces entreprises qui ont grandi à la vitesse grand V. Mieux les spécialistes annoncent que la « bulle spéculative » autour de l’IA menace d’exploser de la même manière que la crise des Subprimes ayant causé une défaillance mondiale dont on garde encore des cicatrices. Le pronostic était le suivant : l’explosion rincerait les actionnaires, ce qui dans le fond ne serait pas trop grave. Tant pis pour eux s’ils avaient encore une fois spéculé trop hâtivement sur une nouveauté technologique destinée à squeezer la pensée et le travail humain.
C’était optimiste car si tout à coup la filière semblable à un château de cartes hâtivement monté s’effondrait il entraînerait à nouveau dans sa chute le système bancaire qui a effectué des prêts d’un niveau jamais atteint. Les mastodontes de l’IA contractent en effet de la dette pour des montants inédits, à des taux dépassant 6 % ! Affolant. Selon le journal Le Monde Meta, a trouvé …. 26 milliards d’euros de dette pour une durée de vingt-quatre ans au taux de 6,58 %. Cette somme colossale devrait servir à financer un programme gigantesque du sulfureux Mark Zuckerberg, Il se cache derrière un rideau de fumée car ce sont des supports bancaires qui « portent » cet endettement et pas Meta !
Les emprunts se multiplient avec chaque fois des dissimulations pour que les porteurs de projet apparaissent sains et dynamiques. Oracle et d’OpenAI ont obtenu un crédit de 38 milliards de dollars sur cinq ans au taux de 6,40 %. Or la seconde entreprise est une start-up ne pouvant pas s’endetter. Oracle, de son coté est en fâcheuse posture et sa note de crédit est mauvaise. La banque américaine J.P. Morgan (tiens donc) et par Mitsubishi UFJ Financial Group ont constitué un pool de filiales qui recevront des « loyers » de la part des deux emprunteurs qui n’a pas encore réalisé de bénéfices.
Que se passera-t-il si les résultats ne sont pas au rendez-vous ? Nous reviendrons aux subprimes de 2008 ! D’ailleurs un célèbre analyste américain ayant prédit cette crise bancaire s’égosille à expliquer que « les bénéfices annoncés par les gérants de l’I.A. sont surévalués et faux ». Il explique que les grands groupes de tech, à savoir Oracle, Microsoft, Meta, Alphabet et Amazon, ont étendu ces dernières années la durée de vie « utile » des technologies pour leurs réseaux et leurs puissances de calcul de trois à cinq ans en 2020 à cinq-six ans en 2025.
En fait ils étalent ainsi dans leurs bilans ce que de manière très schématique nous appellerions des amortissements gigantesques (ils nomment ça des « dépréciations ») alors que aussitôt installés ces équipements sont déjà dépassés par d’autres toujours plus performants. Les bénéfices annoncés sont donc truqués…et une cavalerie financière est organisée.
Cette situation globale commence à affoler les marchés financiers car il faudra une forte rentabilité dans les années proches pour faire face à des dépenses inimaginables et galopantes. Or rien ne dit que l’IA se développera aussi vite qu’internet au début de ce siècle. Ce n’est qu’un service parmi d’autres.
Une pression sociale se développe pour présenter l’usage de cette technologie de synthèse de données plus ou moins fiables et facilement orientables comme indispensable, génial et aisément accessible. Il est devenu vital de « capturer » un public, de l’intégrer dans le système et donc de la diriger vers des formes de pensée et de consommation « rentables ». La mise sous tutelle débute. La dépendance progresse.
Il sera difficile pour les résistants de s’exprimer. Même les doutes ne sont pas admis. Des milliers d’articles, de reportages, de communications et annonces….politiques fébriles pèsent sur l’opinion dominante qui n’envisage pas une ruine potentielle. Pas que financière mais aussi humaine.
Chronique Brevetée garantie sans utilisation d’intelligence artificielle (BGSUIA)
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D’une plume plus succincte et moins argumentée, « l’incontournable » La Fontaine avait déjà évoqué ce genre des situation : « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf. »
« La chétive pécore enfla si bien qu’elle creva. »
Merci Jean-Marie pour cette analyse salutaire, qui, à défaut d’enrayer la phénomène, éclairera un peu la bougie des investisseurs potentiels!
Enfin je l’espère…
Ce monde étant devenu fou, l’avenir ne nous appartient plus.
« L’apprenti sorcier » est en marche depuis longtemps et rien ni personne n’est capable de l’arrêter.
Pardon de cette vision pessimiste mais réaliste, hélas.
Bonne journée quand même!