La grande bleue vire lentement au rouge sang !

La mort rôde partout au Moyen Orient où les printemps se ressemblent mais tournent tous à la tragédie. On assassine encore et toujours en Libye, pays libéré par le Sarkozisme « intéressé ». On tue en Tunisie où, selon les augures, la démocratie était en marche. Des batailles rangées mortelles se multiplient en Égypte, selon le principe que le choix démocratique n’a plus de raison d’être respecté, puisque pire que celui qu’il avait éliminé. Le carnage se poursuit en Syrie sous l’œil impavide des grandes nations. Que dire de la bande de Gaza ou de la Palestine aux éruptions dévastatrices et soudaines. En Algérie, nul ne sait vraiment ce qu’il y a sous les cendres prochaines de Bouteflika. La Grèce s’enlise, favorisant la remontée en surface des vieux démons extrémistes. Chypre est déboussolée après avoir confié son sort aux banquiers… Bref, le bassin méditerranéen est à feu et à sang, et revient inexorablement en mémoire le grand raout sarkoziste de l’Union pour la Méditerranée avec ses fastes, ses compromissions, ses leaders bannis et assassinés quelques mois après avoir été portés au pinacle. Il y a le feu à la mer, mais on se contente de regarder le brasier avec l’espoir que tôt ou trad il s’éteindra, faute de matières premières à consumer ! Quelle mascarade seulement 4 ans plus tard… un grand nettoyage qui n’a rien résolu, si ce n’est qu’il a débarrassé le milieu de Kadhafi, Ben Ali, Moubarak dont les liens avec les gouvernants occidentaux (France en tête) ou les dictateurs de tous poils étaient pour le moins pourris. On ne tue plus au nom du profit (et encore!) mais désormais au nom de la religion, cependant que les enterrements sont toujours les mêmes, avec leurs accompagnateurs qui suivent les cercueils : ignorance, haine, violence !
Incapables d’élever le ton puisque leurs intérêts économiques sont en jeu, les pays européens se contentent de vagues déclarations de principe essentiellement destinées à ne pas se fâcher avec les clans ou ethnies ou confessions religieuses. En France (et je ne peux pas citer mes sources) les départs pour le Jihad en Syrie se multiplient clandestinement via le Liban, la Jordanie ou d’autres destinations « touristiques » et le piège vient de se refermer sur les positions gouvernementales. On a mis en sourdine l’envoi d’armes individuelles utilisables dans d’autres lieux et pour d’autres objectifs. Plus personne ne sait comment se sortir du guêpier depuis l’entrée dans ce conflit du hezbollah. Comment trier sur le terrain les « bons » combattants des « mauvais » prêts à retourner leurs armes contre leurs soutiens ! On a constaté les conséquences de la prise de contrôle de la Libye par les Djihadistes infiltrés dans les troupes anti ou mieux pro-Kadhafi sur la guerre au Mali. L’armée française multiplie les ratissages dans de vastes zones désertiques pour dénicher des ennemis insaisissables ou réfugiés en Algérie ou en Lybie. Elle n’obtient pas les résultats escomptés, car le filet sera toujours trop lâche pour coincer des groupes mobiles et habitués à se planquer. Le problème est identique dans le Sinaï égyptien ou dans le grand sud tunisien. Plus de pouvoirs solides, et partout des groupes sortis de l’ombre après s’être structurés dans la clandestinité : on va vers une pagaille monstre !
Comme dans le même temps il existe un fort doute sur la solidité des « démocraties » occidentales, qui peuvent à tout moment être secouées par les spasmes des contraintes européennes, absurdes et dénuées de toute efficacité, il faut craindre à terme une dérive guerrière inconnue depuis des siècles. Incapable d’effectuer une synthèse d’un contexte extrêmement complexes mêlant cultures, religions, matières premières, finances, rivalités ancestrales, l’opinion publique a basculé dans une sorte de peur globale qui la conduit à accepter l’inacceptable ou à sombrer dans l’indifférence. En fait, peu de monde a noté les informations qui arrivent de Tunisie. Les autorités tunisiennes annoncent en effet qu’elles recherchent activement un islamiste radical, suspect numéro un dans l’assassinat de l’opposant Mohamed Brahmi et celui quelques mois plus tôt de Chokri Belaïd, tués, selon elles, avec la même arme. Boubaker Hakim, 30 ans, est «un élément terroriste parmi les plus dangereux, objet de recherches au niveau international», a indiqué un ministre. Il a aussi précisé que le criminel intégriste est… natif de Paris ! Il était déjà recherché en Tunisie pour détention et trafic d’armes, et avait échappé récemment à la police et de nombreuses armes avaient été retrouvées à son domicile. Et ça, je peux vous affirmer que ça affole les services de renseignements français qui voient la Méditerranée avec un autre œil que quelques camps de gens du voyage égarés dans une Europe égoïste. En fait, au bord de la grande bleue, on s’éclate cet été dans tous les sens du terme !

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Cette publication a un commentaire

  1. Eric Batistin

    Est-ce un fait du hasard ou une grande comédie, mais le Ministère de la Culture français est aussi celui de la Communication.
    Nous avons donc cette année, Marseille-Provence 2013 Capitale européenne de la culture.
    En fait, tout ce qui touche à la Francophonie, et le soutien inconditionnel de l’Etat français aux artistes émergents des pays concernés aura remplacé l’action des missionnaires de l’Eglise catholique.
    Plus personne à convaincre de la venue d’un Dieu bon et rédempteur, avant l’arrivée des entreprises prédatrices, maintenant on chante en retransmission télévisuelle, acclamé par quelques touristes, une compagnie de militaires en permission sur leur lieu de travail, et une foultitude de jeunes autochtones rêvant tous d’un permis de travail en Europe.
    Le Ministère de la Culture et de la Communication ne sert plus qu’à une chose, rétrécir les subventions nationales accordées à l’Opéra national pour les transférer vers le service de communication des armées en campagne.
    Pour la petite histoire, nous artistes de campagne, on s’en tape des subventions, on a tous un potager.
    Ceci étant, la misère mentale qui étreint les jeunes gens de la Méditerranée, confrontés à une misère et un ennui sans bornes n’a rien à envier au désespoir de nos jeunes compatriotes territoriaux.
    Les uns sont sous les bombes et vivent dans le sang, les autres sont sous le joug de la joie organisée par la publicité et vivent sans sans rendre compte.
    Je crois fermement à l’espoir qui naitra du ras le bol de nos gosses.

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