Le cynisme des producteurs d'emballages

Les collectivités dénoncent le cynisme d’Éco-Emballages qui devrait gérer la collecte, le tri et le recyclage des déchets produits. Ce travail confié aux collectivités territoriales n’est pas soutenu financièrement, à la hauteur de la dépense, reportant ainsi le coût des opérations incombant aux producteurs sur les contribuables ! Membre de la Commission nationale consultative des emballages ménagers et assimilés, j’ai protesté lors de la dernière réunion au nom de l’Association des Maires de France contre cette réalité. Voici le communiqué des associations concernées :

bouteilles (Medium)« Alors que le taux de recyclage des déchets d’emballages augmente lentement atteignant les 67 %, le directeur d’Eco-Emballages s’est récemment permis de déclarer dans la presse que « la performance de recyclage n’est pas une question de ressources financières mais d’organisation et de productivité ».
Amorce, association nationale de collectivités territoriales et de professionnels, et le Cercle National du Recyclage, dénoncent de tels propos qui n’ont pour but que de masquer maladroitement les lacunes et les incohérences de l’organisation d’Eco-Emballages pour atteindre l’objectif de 75% de recyclage des emballages fixé par le Grenelle de l’Environnement.
Un gisement en partie non recyclable !
20 ans après la création d’Eco-Emballages, près de 15% des emballages (dont l’ensemble des emballages plastiques à l’exception des bouteilles et flacons) ne sont toujours pas recyclables. L’organisation de l’expérimentation en cours a fait l’objet de nombreux dysfonctionnements (mauvaise déclaration fiscale, refus de nombreuses collectivités candidates à l’expérimentation n’ayant pas permis d’atteindre les 5 millions d’habitants visés, retard dans le processus d’expérimentation). Un gisement qui paie sa contribution à Eco-Emballages, mais qui ne lui coute presque rien puisqu’Eco-Emballages soutient principalement …les tonnes recyclées !
Un point vert toujours aussi ambigü !
20 ans après la création de l’éco-organisme, toute sa communication est basée sur un sigle incompréhensible et contre productif : le « point vert » qui donne une fausse information sur la recyclabilité du produit et qui laisse croire impunément aux français que tous les emballages se recyclent…alors même que le Grenelle de l’environnement a permis la création d’un logo « Triman » sur les produits recyclables ou faisant l’objet d’une collecte sélective et qu’Eco-Emballages refuse de promouvoir auprès de ses adhérents. Et ses emballages non recyclables ne paient pas assez cher leur éco-contribution…
Le non respect du Grenelle de l’Environnement et de la législation !
La loi Grenelle impose en effet à Eco-Emballages d’assumer 80% des coûts nets optimisés de la gestion des déchets d’emballages en 2012. En 2013, après plusieurs épisodes rocambolesques dans l’agrément de l’éco-organisme (modification de la formule de calcul pour sous évaluer les coûts, signature précipitée du cahier des charge avant la fin du processus de consultation), le financement d’Eco-Emballages ne représentait que 55% des coûts assumés par les collectivités et donc par les contribuables locaux.
AMORCE et le Cercle National du Recyclage mais aussi le Sénat avaient contesté les conditions de l’agrément et alerté le Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, tutelle de l’éco-organisme, que les dernières tonnes susceptibles de permettre l’atteinte de l’objectif nécessitaient de nouveaux investissements et ne seraient pas atteint sans les 80% de prise en charge des coûts.
Une gestion financière passée pour le moins discutable mais toujours pas clarifiée !
Ce n’est pas en plaçant des centaines de millions d’euros dans les îles Caïmans pendant près d’une décennie comme elle l’a fait dans le passé qu’ Eco-Emballages atteindra l’objectif de 75% de recyclage des emballages ménagers.

AMORCE et le Cercle National du Recyclage rappellent d’ailleurs que la plainte contre X qu’elles ont déposées au parquet de Nanterre début 2009 n’a fait l’objet que très récemment d’une nomination d’un juge d’instruction après plus de 3 ans !!!
Eco-Emballages n’a donc pas de leçon à donner aux collectivités et aux habitants sur leurs performances de collecte sélective et de tri.
Gilles VINCENT président d’AMORCE et le et Yves FAURE président du Cercle National du Recyclage appellent une nouvelle fois à une reprise en main d’un organisme dit « d’intérêt général » qui doit venir « en appui du service public de gestion des déchets ménagers » et non communiquer avec cynisme et condescendance sur le travail réalisé par les collectivités et les habitants.
AMORCE et le Cercle National du Recyclage demandent enfin la création d’une instance de régulation de contrôle des éco-organismes devenus trop puissants. »
Bien évidemment, les médias s’intéressent davantage au patrimoine des Ministres qu’à l’ardoise payée par les trieurs citoyens !

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Cette publication a un commentaire

  1. Vanmeulebroucke Guy

    Bonjour,

    Très bon article au demeurant JMD et je me pose la question de savoir si par exemple il ne serait pas judicieux d’adresser cet article à Actu-Environnement entre autres ???

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