L'émigration française des cerveaux bat son plein !

La France recherche désespérément des économies à faire afin de remplir ses engagements à l’égard d’une communauté européenne obsédée par les déficits budgétaires venant de l’inadéquation entre des recettes rares et des dépenses mal hiérarchisées. Il est un secteur auquel on ne fait jamais référence et qui devient pourtant problématique, c’est celui des formations de haut niveau. Contrairement à tout ce que l’on peut lire ou entendre dans le registre, le niveau des techniciens, des ingénieurs ou des chercheurs de notre pays intéresse beaucoup certaines autres nations qui viennent s’approvisionner sans vergogne. L’accroissement des niveaux par la durée des études coûte des sommes astronomiques aux finances publiques directement ou indirectement. En 2009, la dépense intérieure d’éducation (DIE) pour la formation initiale est estimée à près de 120 milliards d’euros, ce qui correspond à un effort moyen de la collectivité nationale pour chaque élève ou étudiant de 7 990 euros.
Une dépense moyenne multipliée par 1,75 en vingt-neuf ans. De 1980 à 2009, le coût moyen d’un élève ou étudiant a été globalement multiplié par 1,75. Il a augmenté à tous les niveaux, le coefficient multiplicateur étant de 1,77 dans le premier degré, 1,65 dans le second degré et 1,41 dans l’enseignement supérieur. En définitive, il s’agit d’un investissement effectué par la collectivité afin d’améliorer le niveau global du pays en termes d’instruction publique et plus largement dans les élites capables de faire progresser tous les secteurs de la vie sociale. Cet investissement est supporté par toutes les personnes acquittant des impôts, au moins sur la base de plus de 200 000 euros pour un élève allant dans une école d’ingénieurs ! Cette somme coquette devra être ensuite rentabilisée par tous ces jeunes qualifiés grâce à leur action au bénéfice des Françaises et des Français … s’ils débutent immédiatement dans la vie active. Et on en est très loin. Les sirènes de l’étranger appellent les jeunes Français, à l’époque où la France renvoie vers leurs pays d’origine les gens qui viennent se créer un avenir en France !
On vient chercher chez nous des qualifications que l’on n’a pas à « former » chèrement. La proportion de jeunes qui envisagent leur avenir professionnel à l’étranger est bien plus importante qu’il y a un an. Ils sont 27% parmi ceux qui recherchent un emploi qui sont prêts à quitter la France, soit une hausse de 14 points par rapport à 2012…. Le Québec se régale, l’Australie aime bien, les États-Unis ne détestent pas… et les autres guettent les bonnes occasions. Puisque nous sommes dans l’incapacité de payer au bon niveau les ouvriers spécialisés, les techniciens supérieurs, les infirmières (dont nous manquons cruellement) ou les ingénieurs, ils émigrent après avoir été éduqués, formés et préparés avec les deniers publics. Ce phénomène prend de l’ampleur en raison de la manière dont les entreprises recrutent : elles sous payent la qualification et tentent par tous les moyens de bénéficier de personnels de qualité aux tarifs les plus bas, comme le veut tout le système libéral !
Et c’est vrai que la recherche d’un emploi devient un véritable parcours d’obstacles, quel que soit son niveau scolaire. Pour décrocher un premier travail, les jeunes envoient en France en moyenne 16 CV (19 pour les filles). Et encore, eux, ont réussi à l’avoir. Pour les autres, après quatre mois de recherche, plus d’un diplômé sur trois déclare n’avoir eu aucun entretien. A peine 20% d’entre eux dénombrent deux entretiens et 12% un seul entretien… C’est terrible et désespérant. Ils ont une formation spécifique avec la recherche des stages obligatoires en entreprises et qu’ils mettent des heures et des heures à trouver. Mieux, on les incite à dénicher le fameux contrat en alternance dont personne ne veut, mais qui justifie simplement une entrée en formation à prix d’or dans des systèmes lucratifs pour celui qui transforme ses élèves en mendiants du boulot ! L’économie adore les jeunes, pourvu qu’ils viennent travailler gratuitement et, en plus, sans avenir vraiment déterminé. Alors aventure pour aventure, il est préférable d’aller la tenter ailleurs !
Le hic c’est que les pays d’accueil deviennent de plus en plus exigeants et que le climat social se révèle parfois hostile. Un peu comme celui que découvrent les immigrés sur le sol national et ce n’est pas aisé d’obtenir le permis de séjour et de travail… Une éducation à la tolérance, qui est bien plus fiable que celle dispensée dans les repas de famille !

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