La crise serait derrière nous si l’on croit parfois des affirmations officielles… qui la présentent comme circonstancielle afin de rassurer des opinions publiques qui adorent croire en des jours meilleurs. François Hollande restera, désormais c’est une certitude, le Président ayant eu le maximum de malchance en arrivant au pouvoir. On se souvient du déluge de son jour d’entrée en fonction. En fait, la crise est bel et bien structurelle, et le nier c’est tout simplement conduire à une immense désillusion, fatale pour bon nombre de démocraties ! La crise se nourrit par la gangrène du système mondial du profit, et la France ne peut plus être lucidement considérée comme un exception dans une épidémie mondiale. Je maintiens cependant, quitte à faire hurler certains d’entre vous, que si le PS n’était pas au pouvoir, nous aurions déjà pris la mesure de ce phénomène, incrusté dans les gênes du système bancaire et économique. Je demeure persuadé que le temps donnera raison à un futur gouvernement resserré, courageux et motivé… car lentement, les certitudes toutes faites vont s’effondrer face à la réalité. Il se fissure de partout. Aussi bien au Brésil, qu’en Chine, qu’en Europe et ailleurs, on sent bien que les recettes prônées par les adeptes d’un libéralisme voulant qu’il faille étrangler les dépenses pour créer des équilibres budgétaires factices ont tort ! Faute de déclarer la guerre au monde de la finance, il faut au moins se préparer à l’affronter, car il n’a pas du tout changé ses méthodes oppressives ou ses relations perverses avec les États qu’il maintient sous sa tutelle.
La nouveauté qui est survenue concerne la rareté des disponibilités bancaires. Une pénurie organisée ? La conséquence des déboires chinois ? Les deux ? En tout cas, cette situation a provoqué une envolée des taux à court terme sur ce marché (mettant en péril la capacité des banques à se financer et à accorder des prêts). La Commission de régulation bancaire chinoise a assuré que cette pénurie de liquidités n’avait pas entamé la stabilité du système de ce pays. Son directeur a évoqué le ralentissement de l’économie chinoise (ne serait-ce pas parce que la crise a des effets néfastes sur la demande?) mais s’est montré confiant dans ses capacités de croissance. « L’économie chinoise, en gros, conserve une croissance stable », a-t-il déclaré sans être vraiment rassurant.
La Chine, deuxième économie mondiale, a affiché une croissance de 7,8% en 2012, soit son rythme le plus faible depuis 13 ans, et n’a progressé que de 7,7% au premier trimestre, bien en deçà des prévisions des analystes… et les conséquences peuvent donc se révéler désastreuses pour le reste de la planète, puisque le paradoxe c’est que le reste du monde a besoin de la Chine, pour vendre sur son gigantesque marché une bonne part de ses productions. Certes, en volume moindre que celle de la Chine vers l’extérieur, mais par exemple une chute de la croissance aurait de sérieuses conséquences sur les vins du bordelais ! Dans la semaine qui s’ouvre, on attend les chiffres de cette croissance chinoise pour savoir si notre propre croissance stagnera ou sera durablement affectée ! Inimaginable, mais bien lié à cette interdépendance économique qui rend les États illusoires et impuissants !
Encore le système bancaire dans la tourmente, avec la Banque centrale européenne (BCE) qui a annoncé qu’elle n’acceptait plus, temporairement, de la dette chypriote en garantie des prêts qu’elle accorde aux banques de la zone euro, après l’annonce par l’île d’un programme d’échange de dette d’un milliard d’euros… Quel poids a le politique ? Aucun ! Le trafic se poursuit. Les échanges se multiplient. Quelle est la légitimité du conseil des gouverneurs de la BCE qui a décidé de temporairement suspendre l’éligibilité d’instruments de dettes émis ou entièrement garantis par la République de Chypre ? Les agences de notation sont encore derrière cette décision, en ayant appuyé un peu plus sur les Chypriotes déjà au fond du trou !
Les banques chypriotes qui n’ont plus accès au guichet de la BCE pour se refinancer peuvent se tourner vers leur banque centrale nationale pour obtenir des liquidités, dans le cadre du programme de mise à disposition de liquidités d’urgence (programme ELA), décidé au cas par cas. Chypre, qui a sollicité un plan de sauvetage pour éviter la faillite, a obtenu un prêt de 10 milliards d’euros, en contrepartie duquel l’île a du accepter en mars de contribuer à hauteur de 13 milliards d’euros, par des mesures d’austérité drastiques et une forte diminution de son système bancaire démesuré et en difficulté.
De son côté, le Portugal a enregistré un déficit public de 10,6% du PIB au premier trimestre 2013 contre 7,9% à la même période de l’an dernier, a annoncé l’Institut national des statistiques (Ine) de ce pays sous assistance financière internationale. Fin mars, le déficit sur douze mois s’élevait à 7,1% du PIB contre 6,4% pour l’ensemble de l’année 2012, a précisé l’Ine dans un communiqué, alors que Lisbonne s’est engagé auprès de ses créanciers à le ramener à 5,5% à la fin de l’année. Cette hausse des besoins de financement est le résultat d’une hausse plus accentuée des dépenses que celle des recettes, alors que le budget de l’État, pour cette année, comprenait une hausse généralisée des impôts. Partout les prévisions tombent. Partout on sent la barre des pédalos échapper aux gouvernants politiques, discrédités par des « affaires » plus ou moins reluisantes. Ils perdent pied dans tous les pays et donc ne peuvent plus qu’influer à la marge sur la course d’une machine infernale pilotée par des fous furieux des profits financiers !
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Mais qu’est-ce donc qu’un « banquier », sinon, malgré son attitude à l’égard de la communauté, un être humain.
Or, la définition première d’un « être humain » est celle-ci:
-Vie sociale.
-Outils avec le perfectionnement de la taille de la pierre, et diversification de l’outillage (bifaces, grattoirs, etc).
-Utilisation du feu (Homo erectus?), puis maîtrise du feu en foyer (attesté à partir d’Homo neanderthalensis).
-Rites funéraires (attesté à partir d’Homo neanderthalensis).
-Arts comme la peinture ou la sculpture (attesté à partir d’Homo sapiens).
-Morales discursives
Sur ce dernier point, les « morales discursives », et après réflexion, il semblerait donc que le banquier ne soit pas un être humain .
Ou nous sommes aveugles et l’évolution naturelle nous cache une branche, ou nous y voyons clair… et il faut couper la branche !
« …car lentement, les certitudes toutes faites vont s’effondrer face à la réalité. Il se fissure de partout. »
Su-per!! Enfin quelques bonnes nouvelles du « front »: tout explose de tous les côtés!!
Ce système inique, absurde, que les Hommes – enfin, certains! – se seront appliqué à eux-mêmes – enfin, pas à tous! – verra-t-il sa fin? Quelle fête…
Quel espoir, surtout!
Le montant d’argent que la Grèce recevra dans un avenir proche peut être divisé par le nombre d’habitants de lazone euro et chaque personne peut facilement calculer sa propre contribution. Toutefois, le « coût d’opportunité » résultant de la perte d’un taux de croissance potentiellement plus élevé, élément beaucoup plus difficile à envisager pour un non-économiste, sera beaucoup plus douloureux. Pourtant, je ne doute pas que pour des raisons politiques ce prix élevé de l’euro sera payé et que les habitants la zone euro ne pourront jamais savoir à quel point l’euro leur a vraiment coûté.