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Stratégie permanente : « je décide et vous payez! »

Pour avoir une idée exacte des rapports entre l’État et les collectivités territoriales, il suffit de conter une anecdote révélatrice d’un fonctionnement permanent. Alors qu’il est Ministre de l’intérieur démissionnaire et donc chargé d’expédier Les affaires courantes « Re-re-taïaut » (il ne cesse de se tailler!) s’est rendu au Congrès national des sapeurs-pompiers. Il connaît l’importance de cette manifestation compte tenu du rôle social irremplaçable que jouent ces « citoyens » dans la sécurité des biens et des personnes.

Première remarque : qu’avait-il à faire dans cette réunion nationale alors qu’il n’était plus officiellement chargé de ces personnels ? Seconde remarque : que pouvait-il apporter à ce rassemblement quand il n’y avait plus de gouvernement et que les finances publiques sont exsangues ? Troisième : que savait-il de son avenir politique pour qu’il se permette d’effectuer des annonces ?

Le Ministre démissionnaire n’a que faire des principes. Il est donc monté sur scène lors d’un discours de remerciements traditionnels aux sapeurs-pompiers pour leur dévouement dans cette période où les incendies ont défrayés l’actualité. Jusque là rien d’anormal.. Il n’en est pas resté là puisqu’il a également annoncé plusieurs mesures à destination des soldats du feu. « Après un gel depuis un an, le taux de l’indemnité horaire pour les pompiers volontaires sera revalorisé, par arrêté, avant la fin de l’année » a-t-il clamé sous les applaudissements. Rien de plus justifié sur le fond mais très révélateur sur la forme.

Voici en effet la stratégie habituelle de cet État méprisant. En effet pour se rendre populaire et prépare au mieux sa sortie un Ministre décide sans concertation et surtout dans une position où il n’a plus le droit de le faire, qu’après son départ un arrêté revalorisera leur indemnité… Une mesure qu’il a aucun mérite à lancer dans le contexte catastrophique des finances publiques puisque cette augmentation sera… supportée par les collectivités territoriales ! C’est toujours ainsi. Le principe est simple : « je décide, je récupère et vous payez ! »

Il a même ajouté qu’un « nouveau plan d’action visant à consolider l’engagement des pompiers volontaires » sera prochainement publié par le… gouvernement et le futur Ministre de tutelle qu’il ne sera plus ! Deux annonces qui ont un coût mais dont ile se fout comme de sa première brioche vendéenne puisqu’au moment où il les effectue il sait qu’il n’aura pas à les mettre en œuvre et qu’il sait qu’elles ne pèseront pas sur le budget de l’État. Aux départements, aux intercommunalités et aux communes de régler l’addition de ses promesses. Le « citoyen-consommateur » souhaite des services performants, efficaces et présents mais il ignore tout de leur financement. « Re-re-Taïaut » le sait fort bien ! Alors autant en profiter. 

La stratégie ne change pas depuis des décennies. Le contexte de vacance du pouvoir accélère même les décisions de ce type. Ainsi la revalorisation du RSA est décidée nationalement et appliquée localement sans réajustement de la dotation qui couvre déjà moins de la moitié des sommes versées aux départements pour une mesure sociale nationale. L’instauration de normes, de règlements, de dispositifs nouveaux, de transferts des responsabilités vers le local conduit à appauvrir les collectivités qui doivent les mettre en œuvre sans avoir les indispensables compensations financières.

L’État se permet tout. Or l’État est en situation tellement difficile qu’il est incapable de faire face à ses compétences régaliennes. Le système de santé périclite et il laisse les dépassements d’honoraires réglementés envahir les factures des assurés auxquels il est prévu de diminuer aussi les remboursements de base. La sécurité du quotidien n’est plus assurée par les personnels de l’État et les communes compensent ces défaillances par des embauches de policiers dits municipaux. La surveillance des infractions routières est confiée à des sociétés privées avec donc une chute des recettes puisque ces dernières sont au pourcentage. Et les exemples pullulent…

« Re-re-Taïaut » a brisé son escabeau devant le hisser à quelques unités de pourcentages à l’élection présidentielle face au populisme galopant. N’empêche que comme toute une bande d’autres aboyeurs incapables et inconscients, il discrédite l’action publique et plonge indirectement toujours plus le pays dans la crise. Le discrédit est incommensurable. Les élections municipales approchent. Elles se joueront sur des promesses démesurées ou fallacieuses à l’image de ce que le pouvoir central pratique avec aisance et en toute impunité.

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Cet article a 2 commentaires

  1. J.J.

    La situation actuelle m’inquiète beaucoup, je sais, c’est un truisme que de déclarer cela.
    Mais cette situation me rappelle le temps où, la quatrième République à bout de souffle se trouva à la merci de quelques aventuriers, avec les événements du 13 mai en Algérie, et la suite en France où un quarteron(je sais, il n’est pas là, le quarteron) de politiques et de « godillots chattemites » ont mis la main sur le pouvoir et nous ont imposé une soit disant cinquième république, en fait une monarchie totalitaire aux pouvoirs régaliens léonins.
    À cette époque, venant d’un milieu plutôt « réac », et « sabre et goupillon », bien que très modeste, je n’avais pas saisi l’ampleur du désastre. Ayant fait la connaissances d’esprits plus ouverts, j’ai pris conscience du marigot délétère dans lequel j’avais été élevé et j’ai un peu évolué depuis.
    Aujourd’hui, je crains le pire pour l’avenir de la République (la vraie)déjà en piètre état, avec la situation explosive et apparemment incontrôlable dans laquelle le phénix amiénois nous a plongé, ouvrant la voie à d’inquiétants aventuriers.

  2. JJM

    La situation est explosive et apparemment incontrôlable écrit JJ c’est très vrai.Prenons le département de la Gironde a 97 millions d’euros de dettes, le déficit s’accentue, 52.7 millions en 2024, auxquels il faut ajouter 37 millions de décalage de paiement pour la protection de l’enfance selon le Figaro.Ces difficultés financières sont liés à la conjoncture économique et à la crise immobilière qui s’ensuit,200 millions de droit de mutation perdus en 2 ans rappelle Jean-Luc Gleyze, soit 100 millions par an.Ainsi les droits de mutation annuels représentent pratiquement le montant de la dette 2024, le budget prévisionnel étant de 1.8 milliards d’euros.JMD connait mieux que nous le rôle du département qui pallie à la faillite de l’état et sera stigmatisé pour « incurie » par ceux-la même qui sont à l’origine de cette situation.Mais qui a mis au pouvoir en 2017 cette clique? Le « vote utile » vous souvenez-vous ?? Ce pauvre Benoit Hamon,objet de tous les sarcasmes »avec son revenu universel ». Dans l’immédiat que va pouvoir faire le département pour assurer son rôle social puisque cela semble sa finalité sans tailler dans les subventions au secteur associatif, entre autres.

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